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jeudi 16 juin 2011

L'absolu selon Legault

François Legault, nouvel espoir de la politique québécoise (*gros soupir*), a parlé de souveraineté:
À la question: vous engagez-vous à ne jamais tenir de référendum sur la souveraineté? Il avait répondu: «Absolument, bien en tout cas, certainement pas dans un premier mandat». (La Presse canadienne/Cyberpresse, 14 juin)
C'est une très belle formule qui gagnerait à être utilisée plus souvent.

À la question: vous engagez-vous à ne pas boire au volant? M. X a répondu "Absolument, en tout cas certainement pas pendant les premiers kilomètres".

À la question: vous engagez-vous à ne pas battre votre femme? M. Z a répondu "Absolument, en tout cas certainement pas durant les premières années du mariage".

Au moins son slogan est tout trouvé: Legault, c'est clair.

jeudi 8 avril 2010

5% = 5x (A Lesson In French Mathematics)

Lu dans la chronique de Michèle Ouimet, Vers The Province of Quebec? No Sir (La Presse du 7 avril).

La chronique est une critique mi-figue mi-raisin du dernier cri d'alarme de l'acteur Pierre Curzi, "spécialiste" ès-langues du Parti Québécois (séparatiste).

Extrait: "L'étude compare ces taux au poids relatif de chaque langue. En 2006, il y avait 2,83 francophones à Montréal pour un anglophone. Le français aurait donc dû exercer un pouvoir d'attraction plus grand que l'anglais. Mais ce n'est pas le cas, au contraire, conclut l'étude. L'anglais séduit et son pouvoir d'attraction est cinq fois plus important que le français (je vous fais grâce des calculs qui aboutissent à ce 5%)"

Confondre un écart de 5% avec une multiplication par 5, ce n'est peut-être pas de l'excellent journalisme, mais ça en dit long sur l'ampleur de l'hystérie en matière de langue (le fantasme d'un retour conquérant de l'anglais est la norme, au Québec).

vendredi 23 octobre 2009

Le sacrifice du cavalier

L'ex-chef du parti Vision Montréal, qui avait cédé sa place à la star Louise Harel (ex-ministre, ex-députée provinciale) s'est fait prendre la main dans le pot de confiture.

Financement occulte. Des enveloppes brunes circulent. Des entrepreneurs entreprenants financent les partis sous la table en échange de contrats juteux.

Diantre, qui l'eût cru?

Monsieur Labonté a jusqu'au bout tenté de nier les faits allégués. Son chef, Louise Harel, qui mise sur son image de "chevalier blanc", lui a demandé de démissionner. Aux échecs on appelle ça sacrifier un cavalier.

Du coup Monsieur Labonté décide de dire la vérité. Enfin... ce qu'il affirme aujourd'hui être la vérité.

Elle est intéressante sa vision de la politique, à Labonté: tant qu'il était maire d'arrondissement ou dirigeant de parti, il mentait ou se taisait. C'est uniquement depuis qu'il est grillé et a quitté -contre son gré- la vie politique qu'il informe le public. Dommage qu'on ne puisse plus voter pour lui.

Labonté semble surtout vouloir entraîner dans sa chute le plus de personnes possible, tant au niveau municipal que provincial.

Son amertume se comprend parfaitement: si tous les partis sont compromis dans le "financement sectoriel" (joli nom) pourquoi devrait-il être le seul à perdre son job et sa réputation? Personnellement c'est à cette question que j'aimerais avoir une réponse. Faire payer à un seul homme les fautes partagées par bien d'autres serait le comble de l'hypocrisie.

Labonté va nous manquer, mais heureusement d'autres sont encore là pour servir le peuple.

Louise Harel, par exemple. À l'entendre le financement occulte est tout à fait hors de question, si seulement elle avait pu se douter que Benoît Labonté... ou d'autres... ah non vraiment on a abusé de sa bonne foi...

Madame Harel a été députée de la même circonscription pendant plus de 25 ans, elle a été ministre (1). C'est une quasi-fonctionnaire de la politique. Et elle ne sait rien sur le "financement sectoriel" des partis?

Attention, des pertes de mémoire peuvent être le symptôme d'un mal très sérieux.

Je réserve la palme de la fausse naïveté aux citoyens eux-mêmes. Un parti ça se finance, ça ne vit pas de l'air du temps. Croit-on vraiment que la vente de cartes d'adhérents à 10$ ou les p'tits dons de 5$ (2) ça suffit pour financer une structure, des permanents, des locaux, des campagnes électorales?

Les plus insupportables sont les abstentionnistes qui prennent pour excuse le récent "grand déballage" pour justifier leur refus d'aller voter dimanche prochain. Un petit stage de citoyenneté à Téhéran leur ferait le plus grand bien. Ça les aiderait à remettre les choses en perspective.


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(1) Elle a notamment été "Ministre d'État aux Affaires municipales et à la Métropole du 15 décembre 1998 au 30 janvier 2002", cf. site du parlement provincial.

(2) Eh oui, les dons de 5$ sont soigneusement répertoriés et identifiés par Vision Montréal! Les noms de certains entrepreneurs dont on parle beaucoup ces derniers jours n'y figurent pas... sans doute un oubli ou un retard dans la mise à jour du site.

jeudi 22 octobre 2009

Vaut une lecture

Encore une fois André Pratte analyse en quelques paragraphes et de manière limpide la stratégie séparatiste: La disparition du fédéral (La Presse, 22 octobre).
Les indépendantistes, en particulier, cherchent à faire disparaître toute trace du fédéral en territoire québécois; après les terrains devant le parlement, on réclamera les plaines d'Abraham. La présence du Bloc à Ottawa découle de la même stratégie: si les Québécois sont moins nombreux au sein du cabinet fédéral, celui-ci nous paraîtra de plus en plus étranger
Mais il met également en évidence l'attitude mortifère du Parti Libéral du Québec, qui aime jouer à la guéguerre contre le gouvernement fédéral pour draguer les voix nationalistes:
L'argument du ministre Béchard est également révélateur parce qu'il laisse entendre que le gouvernement du Canada n'est pas le gouvernement des Québécois. Un tel point de vue va à l'encontre des principes mêmes du fédéralisme. Les libéraux abdiquent ici, comme ils le font souvent, devant la thèse indépendantiste selon laquelle le gouvernement fédéral est celui d'«une autre nation».

(...) les politiciens fédéralistes sont trop couards ou trop malhabiles pour s'interposer efficacement: moins le Canada sera présent dans nos vies, plus il sera facile de s'en séparer
Autant je suis en désaccord avec Pratte lorsqu'il parle d'argent public de taxes ou d'impôts (j'y reviendrais peut-être un jour) autant il est lucide et convaincant lorsqu'il est question du lavage de cerveaux séparatiste.

samedi 10 octobre 2009

Il faut signer la Constitution

Je suis d'accord avec Jean Allaire sur un point: le Québec doit signer la Constitution.

Par contre je suis opposé à l'idée d'imposer des conditions préalables à cette signature, surtout lorsqu'on regarde les conditions proposées par M. Allaire.

La reconnaissance de la nation québécoise, par exemple.

Ce genre de reconnaissance est une boîte de Pandore, car il n'y a pas que les "Québécois francophones de souche" qui pourraient ou voudraient se définir comme une nation. Or les fondateurs du Canada n'ont pas voulu créer un sac de confettis, mais un pays.

Ensuite, il existe des francophones ailleurs qu'au Québec. Reconnaître une nation québécoise les isolerait encore un peu plus (sans compter l'accroissement de l'isolement du Québec lui-même, qui ne ferait plaisir qu'aux séparatistes).

Enfin, accorder un statut constitutionnel à la "nation québécoise" poserait un problème à ceux, au Québec (y compris nés au Québec) qui ne se reconnaissent pas dans le nationalisme québécois. Un tel amendement à la Constitution officialiserait la dichotomie entre les "vrais Québécois", et les autres.

Tant que cette dichotomie n'existe que dans les discours des séparatistes il est possible de s'en accommoder, supporter l'injure et serrer les dents. Mais si la Constitution devait adopter un tel point de vue les choses deviendraient très différentes.

Il faut mettre un terme à ce long psychodrame qui ne sert que les intérêts des séparatistes.

Il faut signer la Constitution.

jeudi 1 octobre 2009

Ces accouplements qui menacent Montréal

Pierre Curzi, député péquiste (donc séparatiste) élu au parlement provincial à Québec, porte-parole de l'opposition officielle en matière de langue, s'inquiète beaucoup pour l'avenir de Montréal.

L'affaire est tellement grave que La Presse et Le Devoir publient aujourd'hui une fulgurante analyse du député. On peut la lire sur le site Internet du Devoir: Protégez le français, revenez sur votre île! (Montréal est située sur une île bordée par le Saint-Laurent au sud et la rivière des Prairies au nord.)

Que nous dit le député? "L'anglicisation de Montréal est un phénomène qui me préoccupe grandement."

Bon, certes, Pierre Curzi est du genre à se sentir menacé par la venue d'un chanteur anglophone (Paul McCartney) lors des festivités organisées pour les 400 ans de la ville de Québec... Mais tout de même, en tant que Montréalais francophone, je me sens concerné par son cri d'alarme. Oui, je suis tout disposé à m'inquiéter comme "près de 90 % des Québécois francophones [qui] estiment que la langue française est menacée à Montréal". C'est un sondage Léger-Marketing qui l'affirmait en juin 2009. Si des sondés à Joliette, Rimouski, Gaspé ou Chicoutimi "estiment" que la langue française "est menacée à Montréal", c'est que c'est vrai. Le fait que les séparatistes chantent cette rengaine depuis des années n'a probablement aucune influence sur l'opinion des sondés.

Mais diantre! Je vis depuis six ans à Montréal et je n'avais pas remarqué cette satanique vague anglobeurk. Pierre Curzi (plus exactement la source sur laquelle il se fonde) est formel: "Dans les faits, le poids démographique des individus de langue maternelle française recule sans cesse à Montréal depuis 40 ans. Il est passé de 61 % en 1971 à 50 % en 2006".

Aïe. Je commence déjà à me sentir un peu angoissé, même si le député oublie de préciser sa source.

Si on accepte les chiffres fournis par le député péquiste, pourquoi le nombre d'individus de langue maternelle française baisse-t-il à Montréal?

C'est tout bête: de plus en plus de francophones vont s'acheter un pavillon en banlieue. Les rats quittent le navire, tabarouette! Ils s'échappent par les ponts! Plutôt que vivre en vrais patriotes dans un 4 1/2 dont le loyer s'envole et faire barrage à la (prétendue) vague anglophone, ils préfèrent investir dans une bicoque dans des municipalités où il y a déjà 95% de vrais Québécois-de-souche! Quel gâchis...

Or un individu "de langue maternelle française" qui s'installe à Brossard ou Laval, c'est bien plus qu'un -1 dans les statistiques. Pierre Curzi a très bien vu le péril mortel qui menace notre ville: un Franco qui s'en va, c'est un Franco qui n'entre plus "en contact quotidiennement avec les allophones" (1).

Et que va faire un allophone ainsi privé du "contact quotidien" avec nos Tremblay, Gagné, Gagnon, Laliberté, Lafleur, Choquette et Paquette? Il va céder aux tentations du diab', asti! "Les allophones ont donc le choix et la possibilité de vivre dans les deux cultures. D'ailleurs, un allophone sur deux vit dans la culture anglophone à Montréal", nous dit le député.

On ne dira jamais assez le danger pernicieux que cachent "le choix" et "la possibilité". Heureusement Pierre Curzi et son parti sont là pour nous alerter sur la face cachée de ces diaboliques concepts.

Mais il y a pire encore que l'emprise anglobeurk sur l'esprit de nos concitoyens allophones. Les Anglos ne se contentent pas de profiter honteusement de la défection des Tremblay, Gagné, Gagnon, Laliberté, Lafleur, Choquette et Paquette pour leur bourrer le crâne avec Corner Gas et Little Mosque on the Prairie, oh que non!
[Le] risque de transfert linguistique intergénérationnel vers l'anglais [devient] exponentiel s'il y a union avec un ou une anglophone. Donc, moins il y a de francophones sur l'île de Montréal, plus les allophones vont fonder des familles avec des anglophones. Si l'on veut que les allophones s'intègrent majoritairement à la culture francophone, nous devons vivre avec eux et nous devons être nombreux à le faire!
C'est pas de l'analyse ça?

Après le choix et la possibilité de regarder des conneries en anglais plutôt qu'en français à la télé, voici donc un autre terrible danger: les étalons francophones étant hors de portée en banlieue (franchir un pont, tu penses, ça te casse la libido) la femelle allophone, poussée par d'impérieux instincts naturels, est désormais tentée de s'accoupler avec le premier Anglo qui passe. Les petits issus de cette union sont alors assimilés par l'ennemi. Damned!

Et voilà comment Montréal descend doucement dans sa tombe... Sérieusement, ça ne vous plonge pas dans des affres d'angoisse? Ça ne vous fait pas suer de peur? Moi si! D'ailleurs dès demain j'adhère au Parti Québécois et j'engrosse j'épouse une immigrante allophone. Un utérus de moins pour les Anglais, et toc.

Et elle est là, la solution! Les Tremblay, Gagné, Gagnon, Laliberté, Lafleur, Choquette et Paquette sont priés de rapatrier leurs gonades sur l'île, et fissa: "Il faut travailler au développement des politiques pour garder sur l'île de Montréal les francophones qui y habitent déjà et créer les conditions de retour vers Montréal pour les francophones souhaitant y demeurer".

J'ai hâte de voir les propositions que ne manquera pas de faire le député péquiste. Comment limiter "le choix" et "la possibilité" des habitants de l'île, bref, comment restreindre les libertés des Montréalais en matière de lieu d'habitation, de biens culturels voire de partenaires sexuels? Instaurer des taxes en fonction de la langue maternelle des habitants? Des péages sur les ponts? (Devront payer les francophones qui sortent de l'île et les anglophones qui veulent y entrer.)

Quel suspense!

* * *

Pour finir, la question que tout le monde se pose (surtout les Français et les Belges): ils sont payés pour pondre ce genre d'analyses, les députés québécois? La réponse est oui, et plutôt bien (sans oublier les petits à côté).


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(1) Le terme "allophone" désigne une personne dont la langue maternelle n'est ni le français ni l'anglais.

mercredi 9 septembre 2009

Commémoration non! Commémoration indépendantiste oui!

Plus tôt cette année les indépendantistes québécois "purs et durs" se sont agités pour mettre un terme aux projets de commémoration de la Bataille des Plaines de 1759 qui consacra la victoire des troupes du Britannique Wolfe face à celles du Français Montcalm.

Les méthodes utilisées étant caractéristiques des ultras (on lance des menaces à peine voilées tout en niant menacer qui que ce soit), je m'étais intéressé au sujet.

Les institutions officielles ont prudemment renoncé à tout projet de reconstitution et ont préféré laisser tomber l'idée de commémorer la fameuse bataille.

L'affaire aurait pu s'arrêter là. C'eut été trop simple.

Une autre commémoration a en effet été mise en place, mais celle-ci à saveur séparatiste et nationaliste: le Moulin à paroles. Et puisque cette manifestation est conforme au bréviaire souverainiste, ceux (comme Gilles Duceppe) qui hurlaient contre le président de la Commission des champs de bataille (André Juneau) et le convoquaient devant les députés à Ottawa pour qu'il "s'explique" n'ont aujourd'hui que des bonnes choses à dire sur le Moulin...

André Pratte (La Presse) résume fort bien tout cela dans sa chronique: Le moulin à propagande.
La controverse suscitée depuis plusieurs mois par la commémoration de la bataille de 1759 est une parfaite illustration de la manière dont s'y prennent les indépendantistes pour imposer leur interprétation de l'histoire du Québec.

Premier acte: les souverainistes ont obtenu, à la suite d'une virulente campagne, l'annulation de la reconstitution de la bataille prévue par la Commission des champs de bataille nationaux. La reconstitution ne plaisait pas à tous, évidemment, mais elle faisait partie d'un ensemble d'activités par lequel la Commission avait cherché à ménager les susceptibilités des différents courants d'opinion. Cette «victoire», les souverainistes la doivent surtout à leurs éléments radicaux, avec à leur tête Pierre Falardeau et Patrick Bourgeois, qui ont laissé planer la menace d'incidents regrettables si la reconstitution avait lieu.

Deuxième acte: les souverainistes ont mis sur pied leur propre spectacle de commémoration. Le problème ne venait donc pas de ce que la Commission cherchait à «commémorer une défaite», comme on l'avait dit alors; le problème, du point de vue des indépendantistes, c'était qu'ils ne contrôlaient pas l'événement. Une fois chassé le fédéral, les Plaines étaient libres pour une commémoration à saveur souverainiste.
Je recommande vivement la lecture complète de son analyse.

Update
Voir aussi la chronique de Lysiane Gagnon, Moulin à vent:
Les souverainistes ont tout à fait le droit de s'offrir une grand-messe aux frais de la Commission (fédérale) des Champs de bataille qui leur offre gracieusement le théâtre, mais ils devraient s'abstenir de prétendre servir l'Histoire. Si telle était leur intention, ils auraient inclus dans leur florilège au moins un ou deux textes fédéralistes issus de ce courant de pensée qui fait au moins autant partie de l'histoire que le délire felquiste, et qui représente toujours, ne leur en déplaise, l'opinion dominante au Québec.
Marc Cassivi, dans L'art n'a pas à rassembler, fait semblant de croire que le Moulin à paroles n'est pas autre chose qu'une manifestation purement artistique...

C'est sûrement pour ça que Le Moulin refusait encore dimanche dernier de dévoiler les noms de ses commanditaires. Mais on sait au moins que les députés séparatistes du Parti Québécois ont mis la main au porte-monnaie (celui des contribuables), par amour pour l'Art.
Le Moulin à paroles cache ses commanditaires. Ses organisateurs ne veulent pas dévoiler le nom des entreprises qui les financent (...) La codirectrice artistique de l'événement controversé, Brigitte Haentjens, n'a pas donné suite aux demandes d'entrevue de La Presse à ce sujet, dimanche.
(...)
Selon nos informations, le Fonds de solidarité de la FTQ donnera un coup de pouce financier à l'événement (...) Des députés du Parti québécois utiliseront leurs fonds discrétionnaires pour subventionner le spectacle, a indiqué le porte-parole du parti, Éric Gamache. Mais les montants se chiffrent en centaines de dollars, et non en milliers, précise-t-il.
. (La Presse)

La chef péquiste (Pauline Marois) a versé 500$ au Moulin à paroles. La majorité des députés ont donné 300$ chacun. (La Presse)
Voir aussi Le Devoir.

mercredi 26 août 2009

Le lobby de l'amiante se mobilise

Michael Ignatieff n'a pas raté sa rentrée politique.

Le chef du Parti libéral du Canada a récemment "affirmé que l'industrie [de l'amiante] chrysotile n'avait aucun avenir et que le Canada devait cesser [d'en] exporter pour le bien de la planète"

Cette déclaration a été accueillie par une levée de bouclier. Le maire de Thetford Mines (région productrice) a virilement juré que "Si l'industrie de l'amiante chrysotile n'a aucun avenir, M. Ignatieff n'a aucun avenir dans Mégantic-L'Érable". Le Syndicat des Métallos est également intervenu contre le chef libéral (La Tribune).

Deux patrons de l'industrie de l'amiante ont écrit une lettre au premier ministre québécois, Jean Charest, au chef de l'opposition officielle à Québec, Pauline Marois, ainsi qu'au chef du Bloc (parti d'éternelle opposition à Ottawa), Gilles Duceppe (La Tribune).

Tous ces braves gens, pour nous convaincre, devraient plutôt vivre dans des demeures tapissées de leur produit "sécuritaire". L'amiante, à pleins poumons. Ce serait plus convaincant que des paroles creuses et des lettres vertueusement indignées.


Update
Le Devoir du 27 août (extrait):
L'amiante existe sous de nombreuses formes. L'amphibole, ou «amiante bleu», est considéré beaucoup plus dangereux que l'amiante chrysotile, dit «blanc». Les fibres de ce dernier type d'amiante sont beaucoup moins longues et recourbées, rendant plus facile leur élimination par le corps humain.

Plus de 95 % de l'amiante chrysotile extrait au Canada est exporté, principalement à l'état brut. Il est ensuite ajouté au ciment pour fabriquer principalement des toitures, des plaques murales et des conduites d'eau. L'industrie soutient que ses produits finis sont extrêmement stables et sans risque pour la santé s'ils sont manipulés de manière sécuritaire. Le hic, c'est que rien ne garantit que ce soit le cas dans les pays en développement.

jeudi 25 juin 2009

Un homme de conviction

Réal Ménard, député bloquiste à Ottawa depuis les débuts du parti en 1993, a décidé de changer de boutique et de se lancer dans l'arène municipale à l'occasion des prochaines élections en novembre.

Il a d'abord envisagé de le faire dans l'équipe du maire de Montréal, Gérald Tremblay (La Presse).

Mais Louise Harel (ex-députée péquiste à Québec) a rejoint le champ de bataille municipal, et M. Ménard ira finalement dans son équipe à elle.

Rappelons que Louise Harel vise le poste de... Gérald Tremblay.

Bon appétit.

mardi 23 juin 2009

Saint-Jean morose au PQ

Deux élections partielles hier, deux résultats qui ne vont pas aider Pauline Marois et son staff à passer une belle Fête Nationaliste: le PLQ a emporté les deux sièges.

L'ADQ plonge, même dans le fief de leur ex-patron à Rivière-du-Loup, et QS confirme qu'il n'est pas capable de faire autre chose que de la figuration à l'extérieur de Montréal.

Comme l'écrit Le Devoir aujourd'hui: "(...) même avec le meilleur candidat imaginable [Paul Crête], le PQ a été incapable de l'emporter dans une circonscription exclusivement francophone, qui a voté oui à hauteur de 55 % en 1995, alors que le gouvernement Charest en est à son troisième mandat et doit gérer la pire crise économique depuis les années 1930. Bref, même avec les meilleures «conditions gagnantes», le PQ a été battu nettement".

L'écart entre le candidat péquiste et le candidat du PLQ est cruel : 36% contre 48%

Les électeurs n'ont visiblement pas été enthousiasmés par le Plan pour la Zizanie Perpétuelle de Madame Marois. Ah, le peuple est ingrat, et pas uniquement en Iran.

Finalement, cette Saint-Jean ne sera pas aussi banale que je le craignais. Tchin tchin!

jeudi 11 juin 2009

La franchise de Parizeau embarrasse le PQ

"Pour faire la souveraineté, il faut une crise" (...) "Il y a des crises qui apparaissent de temps à autre, mais ce n'est pas toujours au bon moment pour nous. En fait, il faudrait susciter la crise."

Ces propos de Jacques Parizeau, ancien premier ministre et ex-chef du Parti Québécois, ont occasionné maintes réactions.

Une fois de plus, comme en 1995 (cf. note 1), M. Parizeau a dit tout haut ce que ses compagnons de parti pensent tout bas et en est bien mal récompensé.

Il est risible de voir aujourd'hui ces braves gens tenter de minimiser ses propos, voire carrément de le faire passer pour un gaffeur ou un gâteux. Il ne gaffe pas, il dit ce qu'il pense.

On peut lire aujourd'hui dans Le Devoir des opinions aussi amicales que celle-ci: "Il ne semblait pas comprendre que la caractéristique d'une entrevue est d'être diffusée, même à distance. À moins de l'enfermer, il n'y a vraiment rien à faire", dans un article titré "Enfermez-le!" histoire de bien enfoncer le clou (Le Devoir)

Garnotte, de son côté, se fend d'une caricature suffisamment explicite: la travaillante Pauline Marois voit son ouvrage menacé par le scout balourd Parizeau.

Gilles Duceppe a apporté sa pierre à la lapidation de l'imprudent: "Gilles Duceppe, a souligné que les Québécois doivent «mener des combats en tout temps. Or, si cela provoque des crises, ce n'est pas un objectif, ça peut être une conséquence.» " (Le Devoir)

Ça peut être une conséquence... voilà une bien belle formulation.

Ces réactions sont hypocrites et injustes envers Jacques Parizeau. Les élections ont eu lieu début décembre. Le PLQ a obtenu une (courte) majorité de députés au parlement. Le gouvernement, sauf accident, est là pour encore quatre ans. Le PQ est incapable de mettre en place, maintenant, le "plan" dévoilé ces derniers jours par Pauline Marois.

Quel est donc l'objectif recherché, si ce n'est susciter la zizanie pour faire parler du Parti et entretenir leur image de seuls vrais Québécois? Quel est le but de ce plan si ce n'est provoquer quelques réactions négatives dans les autres provinces ou à Ottawa, un éditorial un peu critique dans le National Post fera l'affaire, pour pouvoir les monter en épingle et dénoncer les "méchants Anglos qui ne nous aiment pas"?

Le PQ se moque du monde: il fait des plans, mais ne les assume pas.

Update
Jean-François Lisée partage le point de vue de Parizeau (dont il était jadis le conseiller): "C'est comme pour la réunification de l'Allemagne. Aucun changement dans l'Histoire, quel qu'il soit, ne s'est fait en période de calme. Il y a toujours une crise nécessaire pour mettre crûment une population devant l'urgence d'un choix." (Le Devoir du 11 juin)

L'argument tape à côté de la plaque. Personne ne reprocherait au PQ de faire face à une crise. Mais la stratégie des séparatistes est bien différente: ils sont prêts à organiser une crise au niveau national tout simplement parce que ça les arrange.

Prenons l'exemple de l'Allemagne mentionnée par Lisée. Si les deux Allemagnes ont pu se réunir c'est tout d'abord parce que l'URSS s'est effondrée de l'intérieur et n'a plus été en mesure d'imposer sa loi à ses vassaux, dont l'Allemagne de l'Est. Helmut Kohl, chancelier (côté Ouest) à l'époque de la réunification, n'a jamais planifié la chute de l'URSS. Son gouvernement a mis la crise à profit, oui, mais ne l'a pas suscitée.

C'est toute la différence avec le nième plan des péquistes.

mardi 9 juin 2009

Le PQ ne sait plus quoi inventer pour nous diviser

C'est reparti.

Le Parti Québécois reparle de faire l'indépendance, non plus avec le peuple mais malgré le peuple.

Puisque les deux précédents référendums (1980 et 1995) n'ont pas donné le résultat escompté, Pauline Marois propose de faire la souveraineté par petits morceaux.

Les Québécois n'ont pas avalé la couleuvre en entier? Pas grave. On va la leur découper et faire avaler bouchée par bouchée (cf. La Presse, Le Devoir) :

"...le Parti québécois veut mobiliser les Québécois en ouvrant de nombreux fronts, en multipliant les revendications auprès du gouvernement fédéral. À défaut d'obtenir toute la souveraineté, un gouvernement péquiste commencera par la récupérer morceau par morceau, compétence par compétence" (La Presse)

Cette stratégie n'est pas une nouveauté. Depuis longtemps déjà les séparatistes s'efforcent d'effacer toute trace du Canada dans la province et de faire entrer dans la tête de leurs concitoyens qu'Ottawa est une capitale étrangère.

Entretenir la division, maintenir les plaies ouvertes à petits coups de scalpel, verser régulièrement un peu de sel là-dessus, dresser les Québécois contre les Québécois, voilà tout le programme. Du moment que le Parti fait la Une pendant quelques jours, quelle importance si la communauté se prend un autre coup? Si les vieilles rancoeurs se raniment? Quelle importance si on insulte une fois encore ceux qui se revendiquent Canadiens et non pas seulement Québécois? Quelle importance puisqu'ils ne sont pas "Nous" (1).

Mais n'en déplaise à Pauline Marois et sa troupe, il existe un autre "Nous". Un "Nous" qui regroupe les Acadiens, les hindous de Toronto, les francophones de Winnipeg ou du Yukon, les Métis du Manitoba, et même -eh oui- les Anglos de Westmount. Tous ces "étrangers" qui -parfois contre leur gré- ont fait et font le Canada. Un pays impossible? Peut-être. Un pays imparfait? Sans aucun doute! Mais un pays qui, contrairement à l'appareil politique péquiste, mérite de durer car il nous rassemble.


Update
Jacques Parizeau [cf. aussi note 1] a toujours bon pied bon oeil. Il apporte son franc soutien au Plan pour la Zizanie Perpétuelle (oups) pour la Souveraineté en Kit de Pauline Marois et le fait savoir (cf. Le Devoir du 10 juin) :
"Pour faire la souveraineté, il faut une crise"

Le PQ génère des crises lorsqu'il trouve l'ambiance trop calme, mais c'est pour notre bien. Ouf.

"Il y a des crises qui apparaissent de temps à autre, mais ce n'est pas toujours au bon moment pour nous. En fait, il faudrait susciter la crise. C'est évident qu'un référendum sur un sujet donné peut créer une crise."

Voilà qui a le mérite de la franchise: M. Parizeau trouve normal que le PQ, plutôt qu'ambitionner de gérer les crises comme tout parti de gouvernement digne de ce nom, plonge le pays dans des crises politiques pour son seul bénéfice. Après moi le déluge, comme disait l'autre.

Ils ont une amusante conception du bien public...


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(1) "Mes amis, c’est raté, mais pas de beaucoup. Non, non, non, et c’est réussi sur un plan. Si vous voulez, on va cesser de parler des francophones du Québec, voulez-vous? On va parler de nous : à 60 % on a voté pour [...] C’est vrai qu’on a été battu, au fond, par quoi? Par l’argent puis des votes ethniques, essentiellement" (Jacques Parizeau, premier ministre et chef du Parti Québécois, soirée du 30 octobre 1995)

samedi 6 juin 2009

Fédéraliste en France, antifédéraliste au Québec

Louise Beaudoin, députée péquiste (séparatiste) au parlement à Québec, a la double citoyenneté: canadienne et française depuis 2004.

À l'occasion des élections à l'Assemblée des Français de l'étranger qui ont lieu le 7 juin (les expats ne votent pas pour les élections européennes) elle a apporté son soutien à une liste de gauche.

Elle a déclaré à cette occasion: "C'est une gauche qui regroupe des écologistes, le Parti socialiste et le Parti communiste que l'on trouvait dans le gouvernement de Lionel Jospin. Des personnes peuvent être fédéralistes pour l'Europe sans l'être pour le Québec" (La Presse)

Comment une politicienne peut-elle être fédéraliste en France, mais antifédéraliste au Québec? Comment peut-elle appuyer l'approfondissement de l'Union Européenne, et le démantèlement du Canada?

Madame Beaudoin n'y voit aucune contradiction.

Moi non plus. La phobie anticanadienne est affaire de passion et de (res)sentiment, ses partisans n'ont pas à se plier aux contraintes de la logique et de la cohérence...

mardi 2 juin 2009

Faut-il prévoir des pannes d'urnes?

Michel Labrecque, président de la Société des Transports de Montréal, va se porter candidat à la mairie de l'arrondissement Plateau-Mont-Royal aux prochaines élections municipales.

Pour fêter la nouvelle, l'avenue du Mont-Royal a été mise "hors service, pour une période indéterminée.

Merci de votre attention."

jeudi 21 mai 2009

De quoi mourir de rire

Une enquête, une de plus, a révélé ces derniers jours le sort pénible des petits vieux que nous confions aux maisons de retraite. Maisons qui, bien souvent, ne sont rien d'autre que des mouroirs.

Régulièrement, tous les 4 ou 5 ans, une enquête vient nous rappeler que les vieux, du moins la majorité d'entre eux qui n'ont jamais été riches ou aisés, s'ennuient, sont mal nourris, manquent d'activités, manquent de soin, ou auraient besoin qu'on change leurs couches plus souvent.

Ensuite les choses se tassent rapidement, jusqu'à l'enquête ou la canicule suivante.

À chaque épisode toutefois, un responsable politique trouve le moyen de s'illustrer.

Cette semaine l'honneur revient à Marguerite Blais, notre ministre de la Famille et des Aînés, qui a annoncé une mesure propre à semer la joie et l'optimisme dans les foyers de retraités: le gouvernement du Québec va débourser près de 300.000$ sur quatre ans pour... envoyer des clowns dérider nos p'tits vieux!

Les retraités affectés par les pertes de la Caisse de dépôt et placement vont retrouver le sourire. Ta rente baisse? Pouet pouet!

Autre aspect grotesque dans ce triste tableau, l'opposition fait semblant de découvrir que les préposés qui s'occupent des vieux manquent de formation et exige du gouvernement qu'il corrige cette situation. Non seulement on pourrait leur demander ce qu'ils ont fait pendant les années où ils étaient au pouvoir, mais hormis ce menu détail qu'espèrent-ils? Étant donné le salaire offert à ces travailleurs (entre 10$ et 15$ de l'heure en début de "carrière"), il va être difficile d'attirer des gens bardés de diplômes. Faire des études, pour ensuite gagner 13$ de l'heure?

Plutôt devenir clown!

dimanche 1 mars 2009

La stratégie séparatiste résumée par André Pratte

Le récent édito d'André Pratte ne suscite qu'une réaction de ma part: bravo, bien dit, chaque phrase fait mouche. Un excellent résumé de la stratégie séparatiste:

Le nettoyage politique

Depuis quelque temps, les leaders indépendantistes multiplient les allusions à ce qu'ils appellent «l'autre nation». Suivant leurs dires, les Québécois seraient sous la coupe d'une nation étrangère dont les intérêts sont systématiquement différents des nôtres.

La tactique est habile. Il s'agit de décrire le Canada et le gouvernement fédéral comme quelque chose d'extérieur et d'hostile au Québec. Les interventions, la présence même du gouvernement du Canada au Québec seraient par conséquent non seulement néfastes, mais illégitimes.

(...)


La suite sur le site du journal.

samedi 21 février 2009

Le PQ fait un peu de ménage

L'Affaire de la Bataille des Plaines d'Abraham (voir ici et pour les précédents épisodes) a eu une conséquence qui mérite attention: embarrassé par les agités de son aile extrémiste, le Parti Québécois a décidé de couper les ponts avec eux.

En cause: les menaces lancées contre les organisateurs des commémorations prévues pour le 250e anniversaire de la bataille (en grande partie annulées).

J'ai rarement l'occasion d'applaudir une décision prise par un parti séparatiste, alors quand elle se présente je ne vais pas m'en priver. Espérons que cette décision soit définitive.

A lire: Le PQ rompt les liens avec l'aile radicale souverainiste (La Presse).


Update
Bien évidemment les militants "radicaux" au sein du PQ ne l'entendent pas de cette oreille et s'organisent: Une décision de Marois soulève la grogne de militants (La Presse).

mardi 17 février 2009

Une bataille? Quelle bataille?

Les menaces envers les organisateurs et les promesses de manifestations ont fait plier la Commission des champs de bataille nationaux.

La bataille des Plaines d'Abraham sera commémorée très discrètement, en l'absence de personnalités majeures (ni Stephen Harper ni Jean Charest ne seront présents, et je doute fort que la Gouverneure Générale prenne le risque de se montrer à cette occasion):

"En point de presse cet avant midi, le président André Jumeau [Juneau, nda] a expliqué que les «choses sont allées trop loin». «Il n'a jamais été de nos intentions de faire des événements un prétexte à une fête».Il n'y aura donc pas de reconstitution de la bataille ni de bal masqué, deux événements qui avaient soulevé des critiques acerbes dans les milieux nationalistes.
Le site internet de la Commission tiendra compte de la bataille de septembre 1759 et il y aura des fouilles archéologiques. La Commission fera une exposition sur «l'État de siège» à Québec. Il y aura aussi un colloque sur la guerre de Sept Ans
." (La Presse)


"Quebec sovereigntists promised to protest outside the re-enactment and there had been threats against organizers." (Toronto Star)


Circulez bonnes gens, il ne s'est rien passé le 13 septembre 1759.

Sans vouloir jouer au maudit Français donneur de leçons [ironie!] il faudrait peut-être regarder comment les Européens gèrent leurs vieilles histoires. [plus proche et encore plus pertinent, il suffirait d'observer la manière dont les Américains gèrent les commémorations de la Guerre de Sécession]

Il y a ici, très clairement, un détournement politique de l'Histoire; cette affaire est une occasion pour le camp séparatiste -et notamment les plus intégristes et intolérants parmi eux- de montrer ses muscles et d'intimider ceux qui ne sont pas dans la ligne.

Ne descendant ni de Wolfe ni de Montcalm, je me fiche pas mal de cette bataille. Ce dont je ne me fiche pas, ce sont les menaces envers les organisateurs et la litanie haineuse anti-"Anglo" qu'à toute occasion l'on nous assène.


Update
Cette mini-tragédie grecque étant -hélas- typique de l'ambiance politique locale, voici quelques textes et analyses dignes d'intérêt:
Déroute sur les Plaines, Vincent Marissal, La Presse 18/02
No hero in the 2009 battle for Quebec, Chantal Hébert, Toronto Star 18/02 (voir aussi le blog de Chantal sur le sujet)
Capitulation sur les Plaines, André Pratte, La Presse 13/02
Les opposants à la commémoration montent leur site Internet, Le Devoir 9/02
Retour sur les Plaines, André Pratte, La Presse 3/02 ainsi que La bataille des Plaines du 25/01

Comme un militant "anticommémoration" le précisait au journal télévisé de Radio-Canada mardi, l'annulation de la reconstitution en costumes et du bal sont une étape: l'objectif est que le fédéral se retire entièrement de tout projet commémoratif.
Deux référendums perdus plus tard, les séparatistes s'efforcent -avec succès- de faire disparaître du paysage québécois tout ce qui rappelle l'existence du Canada et du gouvernement fédéral. On ne peut pas dire que beaucoup de citoyens s'opposent à ces manoeuvres.

vendredi 6 février 2009

Une analyse de Chantal Hébert sur le poids des souverainistes

(...) Le mois dernier, en écoutant Michael Ignatieff parler à des étudiants de HEC Montréal de l’importance stratégique des sables bitumineux de l’Alberta dans le rapport de force canado-américain, je me suis demandé quelle était la dernière fois où le chef d’un grand parti fédéral avait parlé du reste du Canada au Québec. Je cherche encore la réponse.

Au Québec, ce sont surtout les souverainistes qui parlent du Canada, et pas nécessairement souvent ni en bien. À l’époque du référendum, Lucien Bouchard faisait ses choux gras de la menace d’un vent de droite en provenance de l’Ontario conservateur. Depuis qu’un premier ministre plus gauchisant que Jean Charest s’est installé à Queen’s Park (1) et que Stephen Harper a pris le pouvoir, l’Alberta a remplacé l’Ontario dans l’imaginaire souverainiste.

Si le mouvement souverainiste fournit de plus en plus les questions et les réponses dans le débat Canada-Québec, c’est parce que les fédéralistes qui se sont évertués à convaincre les Québécois de demeurer canadiens, au moment du référendum, lui laissent toute la place. Depuis 1995, les vainqueurs se comportent comme des perdants. (...)

L'article complet sur le blog de Chantal Hébert.

Pour des exemples de discours anticanadiens voir ici ou .

Chantal Hébert se cantonne ici au rôle des politiciens. Si on ajoute les artistes et autres "faiseurs d'opinion" (cinéastes, acteurs, chanteurs, auteurs, humoristes...) on aboutit à une situation où le discours procanadien est réduit à peu de choses: quelques éditorialistes, les politiciens des partis fédéralistes, et c'est à peu près tout.
Au Québec, le discours procanadien est essentiellement un silence.

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(1) siège du parlement ontarien; le premier ministre en question est Dalton McGuinty.

jeudi 5 février 2009

Nicolas Sarkozy bientôt devant la CPI?

Le premier ministre du Québec, Jean Charest, est allé rendre visite aux Parisiens.

Nicolas Sarkozy l'a cordialement reçu à l'Élysée. À cette occasion il a fait savoir sa préférence pour un Canada uni.

Il avait déjà tenu des propos dans ce sens à Québec (lors du sommet de la Francophonie en 2008), propos qui avaient irrité les séparatistes.

Mais le discours de Paris était plus direct, plus percutant. Le président français a parlé de "sectarisme", d'"enfermement sur soi-même", etc.

Ça n'a pas plu. Oh que non. Les séparatistes aiment bien aller s'assurer des bonnes grâces de la France, comme Jacques Parizeau lorsqu'il était allé rendre visite à Jacques Chirac peu de temps avant le référendum de 1995 (la relation d'amour/haine qu'entretiennent les nationalistes québécois avec la France est très intéressante à observer). Ils ont toujours un tendre souvenir de De Gaulle, qui avait clamé "Vive le Québec libre!" depuis le balcon de la mairie à Montréal en 1967.

C'est cette relation faite de dépendance, de besoin de reconnaissance, mais aussi de rancoeur alimentée par un persistant sentiment d'infériorité, qui explique l'importance de l'opinion de Nicolas Sarkozy sur ce que doit être, ou pas, le Québec.

Jusque là, les réactions hostiles au discours de N. Sarkozy étaient tout à fait prévisibles. Mais les chefs séparatistes ont pris une décision qui vient de nous faire passer de la farce politique au psychodrame: ils ont décidé d'envoyer une plainte officielle à la France!

Ils sont en colère et ça se voit: Pauline Marois, chef du Parti Québécois, à gauche - Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois, à droite (Photo: Alain Roberge, La Presse)
Ils sont en colère et ça se voit: Pauline Marois, chef du Parti Québécois, à gauche - Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois, à droite (Photo: Alain Roberge, La Presse)

Pour la première fois de leur histoire, le Parti québécois et le Bloc québécois ont adressé une plainte officielle à un chef d'État, en l'occurrence le président français Nicolas Sarkozy qui a accusé le mouvement souverainiste de «sectarisme». (La Presse)

Le clou des rencontres franco-québécoises à Paris s'est toutefois avéré être l'intervention d'un député français, Pierre Lasbordes, qui a voulu frimer devant Jean Charest et son entourage. Il a ainsi lancé à un auditoire abasourdi : "J'espère que vous n'avez pas trop la plotte à terre, comme on le dit au Québec". Il croyait s'inquiéter de l'état de fatigue du premier ministre, mais sa phrase sonne de manière très désagréable à une oreille québécoise ("la plotte", au Québec, désigne ce qu'en France on nomme vulgairement "la chatte"...). Habituellement ce niveau de langage est réservé aux "3e mi-temps" des rencontres internationales, et non pas aux réceptions officielles.

Bref, depuis hier je me suis fait plusieurs fois demander si j'avais "la plotte à terre" par des Québécois hilares...

Franchement, monsieur Lasbordes! Je ne sais pas ce qui me retient de vous envoyer une plainte de quatre pages.

Update
Parmi les millions de réactions, éditos, chroniques radio et télé suscités par le discours de Nicolas Sarkozy, celle-ci, de Gil Courtemanche dans Le Devoir [mes remarques entre crochets]:
Ouragan médiatique. Sarkozy parle de sectarisme à propos des indépendantistes. Il ne respecte pas la règle de la non-indifférence. Bon, Sarkozy ne connaît pas le Québec, ni le mouvement souverainiste. C'est vrai. [Est-ce que De Gaulle connaissait mieux le Québec? J'en doute fort! Cette accusation est purement formelle: dès que quelqu'un -y compris un Québécois de naissance- s'oppose au séparatisme, il se fait volontiers accuser de ne pas connaître le Québec, le Québec authentique] Mais comme on dirait en France, les Québécois moyens s'en «branlent». Les médias locaux en font des manchettes depuis une semaine. Bêtise. [Pourquoi donc y ajouter la vôtre, de manchette?] On se fout de Sarkozy. [Ah bon? Vu la quantité et l'intensité des réactions je crois qu'on peut affirmer le contraire] La position du président de la France n'influencera jamais notre choix. Plus fondamentalement, cela relève de notre volonté médiatique d'être reconnus comme si nous ne nous suffisions pas à nous-mêmes et que nous avions besoin de la reconnaissance des autres pour exister. [C'est précisément ce que révèle, une fois de plus, cette affaire. C'est pourquoi Marois et Duceppe font référence à De Gaulle dans leur lettre de plainte, c'est pourquoi Parizeau était allé chercher le soutien de Chirac en 1995, etc.] Nous savons qu'Isabelle Boulay est une fantastique interprète, que Céline Dion est célèbre mondialement. Avons-nous besoin d'être informés du jugement des autres pour continuer à les aimer? Si oui, il y a un problème.
Je confirme. Il y a un problème.