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mercredi 13 mai 2009

Cachez cet intégrisme que George ne saurait voir

Vu sur Z-Word Blog, une interview hilarante que nous devons à George Galloway, qui bosse sur la télé iranienne de langue anglaise Press TV (et, accessoirement, comme député au parlement britannique).

Le courageux interviewé est David Henshaw, producteur de Undercover Mosque The Return, diffusé sur Channel 4.



Le reportage Undercover Mosque consiste en une visite incognito ("undercover") et avec caméra cachée, de quelques institutions islamiques londoniennes dans lesquelles sévit une vision rigoriste de l'islam, tendance wahhabisme.

Mais George Galloway ne s'intéresse que très peu au contenu du reportage (dans le court extrait qu'il diffuse au début on peut entendre une femme déclarer qu'un apostat doit être tué, etc.) et engage immédiatement Henshaw sur l'Ancien Testament, dont plusieurs passages ordonnent la mise à mort de plusieurs catégories d'impies, dont les homosexuels.

Durant les 7 minutes de l'interview on peut donc voir un Galloway qui ne veut entendre parler que de Bible et d'intégrisme chrétien ou juif, et du producteur de l'émission qui lui demande, à au moins neuf reprises: "Quand avez-vous entendu un pasteur recommander la lapidation des apostats ou des homosexuels?" et déclare qu'il est tout à fait prêt à enquêter dans les églises ou synagogues britanniques qui diffuseraient ce genre d'enseignement.

Galloway tient un discours classique dans certains milieux "de gauche": parler -ou enquêter- sur les dérives islamistes en Grande-Bretagne est considéré comme de l'islamophobie. Il accuse clairement Henshaw d'avoir "un problème avec l'Islam" et de refuser d'enquêter sur les "juifs sionistes" et les chrétiens.

Ce qui lui vaut un autre "Mais quand avez-vous entendu un pasteur promouvoir la lapidation des homosexuels?" d'un Henshaw visiblement partagé entre la surprise, l'indignation, et l'hilarité devant tant de mauvaise foi et de malhonnêteté.

vendredi 3 avril 2009

Soutenir le Hamas sans soutenir le Hamas

Le toujours sympathique George Galloway a menacé de porter plainte (1) contre le chef du Congrès juif canadien (CJC) Bernie Farber et contre CTV (chaîne de télévision anglophone) à cause d'une interview portant paraît-il atteinte à sa réputation. Bernie Farber aurait dit des choses politiquement incorrectes contre le nouveau martyre de la liberté d'expression, déclarant par exemple à propos de la décision du juge Martineau: "This was absolutely the right decision as the judge understood that Canada cannot become a piggy bank for international terrorist financiers" (CJC).

Galloway n'aime pas qu'on le décrive comme un ami des terroristes du Hamas, qu'il affirme n'avoir jamais soutenu (La Presse). Il dit préférer le Fatah. Le malin député évite toutefois de préciser de quel Fatah il parle: celui d'Arafat dans les années 60-70-80, ou bien celui d'Abbas en 2009?

J'envisage pour ma part la solution suivante: Galloway a un sosie qui a publiquement clamé son admiration pour le Hamas et a refilé de l'argent en liquide à son chef à Gaza, Ismail Haniyeh, affirmant même que ce dernier "est notre premier ministre". C'est contre ce sosie que Galloway devrait porter plainte. C'est ce comédien grimé et maquillé pour lui ressembler qui a porté atteinte à la réputation du député britannique "controversé" (2) en le faisant passer pour ce qu'il dit ne pas être.

En attendant, bon vent, monsieur Galloway, bon retour chez vous.


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(1) vendredi 3 avril, la plainte se concrétise, cf. CJC qui reprend un article du National Post.

(2) presque tous les articles de presse utilisent cet adjectif pour décrire Galloway. So politically correct.

lundi 30 mars 2009

Entrera? Entrera pas?

C'est aujourd'hui que George Galloway, financier occasionnel et ami du Hamas, va se présenter à la frontière canadienne.

Le juge fédéral Luc Martineau va décider dans la journée s'il invalide ou pas la décision de l'administration. Les avocats de Galloway demandent une décision avant 14h, afin que Galloway ait le temps d'arriver à la réunion "anti-guerre" (comprendre pro-jihadiste) prévue à Toronto ce soir (Toronto Star).

À suivre...

Entrera pas
Le juge a conclu que l'administration n'avait pas commis d'abus en décidant d'interdire à George Galloway de franchir la frontière, et qu'il n'était pas dans son rôle de remettre en cause cette décision. Il n'a pas jugé sur le fonds (pas le temps: c'était une procédure d'urgence pour décider si Galloway pourrait entrer au Canada aujourd'hui) et il n'est pas exclu que l'ami du Hamas et des Talibans entame une procédure judiciaire.

Dans l'immédiat, le député britannique "controversé" pourra parler à ses fans canadiens mais par liaison vidéo, sans doute depuis New-York. Si vous êtes intéressé à aller voir le martyr de la liberté d'expression du Hamas, ça vous coûtera 20$ à Montréal (l'absence physique du grand homme poussera peut-être les prix à la baisse?)

La presse en parle: Globe and Mail. Le Toronto Star raconte que le "rugissant" Galloway a attiré 600 adeptes dans une église (!) à Toronto (la Toronto's Metropolitan United Church).

En français, Isabelle Hachey (La Presse) rappelle 2-3 détails intéressants sur "Gorgeous George": "En 2005, un comité du Sénat américain l'a accusé d'avoir détourné d'importantes sommes d'argent du programme Pétrole contre nourriture, mis sur pied par les Nations unies alors que sévissait un embargo contre l'Irak. L'organisme de charité qu'il dirigeait à l'époque a reçu plus de 400 000$ après que son partenaire d'affaires, le Jordanien Fawaz Zureikat, eut versé des pots-de-vin au régime de Saddam Hussein en échange d'un gros contrat pétrolier. À l'époque, M. Galloway militait activement pour la levée des sanctions en Irak".

Et aussi "Ironiquement, celui qui se dit aujourd'hui victime de censure a mené en 2004 une campagne pour interdire de séjour en Grande-Bretagne le leader du Front national, Jean-Marie Le Pen".

Galloway goûte à sa propre médecine. Il semble ne pas apprécier.

vendredi 27 mars 2009

Galloway: le Bloc et le NPD à la rescousse

Ce n'est pas une grande surprise: le Bloc Québécois et le Nouveau Parti Démocratique ont pris fait et cause pour Galloway.

Le soutien politique et le financement apportés à un mouvement terroriste antisémite, antigay, antiféministe, devient ainsi dans la bouche des députés du Bloc et du NPD une affaire de "liberté de parole et d'opinion", et interdire à Galloway d'entrer au Canada est la marque d'"une idéologie bornée, réactionnaire, dépassée".

J'ignorais que George Orwell avait autant d'imitateurs parmi nos élus. Je crains toutefois que certains députés de l'opposition n'aient pas bien saisi l'intention de l'auteur de 1984: il ne s'agissait pas du tout de valoriser la novlangue et l'inversion des valeurs! C'était plutôt l'inverse, les gars.

Olivia Chow, NPD, prétend de son côté que la décision de l'administration canadienne crée un "dangereux précédent". Dangereux pour qui? Les réseaux tissés par les amis du Hezbollah et du Hamas?

Quand on écoute Galloway à Gaza ou quand on entend ses appels à abolir Israël, puis quand on lit les discours de ses défenseurs (atteinte à la liberté d'expression! abus de pouvoir!) on réalise que le politiquement correct, c'est comme le sel: un peu, ça rend la vie plus belle, trop ça donne la nausée et ça rend malade. On en est là. Overdose.

Le ministre, Jason Kenney, ne renversera pas la décision de l'administration. Son porte-parole a toutefois déclaré : "Si M. Galloway décide de se présenter tout de même à la frontière, c'est le douanier qui devra trancher, à la lumière de la décision préliminaire et des nouvelles preuves ou informations que lui soumettra le député britannique. Le ministre Kenney se pliera à la décision de l'agent à la frontière" (La Presse).

Ça ressemble beaucoup à un drapeau blanc agité sous la mitraille de la critique... le ministère serait-il en train de préparer un repli stratégique?

Si tel était le cas, l'affaire se révélerait un échec, un camouflet pour le Canada: cela reviendrait à permettre à Galloway et ses sympathisants "antisionistes" de se faire une pub d'enfer pendant plusieurs jours, pour finalement le laisser entrer au pays et faire son tour de piste sous les projecteurs.

Nos États de droit ont toujours eu un problème avec les extrémistes: leur barrer la route contrevient à nos principes de libre expression, de libre circulation, de libre association. Les laisser faire nuit tôt ou tard à la paix et à la démocratie.

mercredi 25 mars 2009

Galloway à New York - ses fans Canadiens s'organisent

Le vibrionnant -et unique- député de Respect au Parlement britannique est arrivé à New York où il a été ovationné par une foule en délire... d'une centaine de personnes.

Dans son discours, celui que certains ont l'audace de décrire comme un militant "anti-guerre" a réclamé, une fois de plus, l'éradication d'Israël (Toronto Star) : il rêve d'une Palestine unie, du Jourdain à la mer, où tous pourraient enfin vivre libres et heureux.

Libres et heureux? Comme les 900.000 Juifs chassés des pays arabes entre 1947 et la fin des années 60? (voir par exemple Justice for Jews from Arab Countries, qui possède aussi quelques pages en français)

Comme le dit clairement la Charte du Hamas: "Sous la bannière de l'islam, les fidèles des trois religions, l'islam, le christianisme et le judaïsme, peuvent coexister pacifiquement. Mais cette paix n'est possible que sous la bannière de l'islam".

Je sais, Galloway sait [cf. plus bas], tout le monde sait quel serait le sort des Juifs israéliens (sans oublier celui de pas mal de Druzes ou d'Arabes chrétiens) si le fantasme de "l'État unique" voyait le jour.

C'est une des raisons pour lesquelles ce projet politique rêvé par certains est grotesque, inhumain, irresponsable. Même Uri Avnery n'en veut pas, c'est dire...

Mais pour des braves gens comme Galloway, ou pour les "antisionistes" qui le défendent au Québec, un tel scénario est souhaitable. Un petit coup de rhétorique angélique en guise d'alibi (liberté pour tous, égalité...) et les voilà parés de l'auréole de l'humaniste.

* * *

Pendant que Galloway partait conquérir les USA, il se passait des choses intéressantes chez lui, en Grande-Bretagne: la Charity Commission a en effet annoncé que, lassée d'attendre des réponses à ses demandes, elle lançait une enquête sur la récente campagne de dons pour le Hamas pour Gaza. La campagne Viva Palestina proclame en effet avoir réuni plus d'un million de livres dans le but d'organiser un convoi routier vers Gaza; une fois sur place, tout a été généreusement donné à des organismes de charité ou au Hamas, y compris argent liquide et véhicules (voir par exemple ici: "we have brought with us many vehicles, much equipment, much medicine, everything we could carry, and we will hand it to Ismail Haniyeh, the elected prime minister of Palestine").

George Galloway est un habitué de ce genre d'enquêtes, apparemment.

* * *

Memri propose un patchwork vidéo de différentes déclarations du député du Respect durant son séjour dans la bande de Gaza. Ces déclarations, faites en anglais, ont l'avantage de la clarté. Extraits:


  • "Demain à 10h, inch allah, nous donnerons nos véhicules, notre argent, à Ismail Haniyeh, premier ministre élu de Palestine"

  • Galloway relate une rencontre avec un vieux, dans la rue, qui lui aurait dit "avec des amis comme vous, nous pouvons rêver qu'un jour nous pourrons retourner dans notre pays, nous pourrons les chasser", et Galloway proclame devant un auditoire ravi: "croyez-moi, vous retournerez dans votre pays, la Palestine sera libre!"

  • "nombre de mes amis [du convoi Viva Palestine] doivent donner cet argent à des organismes caritatifs; nous avons amené beaucoup d'argent (...) et nous devons le donner, certains de mes amis doivent le donner à des organismes de charité (...) mais moi, maintenant, ici, en mon nom, celui de ma soeur (...) et de deux élus du Respect [le parti de Galloway], je donne 3 véhicules et 25.000 livres, en liquide, au premier ministre Ismail Haniyeh"

  • "voici l'argent; ce n'est pas de la charité, c'est politique (...) si je le pouvais je donnerais dix fois, cent fois plus"
N'est-il pas scandaleux d'interdire à un tel ami de la paix d'entrer au Canada?

Comment ose-t-on reprocher à un honnête homme d'avoir des amis?

George Galloway se tient aux côtés d'Ismail Haniyeh, qui lui remet un passeport palestinien
(Sources photos Engage et Harry's Place)

samedi 21 mars 2009

Galloway persona non grata

Le très sympathique député britannique George Galloway n'est plus le bienvenu au Canada.

Il devait prendre la parole à Toronto la semaine prochaine, mais l'administration canadienne a fait savoir qu'il ne serait pas autorisé à entrer au pays.

Le ministère de la Citoyenneté et de l'Immigration a justifié la décision en rappelant que George Galloway "avait exprimé sa sympathie pour la cause des talibans en Afghanistan" et qu'il "avait fourni de l'aide financière au Hamas, considéré par le Canada comme une organisation terroriste" (La Presse Canadienne).

Le ministre, Jason Kenney, a également indiqué que l'ami britannique du Hamas "avait appelé à un coup d'Etat en Egypte et au renversement du gouvernement en même temps qu'il fournissait de l'aide et des ressources au Hamas, qui est banni à titre d'organisation terroriste illégale (...) je crois que les individus qui soutiennent, aident et font la promotion d'organisations terroristes n'ont pas besoin de visiter le Canada".

Plus d'informations sur Galloway privé de Canada (ou l'inverse) à lire sur Z-Word Blog.

Haaretz rend également compte de la décision du gouvernement canadien. Détail: Haaretz (de même que le Toronto Star) qualifie Galloway de "anti-war member of parliament"; je ne suis pas d'accord du tout: le député britannique n'est pas "anti-guerre", il est pro-taliban dans un cas, pro-hamas dans l'autre. Ici comme là il est favorable à un camp plutôt qu'à l'autre, ce n'est pas vraiment être "anti-guerre".

Le député qui fait ami-ami avec les islamistes (à Gaza comme au Royaume-Uni, voir par exemple ceci) a promis de contester devant les tribunaux canadiens la décision "idiote" de l'administration.

Michael Ignatieff, chef de l'opposition officielle, "a quant à lui affirmé qu'à vue de nez, la décision ne semblait pas justifiée mais que peut-être que les responsables de la sécurité savaient quelque chose dont il n'était pas au courant" (La Presse Canadienne).

Je comprends la prudence du chef du PLC. N'étant pas soumis aux mêmes contraintes et devoirs, j'applaudis la décision prise, mais silencieusement et en boudant un peu (1).


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(1) c'est toujours agaçant lorsqu'un gouvernement que vous ne soutenez pas prend une bonne décision (un gvt conservateur, juste ciel! Stockwell Day est dans le lot!)

lundi 16 mars 2009

Le mensonge est-il révolutionnaire?

Respect, un parti britannique d'extrême-gauche, compte un député depuis 2005: George Galloway.

Ce courageux militant a participé à un convoi "d'aide humanitaire" destiné au Hamas qui a fait tout le trajet depuis Londres jusqu'à Gaza, en passant par l'Afrique du Nord.

Voici ce qu'il dit des attaques israéliennes contre le Hamas en décembre-janvier:

"Je suis venu en Palestine plusieurs fois mais il s'agit de la visite la plus chargée d'émotion après 22 jours d'une agression génocidaire contre le peuple palestinien" (Le Figaro)

Et ce qu'il dit du Soudan/Darfour:

"There are two groups of people in the region - pastoralists and nomads - who have intermingled and lived in peace for centuries, the tranquillity broken when the society has been put under strain through famine and the like. What's happening today is a continuation of that pattern. It is not a genocide." (Morning Star Online)

Le Darfour, vu cette fois par le l'Agence des Nations Unies pour les Réfugiés:

"Conflict in Darfur continued despite the 2006 Darfur Peace Agreement (DPA) (...) Civilians in Darfur continued to suffer from the effects of genocide (...) According to the UN, nearly 2.7 million civilians have been internally displaced, and approximately 250,000 refugees have fled to neighboring Chad since the conflict in Darfur began in 2003. During the year approximately 315,000 civilians were displaced within Darfur and to Chad. Estimates on the number of deaths vary. In 2006 the UN estimated that 200,000 persons had died as a result of the conflict." (UNCHR)

En résumé:

  1. plusieurs milliers de roquettes et obus de mortiers lancés sur des villes et des kibboutzims, depuis Gaza, pendant plus de quatre ans : vive la résistance!

  2. 1.300 morts (selon des sources palestiniennes...) : agression génocidaire!

  3. 200.000 morts : une vulgaire querelle entre nomades et sédentaires...

Pourquoi de telles divergences? Mettons en évidence les différences entre ces trois situations:
Point 1: les Israéliens sont la cible - pas de réactions sauf pour acclamer la "résistance";
Point 2: les soldats Israéliens attaquent le Hamas à Gaza (génocide);
Point 3: pas le moindre Israélien en vue (ce n'est pas un génocide).

Je comprends mieux pourquoi Ken Loach aime ce Respect (il a été membre de leur comité national).