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mercredi 16 juin 2010

Début de l'occupation ? 1948

La députée NPD (une sorte de "PS/Verts" canadien) Libby Davies, lors d'une manif anti-israélienne à Vancouver, a aimablement répondu à quelques questions.
"When do you believe the occupation in Israel has started? 48 or 67?"
Air égaré de la députée, puis:
"Er, 48. I mean it's the longest occupation in the world but I'm not gonna argue numbers, it's too long."

"Quand a commencé l'occupation en Israël, selon vous: 1948 ou 1967?"
"Euh... 48. Je veux dire, c'est la plus longue occupation dans le monde, mais je ne vais pas discuter chiffres, c'est trop long..."
Et ça vient d'une députée qui dit elle-même être allée deux fois à Gaza et dans la West Bank (en français la Cisjordanie, nom hérité de la période jordanienne dont parlent rarement les "propalestiniens"). A priori Ms Davies devrait donc un peu connaître la situation.

Sur son site, Libby Davies s'excuse pour ce qu'elle présente comme une erreur grave, mais commise de bonne foi: "My reference to the year 1948 as the beginning of the Israeli occupation of Palestinian territory was a serious and completely inadvertent error; I apologize for this and regret any confusion it has caused".

Bob Rae, du parti Libéral du Canada, a des doutes: "C'est une position qui est plus ‘qu’inacceptable’. Un tel discours n’est pas simplement une ‘confusion’ ni une ‘maladresse’, comme Mme Davies le suggère" (site du PLC).

Le chef du NPD Jack Layton a fait valoir que sa députée s'était excusée et il a rappelé que le NPD ne soutient pas la campagne de boycott anti-israélienne (Davies y est plutôt favorable, mais à titre personnel).

Pour ma part je suis tenté de croire les excuses de Ms Davies, car la question lui a été posée lors d'une manifestation, l'environnement était bruyant, personne ne l'avait prévenue qu'il y aurait une interro, elle n'a donc pas eu le temps de réviser ou préparer des antisèches, mettez-vous à sa place.
D'un autre côté l'interviewer lui a beaucoup facilité le travail: "1948 ou 1967?" Il lui pose la question et lui donne la réponse dans la foulée, et elle trouve quand même le moyen de se tromper?

Qu'il s'agisse d'un lapsus révélateur ou d'une bourde pure et simple, je ne partage pas les demandes de démission (ou d'expulsion du parti) qui visent aujourd'hui Ms Davies. Une première raison c'est qu'un travail de député ne se juge pas sur un seul bref échange. Après tout, lorsqu'elle ne dit pas des bêtises sur l'État israélien et n'exige pas "le démantèlement de toutes les implantations", "le démantèlement du Mur" et "la levée du siège de Gaza", elle fait peut-être du bon travail? Réélue à Vancouver depuis 1997, elle ne peut pas être totalement incompétente.
Une deuxième raison c'est que l'éviction de Ms Davies en ferait une shahida une martyre de la cause anti-"sioniste", or cette mouvance est déjà bien assez excitée comme ça.

Je conseille par contre à Ms Davies de varier ses sources d'information... ça lui permettrait à l'avenir de ne plus confondre la fondation de l'État d'Israël et la guerre des Six-Jours.

Accessoirement, ça lui permettrait de découvrir la période 1948-1967, et ce que les Arabes palestiniens et leurs "alliés" ont fait, ou n'ont pas fait, durant cette période où il n'y avait pas le moindre "occupant" dans ces fameux territoires.
Eh non, ils n'en ont pas profité pour bâtir un pays et proclamer un État... ça ne vous étonne pas un peu, Madame la députée?

mardi 15 septembre 2009

Sans commentaire... ou presque

C'est étrange, mais les députés du NPD sont brusquement moins soucieux de blablater des heures avec les journalistes ces temps-ci...

Extrait du blog de Chantal Hébert:
Pour les députés de Jack Layton, qui viennent de passer presque quatre ans à voter contre le gouvernement conservateur de Stephen Harper sur toutes les questions importantes dont ont été saisis deux Parlements successifs, il y a manifestement une marge entre la logique d’appuyer les conservateurs pour retarder des élections et la réalité de devoir s’exécuter.

Aujourd’hui, à la période des questions, les députés néo-démocrates ont brillé par leur discrétion. Par la suite, plusieurs ont quitté les Communes en coup de vent . Peu d’entre eux semblaient d’humeur aux retrouvailles avec la presse parlementaire après un été d’absence réciproque.

(...)

Après avoir lu une brève déclaration devant les micros et les caméras, Jack Layton a refusé de répondre à une seule question des journalistes, une première à Ottawa depuis son arrivée à la direction de son parti.
En janvier Jack Layton voulait faire tomber le gouvernement conservateur, mais il avait alors dans la poche l'accord de coalition signé avec le PLC de l'ancien chef Stéphane Dion, soutenu par le Bloc de Gilles Duceppe.

La coalition étant tombée aux oubliettes il y a huit mois, Jack Layton ne gagnerait que des dépenses inutiles pour son parti si le gouvernement Harper devait tomber... il ne gagnerait en tout cas aucun poste ministériel.

Quant à Gilles Duceppe, qui vilipendait les libéraux et leur nouveau chef Michael Ignatieff avec plus d'ardeur encore que Jack Layton, il semble avoir mis beaucoup d'eau tiède dans son habituel discours anticonservateur:
Le Bloc appuiera les conservateurs: un sursis pour Harper (La Presse)

Le Bloc québécois avait une bonne nouvelle pour le gouvernement de Stephen Harper, mardi, quand Gilles Duceppe a annoncé que son parti appuiera les conservateurs lors d'un vote de confiance vendredi, ce qui assure la survie du gouvernement minoritaire, du moins pour le moment.

(...) puisque l'appui d'un seul parti d'opposition est nécessaire pour assurer le maintien au pouvoir des conservateurs, ces derniers peuvent pour l'instant dormir sur leurs deux oreilles.
Et dire que les chefs du NPD et du Bloc clamaient tous deux, en janvier à peine, qu'il fallait absolument défaire le gouvernement conservateur pour le bien du pays (variante NPD) ou pour le bien d'un Québec plus mieux (variante Bloc).

C'est le bon moment pour revoir les anciennes pubs néo-démocrates et bloquistes du début de l'année 2009.

Si vous avez des problèmes pour les retrouver on the ouèbe, pas de souci, le NPD et le Bloc nous les ressortirons à peine modifiées lors des prochaines élections. Il suffit de patienter un peu.

Update
Jolie photo sur le blogue de Warren Kinsella (qui soutient ouvertement Michael Ignatieff): THE LEAGUE OF HYPOCRITES.

Le titre est bien trouvé. Toutefois, il y a moins d'un an, c'est un chef libéral qui était assis au côté de Gilles Duceppe et Jack Layton, et les libéraux alors désignaient cette improbable troïka du nom de "coalition" plutôt que de "ligue des hypocrites".

Les libéraux ont évolué depuis, mais Kinsella devrait se méfier: rien ne dit que son chef ne rejoindra pas un jour, lui aussi, une ligue... et Kinsella devra alors soutenir la manœuvre ;-)

vendredi 4 septembre 2009

Les amusantes leçons de Jack Layton

Le chef du NPD, Jack Layton, avait sévèrement critiqué le refus de Michael Ignatieff (PLC) de faire tomber le gouvernement conservateur fin janvier, moins de quatre mois après les élections du 14 octobre 2008 (voir un précédent billet). Souvenons-nous:
Les annonces [publicitaires radiophoniques] dénoncent, avec un profond mépris, la décision de M. Ignatieff de permettre au budget fédéral d'être approuvé à certaines conditions.

«Certaines choses ne changent pas», affirme une femme dans l'une de ces publicités.

«Un autre budget conservateur qui a le sceau d'approbation d'un autre chef libéral. C'est officiel: Michael Ignatieff a coulé son premier grand examen à titre de chef libéral. Il a fait son choix avec Stephen Harper(La Presse Canadienne du 29 janvier)
Aujourd'hui, Jack Layton continue à critiquer Michael Ignatieff... parce que celui-ci semble bel et bien décidé à faire tomber le gouvernement:
Le chef du NPD, Jack Layton, invite Stephen Harper à mettre de l'eau dans son vin s'il veut continuer à gouverner le pays cet automne et ainsi éviter un quatrième scrutin fédéral en cinq ans.
(...)
«Si M. Harper veut éviter des élections, il devra travailler avec les partis de l'opposition. S'il refuse de le faire, nous devrons avoir des élections» [a dit M. Layton] en point de presse, jeudi à Halifax (La Presse).
Dans sa première sortie médiatique depuis que Michael Ignatieff a annoncé que le temps où les députés libéraux appuyaient le gouvernement conservateur était révolu, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jack Layton, a enjoint hier le premier ministre Stephen Harper à «tendre la main» aux partis d'opposition (Le Devoir)

À l’approche de la rentrée parlementaire, le chef du Nouveau Parti démocratique Jack Layton a annoncé aujourd’hui qu’il préférerait grandement que le Parlement fonctionne au lieu de déclencher une quatrième élection générale en cinq ans (...) C’est votre choix, M. Harper », a déclaré M. Layton. « Vous pouvez choisir de travailler avec les autres partis, ou vous pouvez choisir de déclencher des élections. Peu importe votre choix, le NPD est prêt (site web du NPD)
Trois mois après les dernières élections il aurait fallu faire tomber le gouvernement, mais maintenant il ne faudrait pas parce que c'est trop tôt?

Sacré Jack...

jeudi 4 juin 2009

Thomas Mulcair (NPD) souffle sur les braises

Une ministre fédérale, Lisa Raitt, est dans l'eau chaude après que des documents ont été oubliés dans les studios de CTV.

Ms Raitt s'est dédouanée sur le dos d'un(e) adjoint(e), qui apparemment a été congédié(e). Élégant. Je croyais qu'être ministre, c'était être responsable...

Thomas Mulcair, l'unique élu NPD au Québec, a sauté sur l'occasion pour tenir des propos que je trouve parfaitement dégueulasses venant d'un membre de ce parti (de la part du Bloc, on a l'habitude) (La Presse Canadienne) :

Pour le néo-démocrate Thomas Mulcair, en refusant de laisser partir Lisa Raitt, Stephen Harper n'a pas été équitable. «C'est deux poids, deux mesures», a-t-il fait valoir.
Le député d'Outremont a même laissé entendre que Stephen Harper avait été plus dur avec Maxime Bernier «parce qu'il vient du Québec». «Je ne vois strictement rien qui sépare les deux cas outre cela», a-t-il affirmé.

Contrairement à ce qu'affirme le député qui trouve politiquement rentable de lancer des accusations diffamatoires et de jouer sur les divisions internes au Québec, les deux cas (Raitt et Bernier) diffèrent (Chantal Hébert):

Aux dernières nouvelles, aucun ministre ne trimbale lui-même des documents. Ils ont des adjoints pour cela.
M. Mulcair- qui a lui-même été ministre à Québec - est bien placé pour le savoir. Personne ne croit qu’il s’assoyait dans son bureau à l’Assemblée nationale tous les soirs pour battre le rappel des multiples papiers qui passaient entre ses mains et celles de son entourage.
(...)
Enfin, le prétexte invoqué l’an dernier par le premier ministre Harper pour se départir des services ministériels de l’encombrant Maxime Bernier était tellement cousu de fil blanc que personne n’a vraiment cru que son départ du cabinet tenait seulement à un oubli.

(rappel : le ministre Bernier avait oublié des documents au domicile de sa maîtresse - il était le seul responsable de ces maladresses, cf. Le Devoir)

Miser sur la division, souffler sur les braises de la paranoïa anticanadienne qui sévit au Québec, c'est indigne d'un député NPD!

vendredi 27 mars 2009

Galloway: le Bloc et le NPD à la rescousse

Ce n'est pas une grande surprise: le Bloc Québécois et le Nouveau Parti Démocratique ont pris fait et cause pour Galloway.

Le soutien politique et le financement apportés à un mouvement terroriste antisémite, antigay, antiféministe, devient ainsi dans la bouche des députés du Bloc et du NPD une affaire de "liberté de parole et d'opinion", et interdire à Galloway d'entrer au Canada est la marque d'"une idéologie bornée, réactionnaire, dépassée".

J'ignorais que George Orwell avait autant d'imitateurs parmi nos élus. Je crains toutefois que certains députés de l'opposition n'aient pas bien saisi l'intention de l'auteur de 1984: il ne s'agissait pas du tout de valoriser la novlangue et l'inversion des valeurs! C'était plutôt l'inverse, les gars.

Olivia Chow, NPD, prétend de son côté que la décision de l'administration canadienne crée un "dangereux précédent". Dangereux pour qui? Les réseaux tissés par les amis du Hezbollah et du Hamas?

Quand on écoute Galloway à Gaza ou quand on entend ses appels à abolir Israël, puis quand on lit les discours de ses défenseurs (atteinte à la liberté d'expression! abus de pouvoir!) on réalise que le politiquement correct, c'est comme le sel: un peu, ça rend la vie plus belle, trop ça donne la nausée et ça rend malade. On en est là. Overdose.

Le ministre, Jason Kenney, ne renversera pas la décision de l'administration. Son porte-parole a toutefois déclaré : "Si M. Galloway décide de se présenter tout de même à la frontière, c'est le douanier qui devra trancher, à la lumière de la décision préliminaire et des nouvelles preuves ou informations que lui soumettra le député britannique. Le ministre Kenney se pliera à la décision de l'agent à la frontière" (La Presse).

Ça ressemble beaucoup à un drapeau blanc agité sous la mitraille de la critique... le ministère serait-il en train de préparer un repli stratégique?

Si tel était le cas, l'affaire se révélerait un échec, un camouflet pour le Canada: cela reviendrait à permettre à Galloway et ses sympathisants "antisionistes" de se faire une pub d'enfer pendant plusieurs jours, pour finalement le laisser entrer au pays et faire son tour de piste sous les projecteurs.

Nos États de droit ont toujours eu un problème avec les extrémistes: leur barrer la route contrevient à nos principes de libre expression, de libre circulation, de libre association. Les laisser faire nuit tôt ou tard à la paix et à la démocratie.

vendredi 30 janvier 2009

Layton se déchaîne contre Ignatieff

Le NPD n'a pas attendu longtemps pour se déchaîner contre son ex-"allié" libéral: le parti de Jack Layton lance une campagne de publicité contre Ignatieff.

Deux remarques:

- Étant donné tout le mal que ces pubs disent du PLC, pourquoi s'être allié avec eux? Comment le NPD a-t-il pu seulement envisager de partager le gouvernement avec les Libéraux et, pire, amener au poste de premier ministre le "clone de M. Harper"?

- Des pubs, même radiophoniques, ça se prépare. Ça prend un peu de temps: il faut rédiger les textes, les faire valider par la direction du parti, les enregistrer, etc. Or ça fait à peine 48 heures que Michael Ignatieff a fait connaître sa décision de ne pas voter contre le budget...

Jack Layton aurait-il menti à ses partisans en faisant comme si la coalition allait bien, alors que pendant tout ce temps il préparait en douce des pubs négatives contre M. Ignatieff?

Oh... Jack... c'est pas joli joli tout ça.

vendredi 2 janvier 2009

Le NPD, combien de divisions?

La populaire émission Tout le monde en parle, animée par Guy A. Lepage, accueillait de nombreux invités jeudi soir pour un spécial Nouvel An.

Jack Layton (chef du NPD) et Gilles Duceppe (chef du Bloc), deux des coalisés -temporaires- d'Ottawa, étaient de la fête (1).

Durant l'émission, Guy A. Lepage a demandé à Jack Layton, chef du NPD, un parti fédéraliste, s'il ne s'était pas allié "avec le Diable" bloquiste.

La réponse de M. Layton valait son pesant de langue de bois: il a en effet reproché à "des gens, ailleurs au Canada, surtout des conservateurs", "qui n'aiment pas ce qu'on essaye de faire" de "diviser le pays" en critiquant la présence du Bloc dans la coalition. Il a insisté en disant qu'il était plus important de travailler ensemble que de "créer des divisions".

Si tu détestes tant les divisions, dear Jack, pourquoi t'allier avec un parti dont le programme consiste à diviser le Canada de manière bien plus radicale qu'une petite bagarre partisane à la Chambre des Communes ne le fera jamais? Pourquoi signer une entente qui affirme noir sur blanc que les Québécois ne sont pas des Canadiens?

Gilles Duceppe, assis à côté de Jack Layton, a clairement rappelé cet objectif séparatiste (d'autant plus clairement que la campagne est terminée et qu'il n'a plus besoin d'entretenir un flou artistique pour attirer les voix des fédéralistes anti-Harper!) et Pauline Marois (2) était là pour lui donner la réplique.

Madame Marois de son côté se faisait remarquer pour un geste ô combien élégant, digne de la fonction de premier ministre du Québec à laquelle elle aspire: prenant un petit drapeau canadien de la main du "fou du roi" Dany Turcotte, elle le faisait disparaître sous la table, ne s'attirant rien d'autres que des rires.

Voici donc, en hommage spécial à celle qui prétend devenir premier ministre de tous les Québécois:


Image strictement réservée à un public fédéraliste et averti - cette image ne devrait pas être montrée aux épileptiques ni aux séparatistes québécois - en cas d'exposition prolongée, contactez le député bloquiste ou péquiste le plus proche.
(Source: Patrimoine canadien, www.pch.gc.ca)


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(1) Le troisième coalisé était absent. Officiellement pour cause de tempête de neige sur Toronto; mais Chantal Hébert, présente sur le plateau, a suggéré que le nouveau leadership libéral prenait ses distances avec la coalition et que Michael Ignatieff participerait volontiers à l'émission de Guy A. Lepage, mais seul...

(2) chef du Parti Québécois - parti provincial, séparatiste.