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mercredi 27 mai 2009

Les communistes font d'excellents démocrates

Les éditions engagées La Fabrique ont sorti un petit bouquin, intitulé "Démocratie, dans quel état?", écrit à plusieurs mains par quelques intellectuels dont Alain Badiou et Daniel Bensaïd.

Je trouve toujours amusant de voir des marxistes-léninistes discuter de démocratie. C'est aussi drôle qu'un cardinal qui parle d'amour ou de contraception, un islamiste qui discute de la place de la femme dans la société, un négationniste qui donne un cours d'histoire, ou Michael Eisner qui vanterait les bienfaits du syndicalisme...

Alain Badiou consacre un chapitre d'une dizaine de pages à son sujet, invoque Platon, mentionne Lénine, déverse un peu de fiel sur "les démocrates, gens de l'emblème, gens de l'Occident, [qui] tiennent le haut du pavé", pour finalement conclure ainsi:

"On voit alors clairement que nous n'avons de chance de rester de vrais démocrates (...) qu'autant que nous redeviendrons, dans des formes qui aujourd'hui s'inventent lentement, des communistes."

Ça ne s'invente pas.

jeudi 15 janvier 2009

La CSN n'a rien vu, rien entendu

Bien que la presse ait été très discrète sur les slogans antisémites de la manif montréalaise du 10 janvier (sans oublier les drapeaux du Hezbollah, mouvement que le Canada reconnaît comme terroriste), quelques rares réactions commencent à se faire entendre.

Jason Kenney, ministre (fédéral) de la Citoyenneté de l'Immigration et du Multiculturalisme a condamné les "gestes haineux" (La Presse, 15 janvier).

Claudette Carbonneau -présidente de la CSN- qui était présente lors de la manifestation, n'a rien vu rien entendu lors de la manif elle-même, et n'a rien lu ni entendu après [lire la rectification plus bas]. Elle n'est pas la seule: les responsables politiques ou syndicalistes présents étaient soit aveugles et sourds, soit sont tous frappés d'amnésie. Dans une courte lettre ouverte publiée également le 15 janvier elle se borne à justifier la présence de la CSN lors des démonstrations anti-israéliennes, regretter l'escalade de la violence (1), ou encore condamner la "démesure" de l'attaque israélienne.

Les drapeaux du Hezbollah? "Brûle brûle Israël"? "Israël terroriste Abbas complice"? "les Juifs sont nos chiens" scandé en arabe? Le grand silence.

Soit ces "responsables" ne lisent pas leur courrier ou ne sont pas tenus informés par leur staff, soit ils n'ont rien à dire à propos de ces "dérapages".

J'espère quand même que cette cécité n'est que temporaire, et que si un jour des skinheads s'avisaient de défiler en beuglant des slogans antinoirs ou anti-autochtones, les Carbonneau, Parent, Khadir et autres retrouveraient l'usage de leurs cinq sens.

Rectif:
En fait la CSN est parfaitement au courant de ce qui s'est passé durant la manif du 10 janvier:

"La CSN ne soutient aucun slogan haineux à l’endroit du peuple d’Israël"

Mais elle refuse de s'attarder sur le sujet, qu'elle considère visiblement comme tout à fait secondaire et de peu d'intérêt:

"La CSN considère que la polémique autour de cette question doit prendre fin. Si elle se poursuit, elle sera considérée comme une manœuvre pour détourner l’attention du drame humain qui se produit à Gaza"

Non seulement la CSN ne condamne pas les propos et actes antisémites observés lors de la manif à laquelle sa présidente participait (elle se contente de ne pas les soutenir), ni ne critique la présence des drapeaux du Hezbollah, mais elle fait le procès des rares personnes qui ont dénoncé ces "dérives" et ont protesté. Ce sont eux qui sont accusés par la CSN de "manoeuvrer" afin de "détourner l'attention" de la situation à Gaza.

L'antisémitisme? N'emmerdez pas la CSN avec ce genre de polémiques triviales!


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(1) escalade laquelle nous assistons "depuis 15 jours" c'est-à-dire depuis le début de l'attaque israélienne. Madame Carbonneau ne considère apparemment pas les 250 -environ- roquettes et obus de mortier lancés sur les civils israéliens durant la semaine précédant le début des raids de tsahal comme une "escalade de la violence". 250 roquettes balancées en direction de civils ne constituent peut-être pas une action "démesurée".

vendredi 5 décembre 2008

Séparatiste, un vilain mot?

En lisant les journaux cette semaine, je remarque que décidément les journalistes québécois n'aiment pas le mot "séparatiste".

En effet, lorsque quelqu'un se permet d'utiliser ce terme, ils en rendent compte mais en prenant soin de mettre le mot "séparatiste" entre guillemets, se moquant volontiers de cette peur des "séparatisssss'" entretenue par les Albertains, Ontariens, et autres peuplades étrangères.

Les partisans de la sécession (les sécessionisssss') préfèrent en effet le mot "souverainiste". C'est plus positif. C'est plus chic. Ca permet d'oublier que, de l'autre côté des frontières du Québec, vivent un gros million de francophones qui percevraient sans aucun doute comme une "séparation" l'indépendance du Québec.

Le terme "séparatiste" décrit pourtant parfaitement les partisans de l'indépendance:

séparatisme, nom masculin (anglais separatism): Attitude, tendance à sortir d'un ensemble national et à former une entité politique distincte de l'État d'origine.
C'est exactement le programme du Bloc, du Parti Québécois et de Québec Solidaire. Il est donc tout à fait correct de les qualifier de "séparatistes".

Au fait, en parlant de sécession, le terme convient très bien lui aussi :

sécession, nom féminin (latin secessio, de secedere, se retirer): Action menée par une fraction de la population d'un État en vue de se séparer, de façon pacifique ou violente, de la collectivité nationale pour former un État distinct ou se réunir à un autre.
(Ces définitions sont tirées du site larousse.fr.)

Sans rancune, amis journalissssss'!

Mise à jour du 7 décembre: je me sens moins seul depuis hier: "...dans les dictionnaires, «séparatiste» n'est ni péjoratif ni insultant. Selon le Robert, est séparatiste toute «personne qui réclame une séparation d'ordre politique, l'autonomie par rapport à un État, une fédération». N'est-ce pas précisément ce que veulent le PQ et le Bloc?" (André Pratte).