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vendredi 19 juin 2009

Dhimmis in Kwebec ?

Guy A. Lepage, qui cette année présentera le spectacle de la St-Jean au Parc Maisonneuve se réjouit de l'issue apportée à la minicrise de l'Autre-St-Jean: les groupes québécois Bloodshot Bill et Lake Of Stew seront finalement de la fête, n'en déplaise aux "cous bleus" (néologisme qui fait écho aux "rednecks" de l'Ouest).

La talentueuse Florence K, qui sera de la partie au Parc Maisonneuve avec M. Lepage, "affirme d'emblée comprendre «le principe» de vouloir célébrer en français une fois par année, mais ne croit pas que la langue anglaise doive encore être un objet de «hargne» et de «haine». Elle ne croit donc pas qu'il faille bannir cette langue en particulier de la Fête nationale" (La Presse).

Et elle ajoute: "Si on avait un line-up composé de 15 groupes anglophones, O.K., mais là, il n'y en a que deux."

L'intolérance et le bannissement chez les "cous bleus" commence à 1 ou 2 groupes, les plus ouverts et tolérants patientent jusqu'à 15. On progresse...

Rappelons que tous, dans ce mélodrame si caractéristique de la Belle Province, sont québécois: les groupes anglos comme ceux qui se crêpent le chignon pour savoir s'il faut leur interdire la scène ou bien plutôt les accueillir avec magnanimité parce que, voyez-vous, ces braves jeunes gens sont d'accord pour aller "chanter à la Saint-Jean plutôt que d'aller chanter à la fête du Canada"!

Le 24 juin, une Fête nationale? Allons donc! C'est la Fête nationaliste, tout le monde sait ça. Ce n'est pas un hasard si les organismes qui la pilotent comptent parmi les ultras du petit monde séparatiste (cf. update 2).

lundi 15 juin 2009

Raus les Anglais

La "fête nationale" du Québec, qui est très officiellement la fête de tous les Québécois (pieux mensonge), se découvre un peu plus pour ce qu'elle est vraiment: la fête des Québécois anticanadiens de souche.

De nombreux chanteurs et groupes participent aux festivités. Les "Anglos" sont toutefois priés d'aller chanter ailleurs, ils ne sont pas bienvenus.

Un organisateur de la "fête" a expliqué qu'ils étaient exclus non point parce qu'ils étaient anglophones (la méchante idée!) mais parce que leur site Internet n'avait pas de version française et parce que "nous ne voulons pas qu'ils chantent en anglais au Québec" à l'occasion de la fête nationale! (Entendu sur RDI ce matin.)

Cette année encore je bouderais donc cette "fête". J'irais plutôt écouter de la bonne zique dans un quelconque pub irlandais, je m'y sentirais toujours mieux que parmi les anglophobes à la bonne conscience.


Update
Pan sur les doigts des anglophobes enragés: les groupes musicaux de langue anglaise auront finalement le droit de chanter sur la scène de l'Autre Saint-Jean (La Presse). Les extrémistes ont -temporairement- perdu la bataille.

Ce festival d'intolérance a été motivé par les... 20 minutes de chansons in English prévues dans le cadre d'un spectacle de 6 heures. C'est sûr, la langue française était en grand danger et il était vital de bouter les Anglois hors de la scène.

Reste à voir combien de policiers devront être mobilisés pour assurer la sécurité des deux groupes anglophones si généreusement invités.

Update 2

"On a beaucoup parlé au cours des derniers jours de l'intention de certains organisateurs de la Fête nationale d'exclure des artistes anglophones du spectacle prévu dans le quartier Rosemont. Le plus important, toutefois, c'est le tollé qu'a suscité cette intention.Des Québécois de tous les milieux, politiciens comme artistes, francophones comme anglophones et allophones, indépendantistes comme fédéralistes, ont dénoncé l'attitude rétrograde de ces personnes" (André Pratte)

"Mais il y a une ombre au tableau. Il y a du monde qui ont appuyé ce sursaut d'anglophobie. À commencer par M. Mario Beaulieu qui, en tant que président de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal, est le «big boss» de la Fête nationale à Montréal. Les ayatollahs sont bien là. Et ils ont applaudi (...) Le problème - et il est de taille - c'est que ce sont ces purs et durs qui contrôlent la Fête nationale. Dans une aberration que j'ai dénoncée depuis des années, le gouvernement du Québec confie l'organisation de la fête, et les fonds qui vont avec, au Mouvement national des Québécois, et à la SSJBM à Montréal, des organismes militants, des radicaux au sein du mouvement souverainiste." (Alain Dubuc)

"La Saint-Jean a suivi la même évolution que le nationalisme québécois. Autrefois, c'était la fête des Canadiens français, où qu'ils soient. La Société Saint-Jean-Baptiste, d'ailleurs, était à l'origine vouée à la défense de tous les Canadiens français sur le territoire nord-américain. C'est sous l'impulsion du mouvement souverainiste qu'elle s'est muée en organisation indépendantiste" (Yves Boivert)

jeudi 4 juin 2009

Thomas Mulcair (NPD) souffle sur les braises

Une ministre fédérale, Lisa Raitt, est dans l'eau chaude après que des documents ont été oubliés dans les studios de CTV.

Ms Raitt s'est dédouanée sur le dos d'un(e) adjoint(e), qui apparemment a été congédié(e). Élégant. Je croyais qu'être ministre, c'était être responsable...

Thomas Mulcair, l'unique élu NPD au Québec, a sauté sur l'occasion pour tenir des propos que je trouve parfaitement dégueulasses venant d'un membre de ce parti (de la part du Bloc, on a l'habitude) (La Presse Canadienne) :

Pour le néo-démocrate Thomas Mulcair, en refusant de laisser partir Lisa Raitt, Stephen Harper n'a pas été équitable. «C'est deux poids, deux mesures», a-t-il fait valoir.
Le député d'Outremont a même laissé entendre que Stephen Harper avait été plus dur avec Maxime Bernier «parce qu'il vient du Québec». «Je ne vois strictement rien qui sépare les deux cas outre cela», a-t-il affirmé.

Contrairement à ce qu'affirme le député qui trouve politiquement rentable de lancer des accusations diffamatoires et de jouer sur les divisions internes au Québec, les deux cas (Raitt et Bernier) diffèrent (Chantal Hébert):

Aux dernières nouvelles, aucun ministre ne trimbale lui-même des documents. Ils ont des adjoints pour cela.
M. Mulcair- qui a lui-même été ministre à Québec - est bien placé pour le savoir. Personne ne croit qu’il s’assoyait dans son bureau à l’Assemblée nationale tous les soirs pour battre le rappel des multiples papiers qui passaient entre ses mains et celles de son entourage.
(...)
Enfin, le prétexte invoqué l’an dernier par le premier ministre Harper pour se départir des services ministériels de l’encombrant Maxime Bernier était tellement cousu de fil blanc que personne n’a vraiment cru que son départ du cabinet tenait seulement à un oubli.

(rappel : le ministre Bernier avait oublié des documents au domicile de sa maîtresse - il était le seul responsable de ces maladresses, cf. Le Devoir)

Miser sur la division, souffler sur les braises de la paranoïa anticanadienne qui sévit au Québec, c'est indigne d'un député NPD!

mercredi 25 février 2009

La "visibilité fédérale", un crime?

Accusé d'avoir voulu commémorer la fameuse bataille des Plaines d'Abraham de 1759 -notamment en organisant une reconstitution en costumes (1), le ci-devant André Juneau (2) va aujourd'hui devoir répondre de ses actes devant la Chambre des Communes à Ottawa.

Comme le relate Le Devoir du 25 février: "C'est aujourd'hui que le président de la Commission des champs de bataille nationaux, André Juneau, comparaît devant les députés fédéraux. A-t-il voulu livrer une bataille de visibilité fédérale au Québec? Chose certaine, les libéraux de Jean Chrétien l'avaient nommé, lui et les sept autres membres du conseil d'administration, en septembre 1995, un mois avant le référendum sur la souveraineté"

Aurait-il voulu faire une telle chose? La visibilité fédérale, brrr quelle horreur... c'est une grave accusation.

Comme je l'écrivais il n'y a pas longtemps: "Deux référendums perdus plus tard, les séparatistes s'efforcent -avec succès- de faire disparaître du paysage québécois tout ce qui rappelle l'existence du Canada et du gouvernement fédéral".

Pour tout immigrant le grotesque de la situation est frappant; les gens ayant passé toute leur vie ici ont peut-être plus de difficultés à le percevoir. Aujourd'hui, le président d'une Commission nationale est vilipendé, menacé, traîné devant les députés (3) pour s'expliquer.

Mais s'expliquer de quoi? D'avoir fait son boulot? Il préside la Commission des champs de bataille, pas celle de la Poste!


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(1) qui devait réunir de nombreux amateurs passionnés, dont un descendant de Montcalm!

(2) président de la Commission des champs de bataille nationaux.

(3) rappelons que 49 séparatistes comptent parmi ces députés fédéraux.

vendredi 2 janvier 2009

Le NPD, combien de divisions?

La populaire émission Tout le monde en parle, animée par Guy A. Lepage, accueillait de nombreux invités jeudi soir pour un spécial Nouvel An.

Jack Layton (chef du NPD) et Gilles Duceppe (chef du Bloc), deux des coalisés -temporaires- d'Ottawa, étaient de la fête (1).

Durant l'émission, Guy A. Lepage a demandé à Jack Layton, chef du NPD, un parti fédéraliste, s'il ne s'était pas allié "avec le Diable" bloquiste.

La réponse de M. Layton valait son pesant de langue de bois: il a en effet reproché à "des gens, ailleurs au Canada, surtout des conservateurs", "qui n'aiment pas ce qu'on essaye de faire" de "diviser le pays" en critiquant la présence du Bloc dans la coalition. Il a insisté en disant qu'il était plus important de travailler ensemble que de "créer des divisions".

Si tu détestes tant les divisions, dear Jack, pourquoi t'allier avec un parti dont le programme consiste à diviser le Canada de manière bien plus radicale qu'une petite bagarre partisane à la Chambre des Communes ne le fera jamais? Pourquoi signer une entente qui affirme noir sur blanc que les Québécois ne sont pas des Canadiens?

Gilles Duceppe, assis à côté de Jack Layton, a clairement rappelé cet objectif séparatiste (d'autant plus clairement que la campagne est terminée et qu'il n'a plus besoin d'entretenir un flou artistique pour attirer les voix des fédéralistes anti-Harper!) et Pauline Marois (2) était là pour lui donner la réplique.

Madame Marois de son côté se faisait remarquer pour un geste ô combien élégant, digne de la fonction de premier ministre du Québec à laquelle elle aspire: prenant un petit drapeau canadien de la main du "fou du roi" Dany Turcotte, elle le faisait disparaître sous la table, ne s'attirant rien d'autres que des rires.

Voici donc, en hommage spécial à celle qui prétend devenir premier ministre de tous les Québécois:


Image strictement réservée à un public fédéraliste et averti - cette image ne devrait pas être montrée aux épileptiques ni aux séparatistes québécois - en cas d'exposition prolongée, contactez le député bloquiste ou péquiste le plus proche.
(Source: Patrimoine canadien, www.pch.gc.ca)


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(1) Le troisième coalisé était absent. Officiellement pour cause de tempête de neige sur Toronto; mais Chantal Hébert, présente sur le plateau, a suggéré que le nouveau leadership libéral prenait ses distances avec la coalition et que Michael Ignatieff participerait volontiers à l'émission de Guy A. Lepage, mais seul...

(2) chef du Parti Québécois - parti provincial, séparatiste.

mardi 9 décembre 2008

Histoires de bashing

Allez, c'est reparti... Tout le monde y va de sa rengaine:

Pauline Marois: "Mr. Harper did not respect the view of the Quebecers".

Une lectrice du Devoir voit dans les récents événements "le retour de la francophobie canadienne-anglaise", "l'hystérie antiquébécoise"... "en situation de crise, le Québec redevient vite le bouc émissaire privilégié"... "le Québec ne sera jamais accepté au Canada".

Pour arriver à cette vision peut-être un peu hystérique, on commence par poser l'équation Bloc québécois = Québecois. Or ce sont 38% des voix qui sont allées vers le Bloc le 14 octobre. C'est beaucoup, mais ce n'est pas "les Québécois".

Après ce tour de passe-passe malhonnête (Bloc et ses partisans = Québec) on pousse le bouchon un peu plus loin: s'opposer au Bloc et son programme = Québec-bashing.

Et hop, abracadabra.

Une autre chose intéressante, c'est que ceux qui montent aux barricades (virtuelles) pour s'insurger contre le prétendu "Québec-bashing" de M. Harper et des Canadiens anglais ont volontiers eux-mêmes recours au West-bashing.

Un lecteur du Devoir dénonce par exemple: "l'aveuglement idéologique du petit Kaiser albertain". Imaginez un peu les réactions si un Albertain osait traiter Gilles Duceppe de "petit Kaiser québécois".

Avant les remous à la Chambre des Communes, Pierre Falardeau avait causé quelques réactions en traitant David Suzuki de "petit japanouille à barbiche, un autre emmerdeur de la côte Ouest, véritable professeur Tournesol de l'écologisme bien-pensant". En punition, P. Falardeau avait été invité à Tout le monde en parle. Comme quoi le West-bashing est très bien accepté, certains y verront même de l'audace, une manifestation de patriotisme enflammé, mais malheur à ceux qui s'opposent au séparatisme du Bloc et du PQ.

Mais au fait, y a-t-il vraiment une éruption de Québec-bashing, de francophobie, ailleurs au Canada?

Hormis les inévitables Peter Falardow que l'on trouve ici et là dans les autres provinces, c'est loin d'être certain. Patrick Lagacé, envoyé spécial de La Presse à Calgary, a observé les réactions des opposants albertains à la coalition. A propos d'une manifestation anti-coalition, il remarque:

"Des mots durs pour le Bloc, sur des affiches, oui. Mais pas un mot contre le Québec ou les Québécois, chez les orateurs. Et parmi les centaines d'affiches, j'ai eu beau chercher, pas une seule qui croquait de la grenouille."

Tout le monde n'est pas parfait en Alberta ou en Ontario, tout le monde n'est pas parfait ici non plus. S'il faut se séparer de quelque chose, je vote pour une séparation d'avec les extrêmistes. Donnons leur un morceau des Territoires du Nord-Ouest, et qu'ils aillent s'y faire la guerre.