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lundi 4 juillet 2011

Le PS en 2012, c'est du tout cuit

Le PS trouve régulièrement des manières d'enrager ou décevoir ses sympathisants.

Ces temps-ci M. Benoît Hamon, porte-parole du parti et conseiller régional, annonce sur son compte Twitter: "J'invite à déjeuner mon 60 000ème follower." (Il veut en fait dire "abonné")

C'est le PS, version web 2.0, avec ce petit côté Marie-Antoinette qui fait le charme de l'élite: mon 60.000ème "follower" aura le privilège de manger de la brioche en mon auguste compagnie... les autres auront le droit d'envier l'heureux gagnant.

Avec des idées aussi fichtrement géniales, 2012 c'est dans la poche.

dimanche 15 novembre 2009

Ce que révèle "l'affaire Cluzet"

Les ennemis d'Israël parlent beaucoup, depuis 2-3 ans, d'un Franco-Israélien du nom de Salah Hamouri, actuellement en prison en Israël. J'en ai entendu parler pour la première fois lorsque des militants soi-disant "propalestiniens" étaient allés vandaliser une affiche de soutien aux otages du Hamas et du Hezbollah (1) érigée par la Ville de Paris dans un discret parc du XIIe arrondissement.

Voici ce qu'en a dit récemment l'acteur François Cluzet (vidéo sur Dailymotion):
[Salah Hamouri est] "en prison en Israël, pour délit d'opinion" (...) "il est en prison pour délit d'opinion, simplement parce qu'il a dit qu'il était contre les colonisations et la poursuite de la colonisation, c'est ça. Personne n'en parle".
Cluzet se trompe totalement lorsqu'il affirme, à deux reprises, qu'Hamouri est en prison "pour délit d'opinion - simplement parce qu'il était contre les colonisations".

C'est une erreur, ou plus exactement un mensonge. Aucun "délit d'opinion" n'a jamais été reproché à Hamouri dans un pays ou la divergence d'opinions semble considérée comme un loisir... Par contre il lui est reproché d'être membre du FPLP et d'avoir comploté "avec deux complices l’assassinat en Israël du grand rabbin Ovadia Yossef, chef spirituel d’un parti politique, le Shass (...) Il a reconnu les faits et plaidé coupable" (Véronique Chemla).

La propagande anti-"sioniste" n'en est pas à son premier bobard mais Cluzet n'est probablement même pas conscient qu'il s'agit d'un mensonge. Il fait sans doute confiance à celui (ou ceux) qui l'a "informé" sur le cas Hamouri et s'imagine défendre la victime d'un "délit d'opinion". Ce n'est pas la première fois qu'une célébrité se fait avoir...

Personne ne s'attend à ce qu'une vedette de cinéma ou de la chanson soit bien informée des sujets dont elle parle. Par contre l'absence de réactions du journaliste et du député est préoccupante parce que c'est leur job, à eux, d'être informés et d'informer leurs concitoyens. Or l'énorme ineptie relayée par Cluzet a été accueillie avec une totale indifférence. Le député Copé (2) ne sursaute pas lorsqu'on lui dit qu'en Israël on embastille des gens à cause de leurs opinions...

Et le mensonge peut continuer son petit bonhomme de chemin.


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(1) Gilad Shalit, Ehud Goldwasser et Eldad Regev. Les corps de ces deux derniers ont été restitués par le Hezbollah en 2008 en échange de terroristes vivants.

(2) Google enregistre les requêtes qui lui sont soumises. Pour le député Jean-François Copé il en a retenu quatre qui donnent une idée des
centres d'intérêt des internautes: "Jean-François Copé", "Jean-François Copé juif", "Jean-François Copé divorcé", "Jean-François Copé et Nadia"... tout commentaire me semble superflu.

samedi 3 octobre 2009

Selon que vous serez puissant ou misérable...

S'il est une chose agaçante en ce monde, c'est lorsqu'une corporation serre les rangs autour d'un délinquant. Célèbre et couvert d'honneurs, le délinquant, de préférence.

Que l'on m'explique par exemple pourquoi l'artiste Patrick Font a été marqué du seau éternel de l'opprobre, abandonné de presque tous bien qu'il ait "payé sa dette à la société" comme on dit, alors que le fugitif Roman Polanski a, lui, été aidé durant sa longue cavale et se voit aujourd'hui entouré d'un rempart de saltimbanques de luxe.

Trop popu, Font? Trop provincial? Il doit bien y avoir une raison pour que l'un soit traité comme un pestiféré alors qu'on se bat pour arpenter les tapis rouges en compagnie de l'autre. Est-ce une affaire de talent? Un Oscar pour oublier le sédatif, un César pour absoudre la sodomie? Pas de statuette dorée, pas de pardon, quand bien même on aurait purgé sa peine?

Que l'on me cite un violeur de mineur(e) fauché et/ou anonyme, un seul, qui aurait bénéficié d'une telle complicité internationale durant trente années, et qui verrait un ministre s'emporter publiquement contre ceux qui s'efforcent de le faire juger et ainsi clore l'affaire une bonne fois pour toutes.

Bien sûr, on peut aimer Polanski, peut-être surtout ses films; pourquoi d'ailleurs le haïrait-on alors que sa victime a passé l'éponge? Bien sûr, on doit souhaiter un dénouement rapide et équitable pour tous, y compris pour l'accusé. Mais dénouement il y aurait eu depuis longtemps si le prévenu n'avait pas choisi de fuir son pays et ses juges. Et si une peine légère est appliquée, qu'elle soit fondée sur le droit et non pas sur l'épaisseur du carnet d'adresses de l'agresseur.

Ce qui est ahurissant dans cette affaire ce n'est pas que Polanski ait opté pour la fuite et refait sa vie ailleurs. Chacun sa stratégie de défense après tout. Ce qui est scandaleux et proprement immoral c'est que l'on attend du citoyen "de base" qu'il respecte la justice, qu'il se plie aux lois (concernant les droits d'auteurs par exemple...) y compris celles qu'il ne connaît pas car nul n'est censé ignorer la loi, tandis que le gratin se mobilise pour exiger qu'un des leurs en soit définitivement exempté.

Il ne leur manque que la perruque poudrée. La mentalité d'ancien régime, la morgue aristocratique, le mépris de la plèbe, ils l'ont déjà.

* * *

Lecture conseillée: le billet d'Eolas consacré à cette pathétique affaire. Voilà un avocat qui ne se fera pas beaucoup d'amis sur la Croisette; ce n'est pas très grave car les avocats "fréquentables" ne manquent pas, dieux merci.

Extrait du billet d'Eolas:
"Je trouve honteux d’entendre des artistes qui il y a quelques semaines vouaient aux gémonies les téléchargeurs et approuvaient toute législation répressive et faisant bon cas de droits constitutionnels pour sanctionner le téléchargement illégal de leurs œuvres crier au scandale quand c’est à un des leurs qu’on entend appliquer la loi dans toute sa rigueur. Quand on sait que pas mal de téléchargeurs ont dans les treize ans, on en tire l’impression que les mineurs ne sont bons à leurs yeux qu’à cracher leur argent de poche et leur servir d’objet sexuel. Comme si leur image avait besoin de ça. Et après ça, on traitera les magistrats de corporatistes."
Pour plus de détails sur l'attitude de la caste artistique ou les déclarations scandaleuses de certains politiques, n'importe quel journal français fera l'affaire.

Update
Polanski, une victime? de Lysiane Gagnon, et La pédophilie politiquement correcte par Yves Boisvert. Ils mettent bien en évidence le "deux poids deux mesures" réclamé par certains. Le ministre parisien de la Culture ainsi que quelques autres bonnes consciences n'ont rien à craindre des frimas qui approchent, les voilà habillés pour l'hiver...

La liste des signataires contre "l'Amérique qui fait peur" (aux violeurs d'enfants?) sur le site de la SACD (Société des Auteurs et Compositeurs Dramatiques).

En comparaison de la grande compassion de la SACD pour un violeur de gamine en cavale, regardez un peu leur attitude face à la reproduction des œuvres des artistes (la SACD représente ses membres, auteurs et compositeurs, auprès des diffuseurs; elle perçoit les versements et les répartit ensuite entre les adhérents, en gardant un petit pourcentage au passage): Loi Création et Internet, ou encore la copie privée.

Si quelqu'un a vu, un jour, une pétition organisée par la SACD pour demander l'élargissement d'un gamin coupable de téléchargement, qu'il me fasse signe!

mercredi 12 août 2009

La sale guerre contre le CRIF

Alexandre Adler a rédigé une chronique dans Le Figaro du 31 juillet (1). Cette chronique concernait les verdicts rendus contre le "gang des barbares". Alexandre Adler y exprime notamment son regret que l'antisémitisme du gang n'ait pas reçu plus d'attention de la part du tribunal.

On peut être d'accord ou pas avec le raisonnement ou certaines conclusions d'Alexandre Adler, là n'est pas la question. Le chroniqueur termine son texte par ces deux phrases: "Après l'antisémitisme violent comme un vomissement des Proudhon, des Drumont et des Bernanos, voici venu l'antisémitisme insinuant et presque invisible des Badiou. Pour mesurer son pouvoir de radiation, lisez donc une certaine presse hebdomadaire".

Le pdg de l'hebdomadaire Marianne, Maurice Szafran, s'est senti visé. Il a répondu à Alexandre Adler dans un éditorial publié dans le numéro du 8-14 août de l'hebdo, sous le titre "À propos d'Alexandre Adler, du Crif et de l'antisémitisme".

Adler et Szafran ne partagent pas le même avis sur les leçons à tirer du procès du "gang des barbares", ils sont en désaccord à propos de la décision de la ministre de la Justice d'ordonner au parquet de faire appel dans certains cas (certaines peines ayant été considérées comme trop légères).

Être en désaccord, la belle affaire. Mais M. Szafran, qui s'indigne -avec raison ou pas, là n'est toujours pas la question- de certains propos de M. Adler, ne semble pas pressé de donner l'exemple de la rigueur et de la retenue. Bien au contraire: il profite de son éditorial pour reprendre à son compte de vieilles et sales accusations qui traînent sur le Crif.

Voici une description du Crif, selon le patron de Marianne:
"(...) un intouchable de la République, le Conseil représentatif des institutions juives de France"

"(...) d'un claquement de doigts, relayé par le président de la République lui-même, le Crif a obtenu que la ministre de la Justice fasse appel du jugement. En gonflant ses biceps, en faisant jouer sa force, son influence, la crainte qu'il provoque, le bras politique des Juifs de France a mis en place une implacable machine à fabriquer de... l'antisémitisme"
Ce n'est ni Minute ni Présent, mesdames et messieurs, c'est Marianne.

Accuser le CRIF de générer l'antisémitisme, ce serait du même niveau qu'accuser Barack Obama de provoquer le racisme antinoir aux USA.

Voici quelques extraits d'une dépêche AFP toute récente:
"Les groupuscules d'extrême droite, qui n'ont toujours pas digéré l'élection du premier président noir des Etats-Unis, connaissent un nouvel essor dans le pays après une décennie de déclin, selon une étude publiée mercredi"
(...)
"C'est la croissance la plus importante à laquelle nous ayons assisté depuis 10 ou 12 ans"
(...)
"En début d'année, un rapport interne du gouvernement fédéral avait d'ailleurs averti que le marasme économique et l'élection de Barack Obama constituaient un terreau très propice au recrutement de nouveaux militants"
Selon la logique de M. Szafran (et d'autres), il faudrait conclure que l'élection d'un Noir à la Maison Blanche est la cause de l'essor des mouvements racistes aux USA observée ces derniers mois.

Ce serait évidemment totalement crétin. M. Obama n'est pas responsable de l'essor de l'extrême droite américaine, il ne "fabrique" pas le racisme antinoir dans son pays. De la même manière, le CRIF n'a jamais "fabriqué" la moindre once d'antisémitisme en France, comme l'écrit sans trembler Maurice Szafran.

Il n'est guère surprenant de voir une association "antisioniste" proférer ce genre de bêtises. Mais il est tout simplement hallucinant de voir le pdg de Marianne adopter un mode de pensée aussi vicié. Sa colère contre Alexandre Adler et sa chronique l'a-t-elle à ce point aveuglé?

Il me semble utile de rappeler certaines vérités élémentaires (enfin... elles ne sont pas élémentaires pour tout le monde, de toute évidence) :

- le Crif a parfaitement le droit -et je pense pouvoir écrire que c'est même son devoir- d'intervenir dans les débats de société et les réflexions politiques qui l'intéressent (au risque de se faire critiquer)

- le Crif a parfaitement le droit de ne pas suivre les opinions des éditorialistes de Marianne (et vice versa)

- le "bras politique des Juifs de France" a parfaitement le droit d'interpeller le gouvernement, le parlement, la présidence, le Pape ou le poinçonneur des Lilas, si ça le chante

- le Crif a parfaitement le droit d'émettre des communiqués de presse et de les diffuser (et il est permis de ne pas les publier)

- l'exercice de ces droits, qui ne sont nullement propres au Crif, ne saurait susciter (générer, fabriquer...) de l'antisémitisme

- il ne sert à rien de rechercher la cause de l'antisémitisme dans le comportement de la victime de l'antisémitisme (2) : la cause ultime de l'antisémitisme réside dans le cerveau de l'antisémite.


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(1) Ce que révèle l'affaire Fofana.

(2) De même que la femme n'est pas la cause du viol; l'égalité homme-femme n'est pas la cause des violences conjugales; le mariage des couples de même sexe n'est pas la cause de l'homophobie, etc.

dimanche 9 août 2009

Amour de la justice, ou bien haine des "sionistes"?

Tout d'abord un petit résumé: le gang responsable du rapt, de la torture, puis de la mort d'Ilan Halimi a été jugé en France. Dans plusieurs cas les juges ont attribué des peines plus légères que celles réclamées par le procureur, ce qui a vivement ému la famille. Le ministre de la Justice, Madame Alliot-Marie, a demandé au Parquet de faire appel de ces sentences "trop légères".

Voici la réaction de la prétendue "Union juive française pour la paix" (1), à propos de la décision de la ministre de la Justice (communiqué émis le 23 juillet) :
On ne saurait admettre les pressions communautaristes du CRIF et d’autres associations juives confondant justice et vengeance
et un peu plus loin :
Les parties au procès peuvent, comme le ministère public, faire appel du jugement. C’est leur droit. Telle n’a pas été la suite des évènements : des instances communautaires conduites par le CRIF ont fait pression, avec le relais de médias, pour que la ministre de la Justice, représentant le gouvernement, fasse appel. Elle s’est exécutée.
le tout se termine par une autre accusation particulièrement perverse:
Car dans les suites du verdict nous assistons à une double régression : il en va d’abord de l’indépendance de la justice par rapport au pouvoir politique, mais également des valeurs de la République qui devraient s’opposer au communautarisme, « ethnique » et pro-israélien, du CRIF qui ne peut que renforcer l’antisémitisme en France.
En résumé:

1) le CRIF et "autres organisations juives" donnent leurs ordres -via les médias- à la ministre de la Justice, qui s'exécute...

2) ce sont les actions des "communautaristes" ethniques et pro-israéliens qui suscitent l'antisémitisme en France (2)

Ce dernier point me rappelle fortement la réaction que la bonne société réservait aux victimes de viol, jadis. Le viol, c'était la faute des jupes trop courtes, la faute du maquillage, bref la faute de la femme, cette éternelle Jézabel, aguicheuse impénitente, qui mène de pauvres hommes à leur perte.

En 2009, si quelqu'un s'avisait d'afficher une telle opinion sur la culpabilité des femmes violées il se ferait -au minimum- rire au nez. Accuser les "communautaristes" ou les "sionistes" (en clair: les Juifs) d'être la cause du racisme qui les frappe encore parfois est, par contre, très bien accepté.

Ces accusations sont proférées également par des groupes "propalestiniens" et bien évidemment par des militants d'extrême gauche (3) , bien incapables de percevoir ce que de tels propos ont de ridicule et de choquant.

La haine envers les "sionistes" autorise et sanctifie bien des dérapages.

Update
Dans son éditorial (Marianne du 8-14 août) Maurice Szafran, sous le prétexte de répondre à une chronique d'Adler qui ne mentionne même pas Marianne, reprend les mêmes accusations: "(...) le bras politique des Juifs de France a mis en place une implacable machine à fabriquer de... l'antisémitisme". M. Szafran décrit le Crif comme un "bras politique". Mais dans ce cas comment peut-on protester lorsque le Crif s'implique dans le débat public? Comment peut-on oser écrire et dire que, si le Crif s'oppose et critique, c'est au risque de "fabriquer de l'antisémitisme"? Fermer sa gueule et raser les murs, ou bien parler, protester, critiquer, et donc générer de l'antisémitisme: c'est ça le choix offert aux Juifs de France en 2009? Prasquier et le CRIF ont visiblement de solides ennemis, à l'extrême gauche autant qu'au centre...


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(1) Je ne perçois pas bien ce que cette association a de "juive", et encore moins en quoi elle serait "pour la paix" puisque ses dirigeants sont en faveur du démantèlement de l'État juif (ce qui serait une manière, je l'admets, de régler "le problème" une bonne fois pour toutes). Il semble que certains individus, aussi Juifs que moi je suis Espagnol (je suis très sérieux, j'ai des origines espagnoles) se souviennent de leur judéité uniquement lorsqu'il s'agit de "critiquer" Israël et de diffuser la bonne parole "antisioniste". Ce type de revendication m'a toujours laissé perplexe; en quoi le fait d'avoir un papa ou une mamie juive donnerait plus de poids aux opinions "antisionistes" de quiconque? Mystère.

(2) Le patron de l'ujfp, Pierre Stambul, émet régulièrement ce genre de propos. Ainsi en juin 2008 écrivait-il que: "les sionistes (...) prétendent que toute critique d’Israël est forcément antisémite alors qu’au contraire leur politique provoque un nouvel antisémitisme"

(3) La rengaine sur "Le Lobby qui contrôle le gouvernement et les médias" se retrouve, bien sûr, dans les milieux d'extrême droite.

mardi 28 juillet 2009

Une autre leçon d'hypocrisie "made in Europe"

Le Conseil de l'Union européenne a donc décidé d'interdire "sur son territoire tout produit provenant de la chasse aux phoques" (La Presse). La chasse aux phoques au Canada, je précise.

Car pendant ce temps, le gavage des oies, la chasse pour le plaisir ainsi que les corridas continuent, notamment en France.

L'hypocrisie et le faux-cultisme, deux spécialités européennes.

jeudi 23 juillet 2009

Le Parti Socialiste est-il mort? Mourant? Mal en point?

Ce n'est pas toujours facile de suivre l'actualité politique à 5000 km de distance.

Un exemple : Martine Aubry, Jack Lang, Ségolène Royal, je connais. Mais qui est donc Manuel Valls ?

Le vieux jeune homme s'est fait tancer ces derniers jours pour avoir proposé de changer le nom du Parti Socialiste (et surtout pour avoir manifesté son impatience de voir la "vieille" génération laisser la place aux "jeunes", c'est-à-dire à lui, Manuel Valls). Une autre crise de nerfs entre éléphants, une de plus. En attendant la prochaine. Et celle d'après.

Changer le nom du parti? Ce n'est pas le nom qu'il faut changer, ce sont les moeurs des leaders. Le problème n'est pas tant le socialisme que les querelles incessantes des ego hypertrophiés qui "gèrent" le parti.

Plus de socialisme et moins de gauchisme, plus de droit du travail et moins de conseillers "image", un peu (beaucoup!) moins de mégalomanie dans les cercles dirigeants, en un mot moins d'esbroufe, voilà qui aurait peut-être évité au PS une telle descente aux enfers.

Les électeurs ont toujours préféré l'original à la copie. Singer l'UMP ou le NPA ne sera jamais d'aucune utilité au PS : il y a déjà des bulletins UMP et NPA dans les bureaux de vote.

On n'est apparemment pas sorti de l'auberge avec "Titine", qui diffusait le 7 juillet une lettre ouverte "adressée à Jean-Michel Baylet, Marie-George Buffet, Jean-Pierre Chevènement, Cécile Duflot, Jean Luc Mélenchon et Daniel Cohn-Bendit" dans laquelle elle expose sa vision "d'union de la gauche" pour 2012 : "Pour gagner, nous devons surmonter les divisions de nos mouvements et ou de nos partis. Nous devons changer (...) Clairement, notre objectif est de participer à l’élaboration d’un projet commun de la gauche en 2012, mais aussi de mettre en oeuvre une stratégie politique électorale commune pour l’emporter".

Une première remarque : quand on est incapable de maintenir un semblant de cohésion au sein de son propre parti, est-il raisonnable et le moindrement lucide de prétendre initier une nouvelle "union de la gauche"?

Quant aux destinataires de cette lettre ouverte... Le PRG, bien sûr. Les Verts à la rigueur, s'il faut vraiment en passer par là, mais alors à condition de bien mettre au clair le contrat d'union avant de partir ensemble aux urnes (1). Mais qu'est-ce que Martine Aubry espère du PCF ou bien du "Parti de Gauche" du sécessionniste Mélenchon? À part de nouveaux emmerdements, je veux dire.

Qu'est-ce que le PS veut développer comme "projet commun" avec les orphelins de l'URSS qui ne se sont toujours pas remis de la perte de leur boussole soviétique et tentent de se survivre à eux-mêmes, ou avec un bonhomme qui a claqué la porte du parti fin 2008 parce qu'il préférait être chef de son propre groupuscule plutôt que peser 18.5% au sein du PS? Un extrémiste qui -parmi d'autres intéressantes prises de position- conchie le gouvernement tibétain en exil, accuse le Dalai-Lama de racisme, d'autoritarisme et "d'ethnicisme" et également d'être un danger pour la paix!

Est-il encore temps pour mettre de l'ordre dans la pétaudière? Les adhérents du PS devraient taper fermement du poing sur la table et tenter, si c'est possible, de ramener leurs éléphants à la réalité. C'est un euphémisme de dire qu'il y a urgence.


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(1) Les Verts s'étaient de toute manière empressés de répondre à Martine Aubry par un "non" méprisant. Daniel Cohn-Bendit l'a accusée de "paternalisme" et a demandé au PS d'arrêter de lui "casser les pieds". Combien de temps encore le PS insistera-t-il pour tendre l'autre joue à ces types?

dimanche 21 juin 2009

Visite du Dalaï-Lama à Montréal

Le Dalaï-Lama sera en visite à Montréal le 3 octobre.

Comme souvent lors de ses déplacements, le plus célèbre des Tibétains en exil donnera une conférence dont voici le thème : "L'Éducation du coeur: la puissance de la compassion".

Il sera intéressant de voir quelles personnalités, tant au niveau municipal que provincial, éviteront prudemment l'encombrant moine.

C'est qu'il ne faut pas se mettre la Chine à dos : Pékin suit de près les déplacements du chef spirituel tibétain et n'hésite pas à sanctionner ceux qui osent serrer la main du trublion, comme on a pu le voir tout récemment en France.

La visite du Dalaï Lama à Paris irrite Pékin (RFI)

Le dalaï lama à Paris : profil bas sous pression chinoise (Rue89)

"Nicolas Sarkozy et le gouvernement prennent bien soin de faire savoir qu'ils n'auront aucun contact avec le dalaï lama lors de son séjour, et même le maire de Paris, Bertrand Delanoë, qui l'avait invité pour lui remettre sa médaille de « citoyen d'honneur » de la capitale française décerné l'an dernier en pleine crise tibétaine, le reçoit dimanche en catimini, sans tapage (...)" (Rue89)


Sa légendaire bonne humeur n'empêche pas le moine d'avoir une vision terriblement lucide des événements et de l'avenir:

"mon sentiment et mon inquiétude sont qu'une veille nation comme le Tibet, avec son héritage et sa culture, se voit imposer une condamnation à mort" (Libération)

... dans l'indifférence quasi générale.

La droite pense aux affaires et la gauche est toujours prisonnière de sa passion pour les guérilléros à kalachnikov. Pas de place pour un peuple pacifique et fauché.

lundi 8 juin 2009

Week-end d'élections

En France et dans les autres pays de l'Union Européenne, les électeurs votaient pour renouveler le parlement européen, cf. Rue89.

En France il y a eu deux vainqueurs: les listes UMP (le parti du président, Nicolas Sarkozy), et les listes écolos (Europe Écologie, avec le trio Cohn-Bendit, Eva Joly, et l'inénarrable José Bové).

Un gros perdant: le Parti Socialiste, qui obtient à peu près le même score que le trio écolo (16%).

Au Liban, les élections législatives ont donné la victoire au camp antisyrien. Le Hezbollah a déjà aboyé: gare à ceux qui s'aviseraient de vouloir désarmer la milice terroriste (le Hezbollah est un État dans l'État et contrôle une bonne partie du sud du pays ainsi qu'une partie de Beyrouth, la capitale) cf. le Toronto Star ou Le Figaro.

dimanche 24 mai 2009

Lopsi 2 : à quand les premières bavures?

Le gouvernement français va présenter une loi, baptisée pour le moment Lopsi 2, qui permettra à la police judiciaire "d'accéder, en tous lieux, à des données informatiques, de les enregistrer, les conserver et les transmettre, telles qu'elles s'affichent sur un écran pour l'utilisateur" et ce "sans le consentement des intéressés" (Le Figaro). La pose du mouchard et sa récupération se feront par le biais d'une effraction du domicile : "la police judiciaire pénétrera chez le suspect aidée d'un serrurier, de jour comme de nuit" (je me demande comment on appelle une effraction légale... une visite de courtoisie en l'absence de l'occupant des lieux?)

Je suis rassuré d'apprendre que ces mesures seront, bien évidemment, "sous le contrôle du juge d'instruction" et seront utilisées "uniquement dans les affaires les plus graves (terrorisme, pédophilie, meurtre, torture, trafic d'armes et de stupéfiants, enlèvement, séquestration, proxénétisme, extorsion, fausse monnaie, blanchiment et aide à l'entrée et séjour d'un étranger)".

Ça fait tout de même une très large palette: que vient faire l'aide à l'entrée et au séjour d'un étranger dans la même liste que terrorisme, torture ou meurtre?

On espère que Le Figaro ne résume pas bien ce projet de loi lorsqu'il titre : "La police va pouvoir pirater les ordinateurs des voyous". Les voyous. Étrange choix de mot pour désigner une personne suspectée de terrorisme ou d'assassinat, non?

Les écoutes téléphoniques et poses de micros sont, en théorie, conçues elles aussi pour lutter contre les "affaires les plus graves". Mais jetons un oeil sur la liste des "bavures", depuis les plombiers du Canard Enchaîné en passant par les caprices des puissants. Les dérapages de la future loi Lopsi 2 sont d'ores et déjà à prévoir.

La liberté fait un nouveau pas en avant...

vendredi 3 avril 2009

La France ajoute un autre clou dans le cercueil du Tibet

Une déclaration en ce sens avait déjà réglé la question il y a quelques semaines.

Le Quai d'Orsay, à la demande des excellents dirigeants chinois, a confirmé le message: "La France mesure pleinement l'importance et la sensibilité de la question du Tibet et réaffirme qu'elle s'en tient à la politique d'une seule Chine et à sa position selon laquelle le Tibet fait partie intégrante du territoire chinois, conformément à la décision prise par le général de Gaulle qui n'a pas changé et ne changera pas" (Cyberpresse).

Nicolas Sarkozy, que voulez-vous, est et a toujours été un ardent gaulliste. On le constate encore aujourd'hui. (1)

Honte à ceux qui pensent qu'une autre raison, plus prosaïque, guide l'admirateur du Général: "La Chine avait suspendu la plupart de ses contacts avec Paris et annulé un sommet important avec l'Union européenne en représailles à la rencontre entre Nicolas Sarkozy et le dalaï lama en décembre dernier. Les liens commerciaux entre la France et la Chine ont également souffert du récent coup de froid entre Paris et Pékin". Quel est le poids d'un bonhomme en robe de chambre orange face à de beaux gros contrats et au rayonnement de la France, se demandent les méchantes langues et les jaloux.

Du côté des dirigeants chinois, les choses se présentent très bien: ils ont obtenu un succès semblable avec les Allemands et avec l'Afrique du Sud. Ce pays a récemment annoncé qu'il interdirait au Dalaï-Lama de venir assister à une conférence internationale sur... "le rôle du football dans la lutte contre le racisme et la xénophobie" (Le Monde).

Comme disait un certain Brennus, qui avait parfaitement compris les fondements d'une bonne géopolitique: vae victis.

Pour aider à convaincre les touristes, ou peut-être pour apaiser les consciences tourmentées de certains visiteurs, un musée pékinois consacre une exposition à la "libération du Tibet" en 1959 (La Presse).

Quant aux Tibétains... bah, ils auront plus de chance dans une vie future. Qui sait, ils se réincarneront peut-être en fils et filles de dignitaires ou PDGs chinois.


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(1) c'est évidemment ironique.

mardi 17 mars 2009

Aubry soit qui mal y pense

17 mars, jour de la St-Patrick. Depuis le dimanche précédent jusqu'au 17, on croirait que Montréal n'est habitée que par des Irlandais!

Ces festivités sont toujours l'occasion de se souvenir de l'apport important des immigrants irlandais, souvent chassés de leur île par la famine.

Tout le monde s'y met: du blog à Radio-Canada, du journal gratuit à Le Devoir.

Voici un extrait qui m'a bien fait rire, trouvé dans un des gratuits qui encombrent les couloirs des métros: "Les premiers Irlandais de la Nouvelle-France vivaient une intégration totale. Alliés des Français, bon nombre d'entre eux changent leur nom pour le franciser. Le premier Irlandais, un certain O'Brennan, devient ainsi un Aubry, un nom qu'on ne retrouve pas en France."

"que Ségolène Royal aurait bien aimé ne pas retrouver en France", serait une formulation plus exacte!

vendredi 13 mars 2009

Tibet: faudra pas compter sur Paris

"La France n'est pas favorable à l'indépendance du Tibet, a affirmé vendredi le ministère français des Affaires étrangères après un appel du premier ministre chinois, Wen Jiabao, à une clarification de la position française sur cette question". "Notre position absolument inchangée est celle du soutien à l'intégrité territoriale de la Chine et du refus des perspectives sécessionnistes ou de soutien à l'indépendance du Tibet", dixit le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères à Paris (La Presse).

Le porte-parole a toutefois lancé un os à ronger aux Tibétains: "nous sommes attentifs à ce qu'il puisse y avoir une liberté religieuse et de pratique culturelle des Tibétains". À défaut de liberté, laissez-les donc manger de la culture, Monsieur Wen.

Toujours dans le domaine du droit des peuples à l'autodétermination, une déclaration récente du Président de la République Française: "La réconciliation interpalestinienne est l'une des clés de la paix, une des conditions de la création d'un Etat palestinien" (NouvelObs.com)

* * *

Ça n'a rien à voir (mais bon, c'est un blog, alors on parle, on jase de tout et de rien, on passe du coq à l'âne...) devinez quel pays a accueilli la première usine Airbus hors Europe? "Airbus évalue les besoins de [devinette!] pour les 20 prochaines années à 2.800 appareils -passagers et transport- représentant environ 329 milliards de dollars".

Ça fera les pieds à monsieur Dalai: il n'avait qu'à voyager avec Air France plutôt que filer son fric à la concurrence!

jeudi 5 février 2009

Nicolas Sarkozy bientôt devant la CPI?

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, est allé rendre visite aux Parisiens.

Nicolas Sarkozy l'a cordialement reçu à l'Élysée. À cette occasion il a fait savoir sa préférence pour un Canada uni.

Il avait déjà tenu des propos dans ce sens à Québec (lors du sommet de la Francophonie en 2008), propos qui avaient irrité les séparatistes.

Mais le discours de Paris était plus direct, plus percutant. Le président français a parlé de "sectarisme", d'"enfermement sur soi-même", etc.

Ça n'a pas plu. Oh que non. Les séparatistes aiment bien aller s'assurer des bonnes grâces de la France, comme Jacques Parizeau lorsqu'il était allé rendre visite à Jacques Chirac peu de temps avant le référendum de 1995 (la relation d'amour/haine qu'entretiennent les nationalistes québécois avec la France est très intéressante à observer). Ils ont toujours un tendre souvenir de De Gaulle, qui avait clamé "Vive le Québec libre!" depuis le balcon de la mairie à Montréal en 1967.

C'est cette relation faite de dépendance, de besoin de reconnaissance, mais aussi de rancoeur alimentée par un persistant sentiment d'infériorité, qui explique l'importance de l'opinion de Nicolas Sarkozy sur ce que doit être, ou pas, le Québec.

Jusque là, les réactions hostiles au discours de N. Sarkozy étaient tout à fait prévisibles. Mais les chefs séparatistes ont pris une décision qui vient de nous faire passer de la farce politique au psychodrame: ils ont décidé d'envoyer une plainte officielle à la France!

Ils sont en colère et ça se voit: Pauline Marois, chef du Parti Québécois, à gauche - Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois, à droite (Photo: Alain Roberge, La Presse)
Ils sont en colère et ça se voit: Pauline Marois, chef du Parti Québécois, à gauche - Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois, à droite (Photo: Alain Roberge, La Presse)

Pour la première fois de leur histoire, le Parti québécois et le Bloc québécois ont adressé une plainte officielle à un chef d'État, en l'occurrence le président français Nicolas Sarkozy qui a accusé le mouvement souverainiste de «sectarisme». (La Presse)

Le clou des rencontres franco-québécoises à Paris s'est toutefois avéré être l'intervention d'un député français, Pierre Lasbordes, qui a voulu frimer devant Jean Charest et son entourage. Il a ainsi lancé à un auditoire abasourdi : "J'espère que vous n'avez pas trop la plotte à terre, comme on le dit au Québec". Il croyait s'inquiéter de l'état de fatigue du premier ministre, mais sa phrase sonne de manière très désagréable à une oreille québécoise ("la plotte", au Québec, désigne ce qu'en France on nomme vulgairement "la chatte"...). Habituellement ce niveau de langage est réservé aux "3e mi-temps" des rencontres internationales, et non pas aux réceptions officielles.

Bref, depuis hier je me suis fait plusieurs fois demander si j'avais "la plotte à terre" par des Québécois hilares...

Franchement, monsieur Lasbordes! Je ne sais pas ce qui me retient de vous envoyer une plainte de quatre pages.

Update
Parmi les millions de réactions, éditos, chroniques radio et télé suscités par le discours de Nicolas Sarkozy, celle-ci, de Gil Courtemanche dans Le Devoir [mes remarques entre crochets]:
Ouragan médiatique. Sarkozy parle de sectarisme à propos des indépendantistes. Il ne respecte pas la règle de la non-indifférence. Bon, Sarkozy ne connaît pas le Québec, ni le mouvement souverainiste. C'est vrai. [Est-ce que De Gaulle connaissait mieux le Québec? J'en doute fort! Cette accusation est purement formelle: dès que quelqu'un -y compris un Québécois de naissance- s'oppose au séparatisme, il se fait volontiers accuser de ne pas connaître le Québec, le Québec authentique] Mais comme on dirait en France, les Québécois moyens s'en «branlent». Les médias locaux en font des manchettes depuis une semaine. Bêtise. [Pourquoi donc y ajouter la vôtre, de manchette?] On se fout de Sarkozy. [Ah bon? Vu la quantité et l'intensité des réactions je crois qu'on peut affirmer le contraire] La position du président de la France n'influencera jamais notre choix. Plus fondamentalement, cela relève de notre volonté médiatique d'être reconnus comme si nous ne nous suffisions pas à nous-mêmes et que nous avions besoin de la reconnaissance des autres pour exister. [C'est précisément ce que révèle, une fois de plus, cette affaire. C'est pourquoi Marois et Duceppe font référence à De Gaulle dans leur lettre de plainte, c'est pourquoi Parizeau était allé chercher le soutien de Chirac en 1995, etc.] Nous savons qu'Isabelle Boulay est une fantastique interprète, que Céline Dion est célèbre mondialement. Avons-nous besoin d'être informés du jugement des autres pour continuer à les aimer? Si oui, il y a un problème.
Je confirme. Il y a un problème.