Affichage des articles dont le libellé est antisionisme. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est antisionisme. Afficher tous les articles

samedi 18 juin 2011

Flottille 2011, c'est reparti comme en 2010

Avec une grosse différence: les fanatiques turcs ont été rappelé à l'ordre par leur gouvernement, ce qui représente environ 500 activistes en moins cette année (lemonde.fr).

Qu'à cela ne tienne! Des Français, des Canadiens, et plein d'autres "indignés" vont prendre place à bord des dix ou quinze bateaux de la Flottille 2011. On y trouvera une députée européenne verdâtre, une candidate de Québec Solidaire, des communistes, des adeptes de Trotski, et autres marginaux de la politique.

Juré, craché, les centaines de personnes qui embarqueront pour Gaza ne font pas ça pour le Hamas. Leur but est strictement hu-ma-ni-tai-re. Comme le précise BateauGazaFr sur Twitter: "1,5 millions de gazaouis ont également besoin d'aide, nous leur apportons".

En quoi quelques dizaines d'allumés sur un bateau (plusieurs centaines pour l'ensemble de l'expédition) représentent-ils une quelconque aide? Les Arabes palestiniens, aux dernières nouvelles, ne sont pas cannibales. Par ailleurs les dirigeants israéliens répètent à qui veut bien l'entendre que l'aide humanitaire est acceptée, il suffit de débarquer à Ashdod et elle sera acheminée par camions vers la Bande.

Alors pourquoi une autre expédition? Comme l'an dernier, le but n'est visiblement pas d'apporter de "l'aide", mais de faire parler, de pointer un doigt rageur vers Israël, et de se préparer à empocher le jackpot médiatique en cas d'arraisonnement "musclé".

Les Israéliens, de leur côté, sont coincés. Leurs alliés et amis n'ayant pas l'intention et/ou le pouvoir d'empêcher le départ de cette nouvelle caravane flottante, ils n'auront le choix qu'entre Charybde et Scylla: soit ils laissent passer la Flottille "humanitaire", et ils n'ont plus qu'à mettre un terme à l'embargo contre le Hamas. Soit ils empêchent les illuminés de faire route jusqu'à Gaza, et ils ont toutes les chances de perdre la bataille médiatique.

Il est là, le but véritable de ces flottilles "pour la paix": imposer aux Israéliens un choix "perdant/perdant".

Les Gazaouis sont un alibi commode pour masquer l'habituel et unique objectif, le même qu'en 2010: l'État juif.

Pendant ce temps, un peu au nord, sur les côtes syriennes... on dit qu'il se passe des choses... Oui, mais en Syrie il n'y a pas le moindre "sioniste" au pouvoir.

jeudi 24 juin 2010

Qui aime bien châtie énormément

Le blog Philosémitisme s'amuse, à raison, d'un de ces articles dont la section Comment if free du Guardian britannique a le secret: "Why this obsession with Israel and the Palestinians?" par Robert Fowke.

Tout d'abord je remarque une erreur dans le titre de Fowke: ladite obsession ne concerne en rien les Palestiniens. Il est en effet bien connu que les "propalestiniens" parlent essentiellement des Israéliens, et plus particulièrement des Juifs israéliens. Il suffit de regarder les articles de la sous-rubrique "Territoires palestiniens" de Comment if free pour s'en rendre compte. Idem côté francophone avec par exemple le -très mal nommé- site Euro-Palestine (on peut y lire que "l'équipe de foot palestinienne de Bil'in se fait gazer" par les Israéliens; les jeux de mots de ce genre ne sont pas rares).

Pour être plus exact, ces activistes parlent des Arabes palestiniens, oui, mais surtout (pour ne pas dire uniquement) lorsque ça leur permet de "critiquer" les Israéliens...

La prétendue "obsession pour les Palestiniens" est en réalité proche de zéro chez les militants "propalestiniens" (d'où mon insistance à mettre ce terme entre guillemets).

Reste l'obsession envers Israël.

Robert Fowke affirme que cela n'a rien à voir avec de l'antisémitisme. En fait, s'il est obsédé par les Israéliens c'est parce qu'il connaît et aime les juifs:
"J'ai de nombreux amis juifs. Je suis allé à l'école avec des garçons d'origine juive, en conséquence je ne considère pas les Juifs comme des étrangers. Traiter mes amis juifs d'étrangers serait tout aussi absurde pour moi que de traiter mes amis Quaker d'étrangers; ils sont aussi anglais que moi. Selon moi il s'agit d'une catégorie religieuse, rien de plus" (...)

"I have many Jewish friends, I went to school with boys from Jewish backgrounds and consequently I do not think of Jews as being foreign. It would be as absurd for me to call my Jewish friends foreign as it would to call my Quaker friends foreign; they are as English as I am. It is a religious category for me and nothing more" (...)

"Le problème, c'est qu'Israël se présente comme l'État de tous les Juifs, y compris celui de mes amis (bien malgré eux). Et puisque plusieurs de mes amis sont juifs et que par conséquent [Israël] est leur pays, c'est aussi le mien d'une certaine façon" ["dans un sens subliminal" ne me paraît pas avoir beaucoup de... sens]

"The trouble is that Israel promotes itself as the state for all Jews, including – despite themselves – my friends. And because some of my friends are Jews and it is therefore their country, it is in some subliminal sense my country too."

On remarque au passage que, selon cet auteur, être juif c'est uniquement être de religion juive, "rien de plus".

Oh bien sûr, Fowke sait qu'Israël est un pays étranger, mais pas autant que la Thaïlande par exemple. Il s'en fout complètement de ce qui se passe en Thaïlande:
[Israël] est un pays étranger, bien sûr, mais pas d'un point de vue émotionnel, pas comme la Thaïlande ou l'Ouzbékistan. Je n'y réagis pas de la même façon que pour la plupart des autres États étrangers. [Israël] est presque, d'un point de vue émotionnel, un comté anglais enraciné sur les rives de la Méditerranée.

"[Israel] is foreign, of course, but not emotionally, not like Thailand or Uzbekistan, and I do not respond to it as I do to most other foreign states. It is, emotionally, almost an English county planted on the Mediterranean shores."
Le raisonnement n'est pas entièrement clair? C'est sans doute parce qu'il faut être "propalestinien" pour que cela fasse sens. Subliminalement.

Fowke n'est pas le seul à afficher une profonde indifférence dès lors qu'Israël n'est pas concerné. Souvenons-nous des réactions à deux événements quasi simultanés: l'écrasement de la rébellion tamoule au Sri Lanka et le raid israélien contre le Hamastan. Dans le premier cas de l'indifférence, dans l'autre une hystérie générale (voir deux précédents billets, en février et avril 2009, ainsi que De quoi l'antisionisme est-il le nom?).

Ce dont Fowke essaye de nous (se?) convaincre, c'est que les Tibétains, Thaïlandais et autres Ouzbeks sont trop métèques pour l'intéresser. Les Israéliens par contre peuvent passer pour de vrais Anglais à ses yeux. Et si Israël est l'État des Juifs (dixit Israël), c'est donc aussi -in some subliminal sense- celui de tous les petits garçons qui sont allés à l'école avec des Juifs.

Fowke n'est donc pas obsédé par Israël parce qu'il est antisémite mais parce que les Juifs israéliens sont des Anglais comme lui. Ouf.

Je l'avoue, j'ai déjà rencontré des raisonnements plus tordus.

dimanche 6 juin 2010

Un provocateur sioniste perturbe une manif pour la Paix

La vidéo ci-dessous a été tournée durant une manifestation "humanitaire" (Los Angeles, selon le clip) (www.juif.org).



Une surprise: le petit nombre "d'humanistes" présents.

Un provocateur sioniste s'est invité à la petite sauterie. Il est très jeune. La meute de "pacifistes" s'intéresse vivement à lui. On lui jette des "Allahu akbar! allahu akbar!", "You kill my people", "murderer! murderer!", etc.

Un cordon de flics (des musclés, à l'américaine) s'interposent entre le jeune contre-manifestant et les "humanitaires". On voit un militant (service d'ordre?) tenter de calmer ses troupes.

Une large banderole affirme:

AFTER THE HOLOCAUST
THE WORST THING THAT HAS HAPPENED
TO THE JEWISH PEOPLE IS THE STATE OF ISRAEL

[Après l'Holocauste, la pire chose qui soit arrivé au peuple juif c'est l'État d'Israël]

Si j'en crois la banderole, il s'agirait d'une citation de Bob Avakian, président du Revolutionary Communist Party (RCP) aux USA.

Bel exemple de "convergence des luttes": aux USA aussi l'extrême-gauche manifeste au son des "allahu akbar".

Une pancarte s'exerce à la rime: "Israeli pirates kill / US pays the bill" [Les pirates israéliens tuent / Les USA paient la facture]

Le caméraman discute avec deux manifestants (dont celle qui hurlait "You kill my people").

Caméraman: "Est-ce qu'un État palestinien aux côtés d'Israël serait satisfaisant pour vous?" [Would a palestinian state alongside Israel satisfy you?]

La femme: "C'est... Non, non, non! Aux côtés des Juifs [qui] peuvent vivre dans un État palestinien. Il ne devrait pas y avoir d'État israélien! (Caméraman: "ok, merci"; la femme continue sur sa lancée) L'État d'Israël n'existe même pas!" [It's... No no no! alongside with the jews can live in a palestinian state. there should not be an israeli state! (...) Israeli state doesn't even exist!]

Un homme intervient: "L'unique raison pour laquelle Israël fait ça, c'est parce qu'ils se sont fait expulser de, euh, les Allemands... quoi qu'il leur soit arrivé... alors ils essayent de reporter leur colère sur quelqu'un d'autre" [The only reason Israel is doing this is because they got kicked out from, er, the Germans, whatever, whatever happens to them. So they're trying to take out the anger to someone else]

samedi 28 novembre 2009

Les drôles de sympathies du mouvement séparatiste

Le mouvement nationaliste québécois a depuis longtemps les yeux de Chimène pour le nationalisme palestinien. Y compris sa composante radicale.

Mais cela va parfois très loin. Comme en France, c'est vers le Hamas et le Hezbollah que vont désormais les sympathies. On en trouve des traces là où l'on s'y attend le moins.

Par exemple dans un tout récent bouquin des éditions dites "du Québécois" intitulé "Michael Ignatieff: Imposture et ascension", de Pierre-Luc Bégin.

Le chef du Parti Libéral du Canada est une cible traditionnelle du mouvement séparatiste, M. Ignatieff n'échappe donc pas à la vindicte.

En page 105 s'ouvre un chapitre passionnant: Ignatieff et l'impérialisme.

Devinez de qui il va être question... Le chapitre s'ouvre sur la seconde guerre du Liban, que Bégin considère sans doute comme la plus marquante manifestation d'impérialisme de ces dernières années!
"Israël met le Liban à feu et à sang

En 2006 (...) Israël décidait de lancer une offensive monstre sur le Liban (...)

Rappelons les faits. Le Hezbollah s'en est pris à quelques soldats israéliens, lesquels auraient pénétré le territoire national libanais, selon le Hezbollah, violant la souveraineté de ce pays. Le Hezbollah fit prisonniers deux militaires israéliens. La revendication du Hezbollah: la libération de prisonniers détenus par Israël. Voilà le motif.

(...) Comment Ignatieff peut-il tenir le Hezbollah libanais responsable de cette dérive sanguinaire d'Israël?"
Le reste est à l'avenant.

Cette intéressante relecture de l'Histoire appelle deux remarques (on va faire court, c'est le week-end et j'ai d'autres chats à caresser):

- un mensonge répété mille fois vaut toutes les vérités du monde: le "rappel des faits" de Bégin semble obéir à ce principe, en affirmant tranquillement que les deux militaires israéliens enlevés (il omet de parler de ceux qui sont morts immédiatement durant l'attaque du Hezbollah) avaient violé la souveraineté du Liban. Bégin ne peut pourtant pas ignorer, plus de trois ans après, que la patrouille israélienne circulait du côté israélien de la frontière et que c'est le gang du Hezbollah qui a "violé la souveraineté" israélienne...

Même l'ONU s'en était rendu compte, ce qui n'est pas rien:
Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, a rappelé que la crise avait débuté le 12 juillet dernier, lorsque le Hezbollah a tiré des roquettes depuis le territoire libanais contre des positions des forces de défense israéliennes situées près de la localité de Zarit, de l’autre côté de la Ligne bleue. Peu après avoir pénétré en territoire israélien, des militants du Hezbollah ont attaqué une patrouille israélienne, capturant deux soldats, en tuant trois autres et faisant plusieurs blessés (Conseil de sécurité de l'ONU, 14 juillet 2006, document CS/8776).
Mais les éditions du Québécois ne voient aucun inconvénient à présenter les affabulations du Hezbollah comme crédibles et sérieuses.

- mettre la réalité cul par-dessus tête, en s'indignant que l'on puisse reprocher quoi que ce soit au Hezbollah dans les événements de l'été 2006.

Ce type de "raisonnement" est un grand classique... Encore cette semaine on pouvait voir dans l'émission "Les années Derome" une entrevue entre l'ex-journaliste vedette de Radio-Canada et un ex-membre de la cellule Chenier du Front de Libération du Québec. Cette "cellule" est connue pour avoir enlevé et assassiné le ministre du Travail (du Québec) Pierre Laporte en 1970.
Selon le sympathique "militant", Laporte est mort à cause des siens qui l'ont abandonné, à cause de la météo (pluvieuse) ou du Père Noël... bref, à cause de tout le monde sauf de ceux qui l'ont kidnappé et abattu.
Le "militant" a déclaré n'avoir jamais eu de problème avec sa conscience.

C'était un grand moment de télévision, qui aide un peu mieux à saisir l'admiration que cette mouvance peut entretenir pour les terroristes du Hezbollah & Cie.

Pierre Falardeau et Julien Poulin posent avec des jeunes alors que ce dernier brandit le drapeau du Hezbollah.
Photo David Boily, Archives La Presse

dimanche 15 novembre 2009

Ce que révèle "l'affaire Cluzet"

Les ennemis d'Israël parlent beaucoup, depuis 2-3 ans, d'un Franco-Israélien du nom de Salah Hamouri, actuellement en prison en Israël. J'en ai entendu parler pour la première fois lorsque des militants soi-disant "propalestiniens" étaient allés vandaliser une affiche de soutien aux otages du Hamas et du Hezbollah (1) érigée par la Ville de Paris dans un discret parc du XIIe arrondissement.

Voici ce qu'en a dit récemment l'acteur François Cluzet (vidéo sur Dailymotion):
[Salah Hamouri est] "en prison en Israël, pour délit d'opinion" (...) "il est en prison pour délit d'opinion, simplement parce qu'il a dit qu'il était contre les colonisations et la poursuite de la colonisation, c'est ça. Personne n'en parle".
Cluzet se trompe totalement lorsqu'il affirme, à deux reprises, qu'Hamouri est en prison "pour délit d'opinion - simplement parce qu'il était contre les colonisations".

C'est une erreur, ou plus exactement un mensonge. Aucun "délit d'opinion" n'a jamais été reproché à Hamouri dans un pays ou la divergence d'opinions semble considérée comme un loisir... Par contre il lui est reproché d'être membre du FPLP et d'avoir comploté "avec deux complices l’assassinat en Israël du grand rabbin Ovadia Yossef, chef spirituel d’un parti politique, le Shass (...) Il a reconnu les faits et plaidé coupable" (Véronique Chemla).

La propagande anti-"sioniste" n'en est pas à son premier bobard mais Cluzet n'est probablement même pas conscient qu'il s'agit d'un mensonge. Il fait sans doute confiance à celui (ou ceux) qui l'a "informé" sur le cas Hamouri et s'imagine défendre la victime d'un "délit d'opinion". Ce n'est pas la première fois qu'une célébrité se fait avoir...

Personne ne s'attend à ce qu'une vedette de cinéma ou de la chanson soit bien informée des sujets dont elle parle. Par contre l'absence de réactions du journaliste et du député est préoccupante parce que c'est leur job, à eux, d'être informés et d'informer leurs concitoyens. Or l'énorme ineptie relayée par Cluzet a été accueillie avec une totale indifférence. Le député Copé (2) ne sursaute pas lorsqu'on lui dit qu'en Israël on embastille des gens à cause de leurs opinions...

Et le mensonge peut continuer son petit bonhomme de chemin.


-----
(1) Gilad Shalit, Ehud Goldwasser et Eldad Regev. Les corps de ces deux derniers ont été restitués par le Hezbollah en 2008 en échange de terroristes vivants.

(2) Google enregistre les requêtes qui lui sont soumises. Pour le député Jean-François Copé il en a retenu quatre qui donnent une idée des
centres d'intérêt des internautes: "Jean-François Copé", "Jean-François Copé juif", "Jean-François Copé divorcé", "Jean-François Copé et Nadia"... tout commentaire me semble superflu.

samedi 17 octobre 2009

Que faire du CDH ?

Le Conseil dit "des Droits de l'Homme" de l'ONU (CDH), qui siège à Genève, n'est pas une cible facile pour les moqueurs.

Le CDH se caricature si bien lui-même, que pourrions-nous y ajouter?

Depuis plusieurs jours les médias nous rapportent que le "Rapport Goldstone" (qui présente les conclusions d'une enquête impartiale -forcément impartiale- menée par le juge sud-africain Richard Goldstone) accuse Israël et des "militants palestiniens" d'avoir commis des crimes de guerre, voire même des crimes contre l'humanité, durant l'offensive israélienne dans la bande de Gaza en décembre-janvier.

Les événements récents se chargent de prouver que cette prétendue neutralité, qui renvoie dos à dos Israéliens et "militants palestiniens", n'est qu'hypocrisie: ce sont bien les Israéliens, eux seuls, qui sont aujourd'hui condamnés par le Conseil dit "des Droits de l'Homme", sous les applaudissements de l'AP et du Hamas (voir par exemple cet article de La Presse).

Oh bien sûr, le digne Conseil (composé des représentants de 47 pays) se penche aussi sur d'autres sujets très généraux, comme l'eau potable, le droit d'avoir un avocat, l'éducation des enfants, ou des cas parfois très particuliers comme Aung San Suu Kyi ("Aux termes d'une résolution sur Aung San Suu Kyi et autres prisonniers politiques au Myanmar (A/HRC/12/L.32), adoptée sans vote, le Conseil se déclare vivement préoccupé par la récente condamnation de Daw Aung San Suu Kyi et demande sa libération immédiate et sans conditions" - communiqué de presse du 2 octobre 2009).

Mais il faudra se lever tôt pour voir le CDH sortir de ses gonds sur un autre sujet que "l'occupation israélienne":
CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME: SESSION EXTRAORDINAIRE SUR LA SITUATION DES DROITS DE L'HOMME DANS LE TERRITOIRE PALESTINIEN OCCUPÉ

21 janvier 2008
Le CDH ne cache d'ailleurs pas quel est l'ennemi public numéro 1 car ce communiqué de presse précise immédiatement que :
"Cette session, convoquée à la demande du Groupe des États arabes et de l'Organisation de la Conférence islamique, sera la sixième session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme depuis sa création en juin 2006, et la quatrième liée à des incursions militaires israéliennes"
Quatre sessions spéciales sur six consacrées à Israël... une obsession extraordinaire, en effet, et ça continue :
LE CONSEIL DES DROITS DE L'HOMME TIENT UNE SESSION EXTRAORDINAIRE SUR LA SITUATION DANS LE TERRITOIRE PALESTINIEN OCCUPÉ LE 15 OCTOBRE

13 octobre 2009

"Cette douzième session extraordinaire du Conseil des droits de l'homme est convoquée à la demande de la Palestine, appuyées [sic] par les 18 États membres suivants du Conseil: Bahreïn, Bangladesh, Bolivie, Chine, Cuba, Djibouti, Égypte, Gabon, Indonésie, Jordanie, Maurice, Nicaragua, Nigéria, Pakistan, Philippines, Qatar, Arabie saoudite et Sénégal"
Note perso: j'attends de voir une session extraordinaire "convoquée à la demande du Tibet"... ça ne risque pas de se produire puisque selon le CDH le Tibet n'existe pas.

D'autres pays ont parfois le privilège d'une session "extraordinaire". Ainsi le Sri Lanka en 2009, mais admirons les précautions de la résolution adoptée par le CDH à cette occasion, tout en rappelant que le nombre de victimes civiles au Sri Lanka est de très loin supérieur à ce qu'on a pu voir dans la bande de Gaza en décembre-janvier (même si l'on accepte les statistiques fournies par le Hamas) :
Réaffirmant le respect de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance de Sri Lanka, et ses droits souverains de protéger ses citoyens et de lutter contre le terrorisme,

Condamnant toutes les attaques lancées par les Tigres de libération de l’Eelam tamoul contre la population civile et leur pratique consistant à utiliser les civils comme boucliers humains, (...)

Accueillant avec satisfaction la cessation des hostilités et la libération par le Gouvernement sri‑lankais de dizaines de milliers de citoyens retenus en otage par les Tigres de libération de l’Eelam tamoul, ainsi que les efforts du Gouvernement pour assurer la sécurité et la sûreté de tous les Sri‑Lankais et pour instaurer une paix permanente dans le pays, (...)

Encouragé par l’assistance humanitaire de base, en particulier, l’eau potable, l’assainissement, la nourriture et les services médicaux et de soins de santé que le Gouvernement sri‑lankais, avec l’aide d’organismes des Nations Unies, a apportée aux personnes déplacées, (...)

2. Se félicite de la volonté constante de Sri Lanka de promouvoir et de protéger tous les droits de l’homme et l’encourage à continuer de respecter ses obligations dans le domaine des droits de l’homme et les normes du droit international des droits de l’homme; (...)

6. Encourage le Gouvernement sri‑lankais à continuer de persévérer dans ses efforts en faveur du désarmement, de la démobilisation et de la réadaptation des anciens enfants soldats (...)

12. Prie instamment la communauté internationale de coopérer avec le Gouvernement sri‑lankais dans les efforts de reconstruction (...)

Résolution adoptée par 29 voix contre 12, avec 6 abstentions, à l’issue d’un vote enregistré. Les voix se sont réparties comme suit:

Ont voté pour: Afrique du Sud, Angola, Arabie saoudite, Azerbaïdjan, Bahreïn, Bangladesh, Bolivie (État plurinational de), Brésil, Burkina Faso, Cameroun, Chine, Cuba, Djibouti, Égypte, Fédération de Russie, Ghana, Inde, Indonésie, Jordanie, Madagascar, Malaisie, Nicaragua, Nigéria, Pakistan, Philippines, Qatar, Sénégal, Uruguay, Zambie;
C'est virulent, hein? Ah on ne mâche pas ses mots, à Genève.

Comparons avec la toute chaude conclusion de la session spéciale du Conseil dit "des Droits de l'Homme" datée du 16 octobre 2009:
COUNCIL CONCLUDES SPECIAL SESSION AFTER ADOPTING A RESOLUTION CALLING FOR THE IMPLEMENTATION OF THE RECOMMENDATIONS IN THE GOLDSTONE REPORT

16 October 2009

The Human Rights Council concluded its twelfth Special Session today after adopting a resolution that focused on continuing violations of human rights by Israel in the Occupied Palestinian territories, in particular in East Jerusalem, and endorsed the recommendations set out in the reports of the Fact-Finding Mission to Gaza led by Justice Goldstone and by the High Commissioner for Human Rights, and called for their implementation

In its resolution, which was adopted by a vote of 25 in favour, six against, and 11 abstentions, the Council strongly condemned all policies and measures taken by Israel, the occupying Power (...)

Ont voté pour: Argentina, Bahrain, Bangladesh, Bolivia, Brazil, Chile, China, Cuba, Djbouti, Egypt, Ghana, India, Indonesia, Jordan, Mauritius, Nicaragua, Nigeria, Pakistan, Philippines, Qatar, Russia, Saudi Arabia, Senegal, South Africa, Zambia.
Ah, tiens, où sont passés les "militants palestiniens" épinglés par le rapport Goldstone? Et depuis quand Jérusalem dite "Est" est-elle située dans la bande de Gaza? Bah, le CDH a simplement fait d'une pierre deux coups et a utilisé la publicité faite au rapport Goldstone pour faire passer ses habituels messages sur la "Puissance occupante" (occupying Power).

22 pays ont signé à la fois la calme et posée résolution "contre" le Sri Lanka et celle endossant le rapport Goldstone contre Israël: Afrique du Sud, Arabie Saoudite, Bahreïn, Bangladesh, Bolivie, Brésil, Chine, Cuba, Djibouti, Égypte, Russie, Ghana, Inde, Indonésie, Jordanie, Nicaragua, Nigéria, Pakistan, Philippines, Qatar, Sénégal, Zambie. Ils devaient être en rupture de stock de verveine le 15 octobre.

Le CDH reprend sans hésiter ni rougir la propagande palestinienne la plus paranoïaque, voir ce passage sur les prétendues excavations "dans, aux alentours de" et "sous" la mosquée Al-Aqsa et "ses environs":
It also condemned the recent Israeli violations of human rights in Occupied East Jerusalem, particularly (...) the continuous digging and excavation works in and around Al-Aqsa mosque and its vicinity. The Council demanded that Israel (...) immediately cease all digging and excavation works and activities beneath and around Al Aqsa Mosque
Pour poursuivre la comparaison avec la résolution sur la guerre civile au Sri Lanka :
The Council also condemned the non-cooperation by Israel with the Independent International Fact-Finding Mission established by its resolution S-9/L.1.
Ce passage semble indiquer que l'important, pour le Conseil, n'est pas le nombre de victimes mais la largeur des sourires des gouvernements concernés et le nombre de pâtisseries offertes lors des réceptions des éminences onusiennes.

Au vu des obsessions du Conseil je doute toutefois qu'un dirigeant Israélien, même le plus parfait des hôtes et le plus courtois des diplomates, puisse un jour être jugé digne de mériter une résolution aussi aimable et positive que celle rendue à propos du Sri Lanka (ou de n'importe quel autre pays).

Finalement, que doit-on faire du CDH?

Rien. Absolument rien. Le Conseil dit "des Droits de l'Homme" remplit déjà parfaitement sa fonction: servir de cache-sexe aux pays membres et leurs amis. Sans oublier d'agiter régulièrement l'épouvantail israélien pour nous convaincre de sa détermination à protéger les droits de l'Homme...


Update
Richard Goldstone trouve que le CDH pousse le bouchon un peu loin. Il a exprimé des réserves dans une entrevue avec Le Temps (journal suisse) : Richard Goldstone déplore la récupération politique de son rapport. L'article du Temps est en accès payant.

Haaretz résume le point de vue du juge sud-africain : Richard Goldstone slams UN for failing to censure Hamas.
South African jurist Richard Goldstone, who headed a UN investigation commission into the conduct of Israel and the Palestinian group Hamas during Israel's offensive in Gaza last winter, criticized on Friday the United Nations Human Rights Council's decision to endorse the report his commission had compiled.

Goldstone, whose report accused both Israel and Hamas of committing war crimes, lamented the wording of the resolution adopted by the UN Human Rights Council on Friday, because unlike the report, he said, the draft does not include any condemnation of Hamas, Israel Radio reported.

Goldstone told the Swiss newspaper Le Temps before the vote that the wording of the resolution was unfortunate because it included only censure of Israel. He voiced hope that the Human Rights Council would alter the wording of the draft
D'aucuns feront remarquer qu'un rapport biaisé ne pouvait que susciter de telles récupérations...

dimanche 4 octobre 2009

Que vaut un homme?

On savait déjà que, selon le Hamas, un Juif valait plusieurs centaines d'Arabes:
Another senior Hamas official in Damascus told a Qatari newspaper, Al-Arab, that a prisoner swap involving Shalit will be consummated "soon."

According to Israel Radio, the official told Al-Arab that Israel will release 1,000 Palestinian prisoners - 550 of whom are affiliated with Hamas while the remainder belong to various Palestinian factions (Haaretz, 3 octobre 2009)
Taux de change surprenant venant d'une organisation pourtant peu suspecte de philosémitisme...

Mais que faire pour des chiffres plus modestes? Que vaudraient vingt Palestiniens, par exemple?

Là encore le Hamas nous apporte sa réponse. Vingt Palestiniennes valent une cassette vidéo:
Israël a rajouté deux femmes hautement dangereuses dans la liste des 20 Palestiniennes libérées aujourd'hui (...) En échange de ces libérations en série, l'Etat hébreu doit recevoir une vidéo du Hamas, prouvant que Guilad Shalit, le soldat israélien capturé en 2006, est toujours en vie (JPost, 4 octobre)
En échange d'hommes, le Hamas aurait-il fourni un Blu-Ray? Pour le savoir, il suffit d'attendre que le mouvement terroriste procède à de nouveaux enlèvements, comme son chef l'a promis encore récemment: Hamas vows to try to kidnap more IDF soldiers (Haaretz, 2 octobre).

Croisons donc les doigts, deux fois: une fois pour la libération de Gilad Shalit, une deuxième fois pour que, parmi les centaines de prisonniers qui seront libérés par Israël, aucun ne reprenne du service pour le compte d'une milice terroriste.

* * *

Voici le contenu de la vidéo fournie par les "autorités" de Gaza. C'est très court.

Traduction de l’hébreu par M. Macina, pour l’Upjf (http://www.upjf.org/actualites/article-17221-143-7-qu-dit-cher-gilad-shalit-video-filmee-hamas-ysh.html):
« Shalom, je suis Gilad Shalit, fils de Aviva et Noam Shalit, frère de Hadas et Joël, habitant à Mitzpeh Hilla, Numéro de carte d’identité xxxxxxxxxx. Aujourd’hui, lundi 14 septembre 2009.

Comme vous pouvez le voir, j’ai en main un journal palestinien de ce jour, 14 septembre 2009, publié à Gaza.

Je lis ce journal pour y trouver l’information me concernant, et j’espère y trouver une indication quelconque sur ma libération et mon retour prochain à la maison.

Il y a longtemps que j’attends et désire ardemment le jour où je serai libéré.

J’espère que le gouvernement actuel dirigé par Benjamin Netanyahu ne gâchera pas cette opportunité de conclure l’accord et qu’en conséquence, je pourrai enfin réaliser mon rêve et être libéré.

Je veux transmettre mon bonjour à ma famille et leur dire que je les aime, qu’ils me manquent beaucoup, et que j’aspire au jour où je les reverrai.

Papa, Yoël et Hadas, vous souvenez-vous du jour où vous êtes venus à ma base de Ramat Ha-Golan, le 31 décembre 2005 - laquelle, si je ne m'abuse, s’appelle Revaya B ? Nous avons fait une promenade autour de la base et vous m’avez photographié sur un char Merkava et sur l'un des vieux chars à l'entrée de la base.

Après quoi, nous sommes allés (en voiture) au restaurant dans un des villages druzes et, en chemin, nous nous sommes pris en photo sur le bord de la route, avec en toile de fond le Hermon enneigé.

Je tiens à vous dire que me sens bien sur le plan santé. Les mudjahidin des Brigades Ezzedim al-Kassam me traitent parfaitement.

Merci beaucoup et au revoir. »

samedi 19 septembre 2009

Jane Fonda ne boycottera pas CoRoT-7b

Après les dattes, les produits de beauté et les films made in Israel, il va maintenant falloir boycotter une... planète.

CoRoT-7b tourne autour d'une étoile à environ 500 années-lumière de notre système solaire.

Or un astrophysicien israélien a participé à sa découverte (Haaretz):
Israeli scientist helps discover planet 'very similar to Earth' (...)

"Progress in research on planets outside our solar system has been tremendous," said Prof. Zvi Mazeh of Tel Aviv University, who participated in the study. "It's amazing to think that 25 years ago, when I just started becoming interested in the field, not a single planet was known outside of our solar system." (...)

The newly-discovered planet, named CoRoT-7b, is estimated to have a radius twice that of Earth, but a lower mass.
Pour le tourisme sur les plages de lave de CoRot-7b, c'est mal barré.

Plus proche de nous, l'actrice/activiste Jane Fonda s'est excusée d'avoir signé la pétition anti-TIFF (voir Sur le front culturel de la lutte "antisioniste"), lire les détails dans cet article du Guardian.
Jane Fonda has apologised for signing a petition decrying the decision by organisers of the Toronto film festival to showcase films from Tel Aviv.

Fonda said she had signed the letter (...) "without reading it carefully enough, without asking myself if some of the wording wouldn't exacerbate the situation rather than bring about constructive dialogue".

(...) Fonda pointed out that her decision had been based on anger over the suspicion that Toronto was being used by the Israeli government to boost its newly launched campaign to "rebrand" the country.
Jane Fonda a visiblement réalisé que ces "suspicions" n'étaient que ragots infondés. Peut-être à l'avenir lira-t-elle mieux les pétitions avant de les signer?

Quoi qu'il en soit, il faut du courage pour admettre publiquement son erreur. Bravo, madame.

dimanche 9 août 2009

La longue vie des citations truquées

La propagande "antisioniste" utilise divers moyens.

Un de ces moyens consiste à citer les propos "révélateurs" de dirigeants israéliens, quitte à améliorer un peu ce qui a vraiment été dit ou écrit. Quand il ne s'agit pas d'invention pure et simple...

On trouve sur le Web des listes et des listes de ces "citations" qui se contentent d'indiquer des sources parfois aussi nébuleuses que "radio Kol-israel 25 janvier 1971". De nombreux articles et pamphlets recyclent sans modération ces "citations" et contribuent à les répandre.

Parfois, parfois seulement, un média présente des excuses.

C'était le cas le 8 août pour le Toronto Star: Damaging Israeli misquote finally corrected.

Résumé de "l'affaire". Moshe Yaalon aurait dit en 2002 à un journaliste de Haaretz, alors qu'il était chef d'État-major de l'armée, que "The Palestinians must be made to understand in the deepest recesses of their consciousness that they are a defeated people" [Nous devons faire comprendre aux Palestiniens, dans les plus profonds recoins de leur conscience, qu'ils sont un peuple vaincu]

Cette "citation" circule depuis des années. On la retrouve sur une multitude de sites. À titre d'exemple voici une liste hélas loin d'être exhaustive:

www.palestine-solidarite.org
www.planetenonviolence.org
www.protection-palestine.org
www.bilin-village.org
www.republique-des-lettres.fr
www.ism-france.org
www.humanrights-geneva.info
electronicintifada.net
voiceofpalestine.net
www.tadamon.ca
www.palestinechronicle.com
palsolidarity.org
www.nybooks.com
www.socialistreview.org.uk
etc...

On retrouve cette fausse citation sous les plus prestigieuses signatures, comme dans cet article d'Alain Gresh, Monde diplomatique de février 2009.

Le Toronto Star ne le mentionne pas, mais ils doivent la réalisation de leur erreur à une organisation américaine, CAMERA [Committee for Accuracy in Middle East Reporting in America], cf. leur article daté du 1er février 2009.

Rendons à César, etc.

Pour terminer, voici ce que Moshe Yaalon a vraiment dit, ce jour-là:
Attempting to define what would constitute an Israeli victory in the Palestinian conflict, he said the following: "I defined it from the beginning of the confrontation – the very deep internalization by the Palestinians that terrorism and violence will not defeat us, will not make us fold" [ce qui constituerait une victoire israélienne (...) serait que les Palestiniens intériorisent profondément que le terrorisme et la violence ne nous vaincront pas, ne nous feront pas plier]
Quite different, eh?

* * *

Ce trucage n'est qu'un exemple parmi cent (1). La méfiance devrait être de mise devant toute "citation" véhiculée par les militants "antisionistes". Malheureusement ce n'est que très rarement le cas, il suffit de voir dans l'article du Star les noms des journaux qui se sont si facilement fait avoir (The New York Times, le Boston Globe ou le Chicago Tribune).

Voilà où mène la prétendue "critique" d'Israël: nous gobons tout sans barguigner du moment que cela conforte nos préjugés anti-israéliens, et bien peu de professionnels prennent la peine de vérifier "l'information" qui circule (voir aussi Les drôles de méthodes de Freedom House).


-------------------
(1) CAMERA recense sur son site quelques exemples de citations bidonnées: voir ici, et là.

lundi 20 juillet 2009

La négation du peuple juif a un bel avenir en France

La revue L'Histoire consacre ce mois-ci un dossier complet à une propagande qui n'est pas nouvelle (1) mais a récemment été remise au goût du jour par un "nouvel historien" israélien antisioniste, S. Sand, qui n'est pourtant pas un spécialiste des champs d'études concernés (son domaine concerne surtout l'histoire intellectuelle française; il est un des spécialistes de l'oeuvre de Georges Sorel).

Publié en hébreu, son bouquin, "Matai ve'ech humtza ha'am hayehudi?" (Quand et comment fut inventé le peuple juif?), a immédiatement été traduit et publié en français par les éditions Fayard : "Comment le peuple juif fut inventé". Le pognon n'a pas d'odeur, c'est bien connu.

Herr Professor Sand s'est exprimé dans Haaretz après la parution de son "essai" en Israël. L'article était intitulé : Ani kouzari gué'é (2) -Je suis un fier Khazar- (Haaretz), ce qui est une absurdité dans la mesure où les Khazars n'existent plus depuis des siècles. L'article est disponible en anglais (mais avec un autre titre) sur le site du journal.

Je n'ai pas été surpris de voir les médias "antisionistes" français, comme Le Monde diplomatique, sortir le tapis rouge et s'empresser de diffuser la bonne parole : "Déconstruction d’une histoire mythique - Comment fut inventé le peuple juif" (août 2008).

Ne comptez pas trop sur Le Monde diplo pour se pencher sur l'importance du mythe dans la construction de l'identité collective d'autres peuples, et encore moins sur l'histoire du peuple palestinien dont "l'invention" est pourtant très récente (le courant du XXe siècle). Cette sélectivité dans la "déconstruction du mythe" démontre s'il en était besoin qu'il ne s'agit pas ici de recherche scientifique ou de vulgarisation, mais d'activisme "antisioniste". La délégitimation de la présence juive en Israël (pardon... en Palestine) fait feu de tout bois ; la négation de l'existence du peuple juif en fait partie.

Le Monde diplo donne un autre petit coup de main en annonçant les réunions des "Amis du Monde diplomatique", et devinez qui a été chaudement invité dans plusieurs de ces réunions? La liste des réunions est impressionnante. Une telle passion pour l'histoire du non-peuple juif est touchante, vraiment.

Plus problématique est l'attitude de L'Histoire, qui se présente comme LE magazine de référence des passionnés d'histoire. D'histoire à dormir debout, dans ce cas précis.

Le dossier, sobrement intitulé "Enquête sur le peuple juif", consiste en fait à donner la parole au Professor Sand et à éviter de trop remettre en question sa méthodologie, ses compétences, ses conclusions. Tout au plus le magazine "de référence" se contente de demander à Michel Winock (spécialiste de l'histoire de la République française), Maurice Sartre (son domaine est la Syrie antique et l'Orient hellénisé, c'est déjà un peu mieux) et Esther Benbassa de lui donner la réplique.

Esther Benbassa était peut-être la mieux placée (dans ce petit groupe) pour parler du thème choisi par L'Histoire. Son intervention est courte et son hostilité au sionisme n'est pas un secret, mais cela ne l'empêche pas de rappeler quelques évidences. Extraits :

Les Juifs ont cultivé une représentation d'eux-mêmes construite autour de leur religion mais aussi de mythes. Cet imaginaire a permis, même aux convertis, de se définir comme appartenant à une même entité culturelle et religieuse, les deux dimensions étant inséparables (...)

Tous les peuples sont des "inventions". On ne peut pas se contenter de dire que le "peuple" juif (3), tel qu'il se définissait avant la naissance du sionisme et l'acception moderne de ce concept, et aussi imaginé qu'il ait été, n'a jamais existé (...)

la question se pose de la même façon pour les Palestiniens. Ceux-ci sont-ils un peuple davantage que les Juifs?

Ce qui tranche nettement avec l'infatigable "professeur" (au fait, est-il permis de remettre en question l'existence de son diplôme?), qui multiplie entrevues et rencontres pour répandre sa propagande : "Il n’existe pas et n’a jamais existé de peuple juif" clame-t-il dans les colonnes de la très complaisante revue Books (qui comme son nom ne l'indique pas est une revue française).

Il est alarmant de constater que c'est le récit de Sand qui fait la trame du dossier de L'Histoire. Il faut s'attendre à ce que la négation du peuple juif prenne de l'ampleur dans les années à venir, tout au moins en France.

* * *

Toutes les réactions qui ont suivi la publication du pamphlet du fier Khazar n'étaient pas dithyrambiques. En voici quelques-unes :

Luc Rosenzweig, sur Causeur, résume dans un texte très court mais efficace ce que lui inspire la thèse de Sand et l'accueil enthousiaste qu'elle reçoit : " (...) Et c’est ainsi que Shlomo Sand, dont l’influence en Israël est proche de zéro, devint prophète à Saint-Germain-des-Prés".

Israel Bartal, doyen à l'Université Hébraïque de Jérusalem, a réagi dans Haaretz : "Inventing an invention". Il adresse plusieurs points, par exemple l'affirmation de Sand selon laquelle la vérité (qu'il révèle dans ses écrits...) est camouflée par les établissements scolaires en Israël. Une traduction en français est disponible sur le site de l'UPJF.

Steven Plaut, professeur à l'Université de Haifa : "The Khazar Myth and the New Anti-Semitism".

Anita Shapira, professeur d'histoire juive à l'Université de Tel-Aviv, a publié dans le numéro de mars 2009 du "Journal of Israeli History" un texte disponible au format pdf, qui apporte une très intéressante contradiction aux "thèses" de S. Sand : "The Jewish-people deniers".

Pour info, le dossier de la revue L'Histoire a suscité une assez longue réaction signée Alain Michel : "Hébreux, juifs et sionistes : omissions de L'Histoire" (repris sur le site de l'UPJF).

Harry's Place a consacré au moins un texte au sujet : "The Sandman". " (...) Israel needs to exist as a Jewish state because books like Sand’s are so popular".


--------------
(1) Yasser Arafat avait déjà, en son temps, mentionné les "origines khazares" des envahisseurs sionistes...

(2) אני כוזרי גאה

(3) E. Benbassa ne résiste tout de même pas à la tentation de placer des guillemets.

mardi 14 juillet 2009

Alerte au chewing-gum sioniste!

[attention: ce billet comporte des traces de sarcasme; lecteurs allergiques s'abstenir]

Le Hamas lance un cri d'alarme : les services secrets israéliens inondent la bande de Gaza de chewing-gums aphrodisiaques dans le but de corrompre la jeunesse (Haaretz).

C'est un père affolé qui a découvert le pot aux roses : quelques minutes après avoir mâchouillé une de ces gommes d'allure tout à fait inoffensive, sa fille a adopté un comportement choquant et inapproprié (Ynetnews).

Le Hamas, toujours très soucieux du bien-être de ses administrés, a déjà procédé à des arrestations.

Un test scientifique a même été réalisé sur deux jeunes militants du mouvement islamiste. Le résultat est proprement effrayant :

Les deux volontaires, quelques instants après avoir consommé des chewing-gums made in Israel
(Rassurez-vous, ils étaient volontaires! -- photo AP / Jason Terill)


Cela pourrait-il arriver chez nous? Après avoir mangé un Oh Henry! hier après-midi j'ai éprouvé des sensations incompatibles avec la morale et l'ordre public. Notre police osera-t-elle lancer une enquête ou bien le gouvernement va-t-il (une fois de plus) se soumettre aux diktats du libidineux lobby pro-israélien?

Au nom du ciel et de la décence, barrons la route aux aphrodisiaques sionistes avant qu'il ne soit trop tard.

dimanche 12 juillet 2009

H'outzpah

Javier Solana, sorte de ministre des Affaires étrangères de l'Union Européenne, demande au Conseil de sécurité de l'ONU de fixer une date pour la reconnaissance d'un État palestinien, sans tenir compte de l'état des négociations entre Jérusalem et Ramallah (Haaretz).

Voici une liste non exhaustive de gens qui rêvent de voir M. Solana (ou un autre haut responsable européen) demander au Conseil de sécurité de prendre le même genre de décision en leur faveur : Tibétains, Ouïghours, Kurdes, Darfouris, Tamouls, etc.

Irriter la Chine ou son client soudanais, trop risqué. Par contre faire les gros yeux aux Israéliens est sans risque et médiatiquement rentable. Et si ça peut aider M. Solana à se sentir utile...

* * *

Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy, a rencontré début juillet un ponte du Hezbollah, Nawaf Musawi.

Il n'est pas le seul : des élus britanniques ainsi que... Javier Solana... ont également initié des contacts avec des représentants de la milice terroriste libanaise. L'argument avancé est celui-ci : "Hezbollah is part of the parties that participated in the recent parliamentary elections. It is natural to meet with its representatives" (Ynetnews).

Les Britanniques ont poussé l'audace jusqu'à affirmer que le but ultime de ces rencontres avait pour but d'encourager le Hezbollah à renoncer à la violence.

Je ne sais pas pourquoi exactement, mais j'ai comme un doute sur l'efficacité de la méthode.

mercredi 29 avril 2009

Latkes et thé vert

Estimations ONU: "probablement" 6.500 morts, environ 14.000 blessés, des dizaines de milliers de civils sur les routes.

Des Tamouls sauvés de la guerre, mais en péril dans des camps (AFP), "Environ 200 000 civils tamouls du Sri Lanka ont échappé au cauchemar de la zone de guerre, mais ces réfugiés blessés et traumatisés s'entassent maintenant dans des camps aux conditions sanitaires et alimentaires déplorables"

Le Sri Lanka empêche tout accès humanitaire à la zone de guerre (AFP) "Le gouvernement du Sri Lanka empêche tout accès humanitaire à la zone de guerre dans le nord-est du pays, a déploré lundi le responsable aux Affaires humanitaires de l'ONU, John Holmes (...) au moins 50.000 civils sont coincés sur la mince bande côtière où sont acculés les Tigres de libération de l'Eelam tamoul"

Les médias en parlent, pour quels résultats?

Début janvier on nous parlait de génocide à Gaza (le nombre de victimes fait débat, mais ne dépasserait pas 1.400), des milliers de protestataires défilaient à Montréal, Toronto, Londres, Paris, et dans de nombreuses autres villes de par le monde. On réclamait des enquêtes internationales, on expulsait des diplomates, des plaintes étaient déposées afin de traîner les "criminels de guerre" israéliens devant la justice, les appels au boycott étaient relancés, des opérations avaient lieu dans des supermarchés en France, une caravane partait de Londres, avec à sa tête un député britannique, pour apporter des produits de l'argent liquide et des véhicules aux "résistants"...

Le Sri Lanka, qui voit depuis de longues années s'affronter les "Tigres", organisation terroriste armée, et le gouvernement de Colombo, ne suscite pas du tout les mêmes réactions, c'est le moins qu'on puisse dire.

Les Tamouls défilent presque seuls, à Toronto ou ailleurs, dans les mêmes rues qui voyaient des milliers de protestataires hurler leur colère à pleins poumons il y a 3 mois à peine.

La situation a peu changé depuis le 5 février. Pourquoi des réactions aussi radicalement différentes?

Est-ce lié à l'émotion suscitée par les victimes civiles? Non: les victimes sont plus nombreuses au Sri Lanka qu'à Gaza.

L'absence d'information est-elle en cause? Non: même si les envoyés spéciaux sont moins nombreux sur l'île de Ceylan, les événements sont malgré tout rapportés dans les journaux. Par contre on en parle beaucoup moins, voire pas du tout, dans les "organes d'information" des organisations anti-"sionistes", des syndicats, voire des partis politiques:

- le CUPE Ontario, qui a voté une motion de boycott des institutions académiques israéliennes, est très discret en ce qui concerne le Sri Lanka. La page d'accueil, à ce jour, met en valeur 5 sujets importants: un conflit de travail à Windsor, une manifestation pour défendre les hôpitaux, une cérémonie en mémoire d'un travailleur, un appel pour limiter l'usage de l'eau en bouteille, et l'annonce de la 46e convention du syndicat en mai... En utilisant le moteur de recherche du site, je remarque que le CUPE-Ontario se contente de relayer l'appel d'un Canadian Forum for Justice and Peace in Sri Lanka... C'est mieux qu'en février, lorsque le site ne référençait même pas le nom "Sri Lanka".

- la CSN, si bavarde lorsqu'il s'agissait de fustiger ceux qui avaient protesté devant les slogans antisémites proférés par des manifestants "pro-Gaza" à Montréal en janvier, n'a toujours rien de spécial à dire sur le conflit sri lankais.

- Québec Solidaire n'a guère évolué sur ce sujet: "Votre recherche n'a donné aucun résultat". Amir Khadir, député QS au parlement à Québec, n'a pas dégainé sa chaussure.

En France ce n'est pas vraiment mieux. Olivier Besancenot soi-même, leader du tout chaud tout beau "Nouveau Parti Anticapitaliste", qui rêve de devenir le Guide d'une extrême gauche pour le moment très éclatée, ne s'est pas envolé pour le Sri Lanka alors qu'il est allé montrer sa solidarité ailleurs. Comme quoi on peut être d'extrême gauche et avoir le sens de la comm' et du marketing. On trouve malgré tout un communiqué -plutôt court- au sujet du conflit en cours au Sri Lanka, daté du 31 mars. Pas de vidéo du Chef sur le terrain, pas d'appels hystériques au boycott, pas de mention d'un génocide, etc.

Bref, tout ceci est très mystérieux car je ne vois pas de différence fondamentale entre le Sri Lanka et Israël, entre Sri Lankais, Tamouls, Israéliens et Palestiniens. Bon, on consomme plus de thé vert à Colombo qu'à Jérusalem, et plus de latkes dans les cuisines de Haifa que dans celles de Kandy, on trouve plutôt des statues du Bouddha dans un pays et des Talmuds dans l'autre, mais ça ne permet pas de comprendre pourquoi on observe une extrême réactivité dans un cas, la plus profonde apathie dans l'autre...

Ou peut-être que si?

* * *

Annexe. Tout le monde ne dort pas: Oxfam, Unicef, Médecins sans Frontières interviennent, pour ne mentionner que ces trois grosses organisations humanitaires.

dimanche 26 avril 2009

L'idéologie anti-"sioniste" et l'Histoire: un bref exemple

Dans son dossier thématique Vit-on la mort de la démocratie? la revue Médiane, vol.3 #2, propose un article signé Denis Kosseim, intitulé Israël peut-il être sioniste et démocratique? (pp. 57 à 62)

La question est purement rhétorique, comme on s'en doute.

L'auteur (qui apparemment enseigne dans un CEGEP... Mise à jour: il est prof de philosophie) enfile plusieurs perles sorties directement du bréviaire anti-"sioniste" avec une franchise déconcertante.

Il commence ainsi par regretter, avec Joseph Massad, que les "intellectuels européens de gauche" (Sartre en tête), ces pauvres aveugles, aient été incapables de percevoir "l'ultime réalisation d'Israël, à savoir la transformation du juif en antisémite et du palestinien en juif". Cet "aveuglement", tenez-vous bien, "fonderait l'identité européenne contemporaine".

M. Kosseim devrait se demander si c'est bien d'aveuglement qu'il s'agit?

Ils ne manquent pas, les intellectuels anti-"sionistes", qui passent leur temps voire fondent leur carrière sur ces deux projets: dépeindre les Israéliens comme les nouveaux nazis, et les Arabes palestiniens comme les nouveaux Juifs. Dans ce deuxième cas il ne s'agit pas uniquement de rhétorique: certains "intellectuels" affirment que les Arabes palestiniens sont les seuls vrais descendants des Hébreux de l'Antiquité, les Israéliens n'étant que des Khazars convertis, des envahisseurs colonialistes à la solde de l'impérialisme occidental islamophobe (plus loin dans son article M. Kosseim fait évidemment référence aux travaux du Professor Zand).

Si ces théories, comme celle de la "transformation du juif en antisémite et du palestinien en juif", ne sont pas retenues par certains "intellectuels européens", ce n'est certainement pas parce qu'ils les ignorent, mais plutôt parce qu'elles ne sont ni sérieuses ni convaincantes.

L'auteur se lance ensuite dans une rapide réflexion sur la nature humaine: l'être humain est-il naturellement bon ou méchant? La solution à la méchanceté humaine réside-t-elle, en conséquence, dans la répression de nos penchants ou bien dans l'éducation et la politique?

Pour montrer que la méchanceté n'est pas innée, M. Kosseim signale "le récit historique de l'Orient arabe, où il y a absence de nettoyages ethniques (...) absence de pogroms et absence d'Holocauste." À l'inverse, "les Mizrahim, les Israéliens juifs issus du monde arabe sont, quant à eux, sommés par les Israéliens juifs issus d'Europe de (...) s'européaniser, subissant ainsi un racisme euro-centrique. Ces différences culturelles et historiques portent à croire que la méchanceté humaine n'est pas naturelle."

La revue m'en est presque tombée des mains.

À cette bonté orientale, l'auteur oppose "la conception sioniste [qui] retient la prémisse essentialiste selon laquelle la méchanceté est inhérente aux non-juifs, leur racisme inévitable."

Ce n'est pas la première fois que je tombe sur une telle relecture de l'Histoire. Bizarrement, je ne m'y habitue pas: c'est à chaque fois un moment pénible, la prise de conscience désagréable que l'important n'est pas la vérité mais la répétition: une erreur suffisamment répétée sera acceptée pour vraie, à la longue.

Faisons un très court rappel.

"Dans tous les pays concernés [les pays arabo-musulmans où vivaient des Juifs] il y eut un pogrom ou un événement pogromique, des émeutes, des assassinats, voire un emprisonnement des Juifs qui, en fait, servit d'exemple, d'intimidation ou de menace." (in La fin du judaïsme en terre d'Islam, sous la direction de Shmuel Trigano, Éd. Denoël 2009, p.42)

Et Shmuel Trigano de résumer certains de ces événements (pp.42-43) qui n'ont rien à voir, faut-il le souligner, avec une quelconque "méchanceté inhérente aux non-juifs":

* Égypte: émeutes et pillages en novembre 1945, novembre 1948, janvier 1952 (également contre les Grecs et Arméniens)
* Irak: pogrom de juin 1941 à Bagdad (180 morts, 600 blessés), vague de persécutions antijuives officielles en 1948
* Syrie: pogroms de 1947
* Iran: vague d'antisémitisme en 1968, exécution du président de la communauté juive d'Iran en 1979
* Turquie: pogroms de Thrace en 1934
* Libye: pogroms de 1945 (130 morts), émeutes jusqu'en 1948, de nouveau en 1967
* Tunisie: émeutes en 1952, destruction de la grande synagogue de Tunis en 1960, violences en 1961
* Algérie: pogrom de Constantine en 1934, saccage de la grande synagogue d'Alger en 1960
* Maroc: émeutes antijuives en 1948, assassinats à Sidi Kassem en 1954, émeutes en 1961

L'ouvrage collectif dirigé par S. Trigano détaille ensuite les situations dans les différents pays arabo-musulmans où vivaient jadis des communautés juives. Il se penche bien évidemment sur le statut de dhimmi ("protégé"), et ce qu'il impliquait : restrictions, interdictions, humiliations, etc.

Ce rapide résumé aide un peu à mettre en perspective les propos de M. Kosseim sur "La thèse de la bonté naturelle de l'être humain [qui] coïncide avec le récit historique de l'Orient arabe".

C'est environ 900.000 Juifs qui ont été contraints, soit par des expulsions soit par des mesures discriminatoires et intimidantes, à quitter les pays où ils étaient nés. Environ les deux tiers d'entre eux se sont réfugiés en Israël.

Mais voilà une page de l'Histoire que les lecteurs de M. Kosseim (et ses élèves, s'il est bien enseignant) n'auront pas l'occasion d'entendre. Ils se feront plutôt dire qu'Israël n'est qu'une "régression tribale" (l'auteur cite Daniel Bensaïd), que seuls les Arabes palestiniens ont été victimes d'un "nettoyage ethnique" sur lequel, nous dit M. Kosseim, "on ne peut fermer les yeux" car il est une "injustice historique" qu'il faut "attaquer de front" (il ne mentionne évidemment pas la guérilla déclenchée contre les Juifs dans la zone mandataire dès 1947, ni l'assaut militaire des voisins arabes en 1948).

L'auteur pourrait en parler, pourtant. Son silence est volontaire. Il connaît la tragédie des Juifs chassés des pays arabo-musulmans, mais voici tout ce qu'il en dit: "Les apologistes sionistes cherchent désormais à neutraliser l'impact du nettoyage ethnique survenu il y a 60 ans en produisant un discours fallacieux selon lequel les juifs des pays arabes ont subi, eux aussi, un nettoyage ethnique à la même époque. Si les relations publiques israéliennes et pro-israéliennes réussissent à remettre le compteur à zéro, la voie est libre pour une suite et fin du nettoyage ethnique de 1948."

Les historiens qui racontent l'histoire juive orientale? Des apologistes sionistes.
L'histoire des juifs orientaux? Un discours fallacieux.
La diffusion de cette histoire, son enseignement? Un coup des relations publiques israéliennes.

Ces fréquentes tentatives de réécriture de l'Histoire ont un but: promouvoir l'abolition de l'État israélien et son remplacement par un "État unique" que l'on nous promet démocratique. C'est aussi la "solution" que propose cet auteur, qui nous invite à "sortir de la caverne sioniste". La bonne blague. La démocratie libérale n'est pas le projet du Hamas, ni d'ailleurs celui du Fatah (Arafat a régné sur le Fatah, puis l'OLP, puis l'Autorité Palestinienne jusqu'à sa mort; corruption, clanisme et clientélisme sont évoqués par nombre d'observateurs locaux ou étrangers). Par contre on sait très bien ce qui est arrivé aux Juifs orientaux, et ce qui arriverait aux Juifs israéliens si on les ramenait plus de soixante ans en arrière.

Relisant l'ouverture de l'article de Denis Kosseim, qui y dénonce l'aveuglement de certains intellectuels, je me pose la question suivante: pourquoi donc tant d'intellectuels sont-ils incapables d'appliquer à eux-mêmes les leçons dont ils sont si prodigues?

Autre question: c'est ça qu'on enseigne aux gamins dans nos collèges? Rendez-moi mon pognon!

mercredi 25 mars 2009

Galloway à New York - ses fans Canadiens s'organisent

Le vibrionnant -et unique- député de Respect au Parlement britannique est arrivé à New York où il a été ovationné par une foule en délire... d'une centaine de personnes.

Dans son discours, celui que certains ont l'audace de décrire comme un militant "anti-guerre" a réclamé, une fois de plus, l'éradication d'Israël (Toronto Star) : il rêve d'une Palestine unie, du Jourdain à la mer, où tous pourraient enfin vivre libres et heureux.

Libres et heureux? Comme les 900.000 Juifs chassés des pays arabes entre 1947 et la fin des années 60? (voir par exemple Justice for Jews from Arab Countries, qui possède aussi quelques pages en français)

Comme le dit clairement la Charte du Hamas: "Sous la bannière de l'islam, les fidèles des trois religions, l'islam, le christianisme et le judaïsme, peuvent coexister pacifiquement. Mais cette paix n'est possible que sous la bannière de l'islam".

Je sais, Galloway sait [cf. plus bas], tout le monde sait quel serait le sort des Juifs israéliens (sans oublier celui de pas mal de Druzes ou d'Arabes chrétiens) si le fantasme de "l'État unique" voyait le jour.

C'est une des raisons pour lesquelles ce projet politique rêvé par certains est grotesque, inhumain, irresponsable. Même Uri Avnery n'en veut pas, c'est dire...

Mais pour des braves gens comme Galloway, ou pour les "antisionistes" qui le défendent au Québec, un tel scénario est souhaitable. Un petit coup de rhétorique angélique en guise d'alibi (liberté pour tous, égalité...) et les voilà parés de l'auréole de l'humaniste.

* * *

Pendant que Galloway partait conquérir les USA, il se passait des choses intéressantes chez lui, en Grande-Bretagne: la Charity Commission a en effet annoncé que, lassée d'attendre des réponses à ses demandes, elle lançait une enquête sur la récente campagne de dons pour le Hamas pour Gaza. La campagne Viva Palestina proclame en effet avoir réuni plus d'un million de livres dans le but d'organiser un convoi routier vers Gaza; une fois sur place, tout a été généreusement donné à des organismes de charité ou au Hamas, y compris argent liquide et véhicules (voir par exemple ici: "we have brought with us many vehicles, much equipment, much medicine, everything we could carry, and we will hand it to Ismail Haniyeh, the elected prime minister of Palestine").

George Galloway est un habitué de ce genre d'enquêtes, apparemment.

* * *

Memri propose un patchwork vidéo de différentes déclarations du député du Respect durant son séjour dans la bande de Gaza. Ces déclarations, faites en anglais, ont l'avantage de la clarté. Extraits:


  • "Demain à 10h, inch allah, nous donnerons nos véhicules, notre argent, à Ismail Haniyeh, premier ministre élu de Palestine"

  • Galloway relate une rencontre avec un vieux, dans la rue, qui lui aurait dit "avec des amis comme vous, nous pouvons rêver qu'un jour nous pourrons retourner dans notre pays, nous pourrons les chasser", et Galloway proclame devant un auditoire ravi: "croyez-moi, vous retournerez dans votre pays, la Palestine sera libre!"

  • "nombre de mes amis [du convoi Viva Palestine] doivent donner cet argent à des organismes caritatifs; nous avons amené beaucoup d'argent (...) et nous devons le donner, certains de mes amis doivent le donner à des organismes de charité (...) mais moi, maintenant, ici, en mon nom, celui de ma soeur (...) et de deux élus du Respect [le parti de Galloway], je donne 3 véhicules et 25.000 livres, en liquide, au premier ministre Ismail Haniyeh"

  • "voici l'argent; ce n'est pas de la charité, c'est politique (...) si je le pouvais je donnerais dix fois, cent fois plus"
N'est-il pas scandaleux d'interdire à un tel ami de la paix d'entrer au Canada?

Comment ose-t-on reprocher à un honnête homme d'avoir des amis?

George Galloway se tient aux côtés d'Ismail Haniyeh, qui lui remet un passeport palestinien
(Sources photos Engage et Harry's Place)

dimanche 8 mars 2009

Réactions disproportionnées (suite...)

1 Israélien

1000 policiers

7000 manifestants

Ces chiffres résument le match de tennis Suède-Israël joué hier samedi dans le cadre de la coupe Davis (voir Haaretz).

La municipalité de Malmö ayant décidé que le match se déroulerait à huit clos, le public n'a pas été autorisé à assister à la partie.

Un site français anti-"sioniste" se réjouit en ces termes: "Israël est désormais paria, de la même façon [que le Chili de Pinochet, NdA]. Et dans tous les cas de figure, c’est sous haute protection policière que ses représentants sportifs, culturels, artistiques, scientifiques, devront désormais se produire, dans le monde entier."

Heureusement, tout le monde ne partage pas cette haine obsessionnelle: Michael Ignatieff s'est tout récemment exprimé contre la diabolisation d'Israël, quatre pays -dont le Canada- se sont pour le moment retirés de Durban II, plus d'une centaine de parlementaires venus de 35 pays se sont réunis à Londres en février pour discuter des moyens de lutter contre l'antisémitisme, pour ne citer que des événements récents.

Update
Petite vidéo des coulisses de la manifestation anti-"sioniste". On comprend mieux pourquoi il fallait mille flics pour protéger une équipe de tennis israélienne: les véhicules de police ont pris les coups à leur place... Source: Harry's Place.

vendredi 6 mars 2009

Michael Ignatieff contre la diabolisation d'Israël

Les antisémites (1) qui fréquentent nos campus se donnent ces jours-ci des allures d'antiracistes en organisant la "Semaine de l'Apartheid israélien" (Israeli Apartheid Week - IAW). Voir aussi Haaretz.

Michael Ignatieff, chef du Parti Libéral du Canada, a dit ce qu'il en pensait dans les colonnes du National Post (info reprise par l'indispensable Z-Word Blog): "Israel Apartheid Week and CUPE Ontario’s anti-Israel posturing should be condemned" (la Semaine de l'apartheid israélien et les positions anti-israéliennes du CUPE-Ontario [cf. ici] doivent être condamnées)

Sur les manoeuvres du CUPE et le boycott académique d'Israël: "The Liberal Party of Canada condemns the CUPE resolution in the strongest possible terms. I salute the others who have spoken out against the resolution, including my colleagues on both sides of the aisle in the House of Commons, and CUPE’s national president, Paul Moist, who has refused to support the resolution. I encourage all CUPE members, and all Canadians, to follow their example."

Sur l'activisme anti-israélien: "Criticism of Israel is legitimate. Attempting to describe its very existence as a crime against humanity is not (...) IAW goes beyond reasonable criticism into demonization."

Ces propos ont un certain poids, ils viennent du prochain premier ministre du Canada.


Update
Traduction rapide en français de la déclaration de Michael Ignatieff (j'invite toutefois vivement le lecteur à se référer à l'original en anglais):

Tout au long de leur histoire, les Canadiens ont tâché de se comprendre les uns les autres par-delà les solitudes qui ont brisé d'autres pays (a). Notre objectif national commun a été bâti sur notre diversité.

Nous respectons les différences – différences d'opinion, de nationalité, de race et de croyance. Renoncer à ce respect nous mettrait en péril. La « Semaine de l'Apartheid israélien » [Israel Apartheid Week - IAW], qui se déroule en ce moment sur les campus à travers le Canada, viole ces valeurs de respect mutuel que notre pays a toujours promues. Le droit international définit l'apartheid comme un crime contre l'humanité. Accuser Israël d'être une terre d'apartheid est une tentative délibérée visant à remettre en question la légitimité de l'État juif.

Critiquer Israël est légitime. Prétendre que son existence même est un crime contre l'humanité ne l'est pas.

L'IAW s'inscrit dans une campagne internationale de proclamations, de boycotts et d'appels en faveur du désinvestissement, initiée par la Conférence mondiale contre le racisme (...) tenue à Durban en Afrique du Sud en 2001. De même que « Durban I », l'IAW ne s'intéresse qu'à un seul État, à ses citoyens et ses défenseurs, pour les condamner et les exclure; des établissements et des individus sont pointés du doigt à cause de ce qu'ils sont: Israéliens et Juifs.

Ce n'est plus de la critique raisonnable, mais de la diabolisation. Cela a pour conséquence que des étudiants juifs et israéliens -craignant d'être intimidés- hésitent à exprimer leurs opinions.

Un Canadien ne devrait jamais avoir à craindre pour sa sécurité à cause de ce qu'il est ou de ce qu'il croit. Les Canadiens devraient unanimement condamner toute tentative visant à intimider des personnes en raison de leurs opinions ou de leur identité. La branche ontarienne du Syndicat canadien de la fonction publique [Canadian Union of Public Employees - CUPE] a rejoint le concert de dénonciations d'Israël sur nos campus. La décision de boycotter les universitaires israéliens, votée la semaine dernière par le CUPE-Ontario, est une violation inacceptable de la liberté de l'enseignement.

Le Canada a des liens universitaires, économiques et culturels forts avec Israël et les institutions israéliennes. Ces relations sont bénéfiques à nos deux pays. Les recherches menées conjointement par des universitaires canadiens et israéliens nous enrichissent mutuellement et devraient être encouragées. La résolution du CUPE est une attaque contre la liberté d'échanges qui est au coeur de notre système universitaire.

Le Parti Libéral du Canada condamne la décision du CUPE de la manière la plus ferme. Je salue tous ceux qui se sont exprimés contre cette résolution, y compris mes collègues des deux côtés de la Chambre des communes (b), ainsi que le président national du CUPE (c), Paul Moist, qui a refusé de soutenir la résolution. J'encourage tous les membres du CUPE et tous les Canadiens à suivre leur exemple.

Les positions anti-israéliennes de l'IAW et du CUPE-Ontario abusent de la liberté académique, et devraient être condamnées par tous ceux qui favorisent un débat courtois et respectueux sur le conflit au Moyen-Orient.

Les dirigeants politiques devraient également prendre garde à ne pas aggraver la méfiance entre communautés à propos du Moyen-Orient. Les politiciens qui se servent du conflit en cours au Moyen-Orient pour diviser les Canadiens afin d'en tirer un gain politique ne réussiront qu'à accroître les rancoeurs et à augmenter les tensions.

Le conflit israélo-palestinien suscite des désaccords passionnés. Il ne devrait pas porter atteinte à la liberté d'enseignement et il ne devrait pas diviser les communautés canadiennes. Nous pourrons progresser si nous travaillons ensemble à promouvoir l'objectif de la politique canadienne depuis 1948: Israël vivant en sécurité et dans la paix aux côtés d'une Palestine indépendante.


-----------------
(1) soyons honnêtes: il y aussi des imbéciles, des incultes sans mémoire et des conformistes dans le lot.

(a) Allusion aux "deux solitudes" qui éloignent et opposent Canadiens anglais et Canadiens français. L'actuelle Gouverneure Générale du Canada, Michaëlle Jean, a pris pour devise "Briser les solitudes". Elle a abordé cet important thème dès son discours d'investiture.

(b) Les députés du gouvernement et ceux de l'opposition se font face lorsqu'ils siègent à la Chambre.

(c) Comme beaucoup d'organismes pancanadiens, le CUPE a une direction nationale et des branches au sein des différentes provinces.

samedi 28 février 2009

Hamas - pas question d'accepter Israël

Depuis 24 heures des bruits de réconciliation entre le Hamas et le Fatah agitent les salles de rédaction et les comptoirs de bistros.

Après de sanglantes luttes internes (qui ont laissés indifférents bon nombre de "propalestiniens"), les retrouvailles?

Peut-être pas. Du moins pas tout de suite. Mahmoud Abbas, chef de l'Autorité Palestinienne, a en effet demandé qu'en préalable à la formation d'un gouvernement d'union le Hamas devait accepter les accords en cours, c'est-à-dire reconnaître l'existence d'Israël et se fixer pour objectif la solution à deux États: Israël et l'État palestinien.

Réponse du Hamas: jamais!

"Hamas will not recognize Israel or the Quartet's conditions" (Le Hamas ne reconnaîtra pas Israël ni les conditions du Quartet) said Hamas spokesman Ismail Radwan (Haaretz).

"Hamas will never accept a unity government that recognizes Israel" (Le Hamas n'acceptera jamais [de participer à] un gouvernement d'union qui reconnaîtrait Israël) said Hamas official Ayman Taha in Gaza (même source).

Pour un rappel sur le Hamas, voir ce précédent billet.

dimanche 4 janvier 2009

En direct de la manif anti-israélienne

Ce dimanche, une nouvelle manifestation pro-palestinienne était organisée dans le centre-ville de Montréal.

Je suis allé y faire un tour.

A 12:30 il y a déjà du monde. Plus de la moitié des manifestants sont issus de l'immigration. Une nette majorité des protestaires a moins de 35 ans. Beaucoup de jeunes, des jeunes femmes voilées, des ados venus en petits groupes. L'ambiance est très familiale. Le keffieh porté en foulard est de rigueur.

Des drapeaux palestiniens, bien sûr. Je remarque également un drapeau libanais. Pas de bannières vertes du Hamas, mais on peut voir deux drapeaux palestiniens, ornés en leur centre d'une représentation du Dôme du Rocher, avec en dessous une inscription en arabe (que je suis bien incapable de lire). Plusieurs organisations palestiniennes utilisent le Dôme du Rocher sur leurs fanions et écussons, j'ignore laquelle est représentée ici.

Beaucoup de pancartes ont été soigneusement préparées, avec une version française et une version anglaise, avec pour thèmes: arrêt du massacre à Gaza, arrêt du soutien du Canada à Israël, libération de la Palestine, Israël cible la police de Gaza, Israël cible le personnel médical, etc. Plusieurs pancartes faites à la main par des participants motivés: "sionistes racistes", "sioniste assassin", "Israel is killing kids" (Israël tue des enfants).

Les slogans repris par la foule: "intifada", "free Palestine". Deux slogans ont beaucoup de succès: "Israël assassin" et "Israël terroriste".

Soudain un son retenti. Tiens, on dirait un shofar...

Je remarque alors une petite dame, toute seule, soufflant en effet dans un shofar (1), un petit fanion israélien à la main. Elle est immédiatement interrompue par un membre du service d'ordre (mais sans le moindre insigne permettant de l'identifier comme tel), lunettes noires et keffieh autour du cou, et une policière. On lui explique que pour sa propre sécurité elle doit déguerpir immédiatement. La dame proteste, dit qu'elle a le droit de faire valoir son opinion dans son propre pays, mais obtempère très rapidement et le bonhomme du service d'ordre (pas la policière...) l'accompagne de l'autre côté du carrefour. Lunettes noires rejoint ensuite un collègue, dans une voiture -noire elle aussi- garée à proximité: les anges gardiens de la manif' veillent, mais au chaud!

Les manifestants n'ont pas eu un mot, pas une pancarte, pour ne serait-ce que critiquer les attentats commis par le Hamas et ses alliés. Rien. Surprenant, pour de tels contempteurs du terrorisme.

Pas la moindre allusion non plus au "ménage interne" que le Hamas a intensifié ce week-end, alors que des soldats israéliens pénétraient dans la bande de Gaza:

Exécutions sommaires à Gaza - ''des sources proches du Hamas ont révélé que plus de 35 Palestiniens soupçonnés de collaboration avec Israël avaient été "exécutés" au cours du week-end. La décision de les éliminer aurait été prise par peur que l'Etat hébreu ne tente de les secourir dans le cadre d'une opération terrestre" (...) "Un représentant officiel du Hamas de Gaza City ... a confirmé les mesures punitives mises en œuvre contre les membres du Fatah, destinées à 'les empêcher d'aider Israël'."

Ces victimes sont pourtant palestiniennes. Les manifestants seraient-ils plus "pro-Hamas" que "pro-palestiniens"? Ou bien sont-ils indifférents aux victimes palestiniennes dès lors qu'ils ne peuvent pas accuser les Israéliens?

Mise à jour:
Je ne l'avais pas vu, mais Amir Khadir, le tout nouveau député de Québec Solidaire, était présent à la manif. Ce matin aux infos, il affirme que le Hamas n'est qu'un "prétexte" à l'attaque israélienne. Il déclare également qu'il faut faire "comme pour l'Afrique du Sud" (sanctions, pressions). "Le peuple israélien, le peuple juif, est tenu en otage par des militaires qui le gouvernent". Tzipi Livni, on t'a reconnu, remets ton treillis!


--------------------------------
(1) Le shofar est utilisé, dans la tradition juive, lors des fêtes de Rosh Hashana et de Yom Kippour, ainsi que le jour de Yom Haatsmaout (indépendance de l'Etat d'Israël) [wikipedia].