dimanche 12 juillet 2009
H'outzpah
Voici une liste non exhaustive de gens qui rêvent de voir M. Solana (ou un autre haut responsable européen) demander au Conseil de sécurité de prendre le même genre de décision en leur faveur : Tibétains, Ouïghours, Kurdes, Darfouris, Tamouls, etc.
Irriter la Chine ou son client soudanais, trop risqué. Par contre faire les gros yeux aux Israéliens est sans risque et médiatiquement rentable. Et si ça peut aider M. Solana à se sentir utile...
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Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères de Nicolas Sarkozy, a rencontré début juillet un ponte du Hezbollah, Nawaf Musawi.
Il n'est pas le seul : des élus britanniques ainsi que... Javier Solana... ont également initié des contacts avec des représentants de la milice terroriste libanaise. L'argument avancé est celui-ci : "Hezbollah is part of the parties that participated in the recent parliamentary elections. It is natural to meet with its representatives" (Ynetnews).
Les Britanniques ont poussé l'audace jusqu'à affirmer que le but ultime de ces rencontres avait pour but d'encourager le Hezbollah à renoncer à la violence.
Je ne sais pas pourquoi exactement, mais j'ai comme un doute sur l'efficacité de la méthode.
samedi 11 juillet 2009
La peur et la haine
Certains, au fil des ans, préfèrent s'éloigner de leurs anciens camarades. La rupture est parfois radicale, comme dans les cas de Luc Rosenzweig ou Nathan Weinstock.
Lucy Michaels a, en 2004, rédigé un article sur son expérience au sein du mouvement propalestinien.
Elle ne s'y est pas toujours sentie très à l'aise et elle en témoigne dans ce texte intitulé "Fear and Loathing" (La peur et la haine). Voici le début du texte, en français:
C'est une grande différence entre ceux que l'on pourrait rapidement définir comme des "amis d'Israël" et les propalestiniens : les premiers sont motivés par leurs affinités, par un lien affectif avec le pays, ses habitants (certains d'entre eux du moins), avec la langue, la littérature, ou tout simplement par la reconnaissance du droit des Juifs à l'autodétermination.C'est seulement ces derniers mois que j'ai trouvé le courage de parler à certains de mes amis (juifs et non-juifs) au sein du mouvement de solidarité avec la Palestine, et plus largement au sein du mouvement antimondialisation et antiguerre, au sujet des difficultés que j'ai éprouvées en tant que juive au sein de ce mouvement. Il m'a aussi fallu du temps pour nommer ces difficultés : racisme antijuif, ou judéophobie.
La première fois que j'ai rejoint la lutte pour les droits des Palestiniens, c'était à l'occasion d'un rassemblement sur Trafalgar Square en 2002. En un tel lieu je pouvais rester anonyme tout en soutenant la cause en laquelle je croyais. Cependant, c'est avec horreur que j'ai observé les diverses réactions lorsqu'une pacifiste juive israélienne a pris la parole. 'L'occupation c'est la terreur!' a-t-elle dit. 'Elle apporte le désespoir dans les coeurs des jeunes palestiniens, filles et garçons. Mais les attentats suicide n'aident pas la lutte palestinienne. Ceux qui envoient ces enfants - Hamas, Jihad islamique, Tanzim – font le jeu de Sharon.'
En entendant cela, un groupe de jeunes fondamentalistes musulmans, certains d'entre eux avec les rouleaux de papier hygiénique vides attachés autour de la taille pour imiter des bâtons de dynamite, s'avancèrent vers l'estrade en jetant des bouteilles et en scandant 'Scud, Scud, Israël ! Gaz, gaz, Tel-Aviv !' et en arabe 'mort aux juifs!'. J'ai été encore plus horrifiée en voyant cette femme continuer malgré tout son discours, sans le moindre soutien. Aucune des personnes assises sur l'estrade n'a levé le petit doigt pour s'opposer à un racisme aussi flagrant. Quand elle a quitté la tribune, le président de l'assemblée lui a repris le micro avec ce commentaire: 'Eh bien, nous ne sommes pas tous d'accord avec la dernière intervenante...'
Ce qu'exprimait massivement la gauche britannique ce jour-là, ce n'était pas tant de la solidarité avec les Palestiniens qu'une virulente hostilité envers Israël et par extension envers quiconque n'aurait pas exprimé sa honte d'être juif ou son rejet radical de l'État juif.
La notion de racisme antijuif a été si étroitement associée à la Shoah (Holocauste) que ses manifestations plus subtiles et quotidiennes nous échappent bien souvent. Bien sûr on n'envoie plus les Juifs dans des chambres à gaz, et en Grande-Bretagne les attaques racistes contre des personnes ou des bâtiments sont heureusement rares. Cependant il y a des exemples, en particulier à propos d'Israël et de la Palestine, où attitudes et expressions judéophobes ressortent souvent (...)
À l'inverse, ce qui frappe chez nombre de "propalestiniens" c'est que leur engagement se fonde volontiers non pas sur l'amour pour les Arabes palestiniens et leur culture, mais sur la haine envers les Israéliens (ainsi que les "sionistes" en France ou au Canada). Il suffit pour s'en rendre compte de lire la prose et d'observer les actions des multiples groupes "propalestiniens".
Pour revenir à Nathan Weinstock, la revue "L'Arche" avait publié son témoignage à l'été 2006, on peut encore le trouver en ligne sur le site de l'UPJF. Extrait :
Depuis l'époque évoquée par Nathan Weinstock la situation ne s'est pas vraiment améliorée.Un petit fait vécu, dont je me suis avéré incapable de saisir la portée, à l’époque, l’illustre amplement. Mes écrits antisionistes m’avaient valu d’être invité à la tribune de la GUPS (General Union of Palestinian Students) en 1967, à Paris, quelques jours avant la Guerre des Six Jours. J’avais décidé de saisir l’occasion de cette prise de parole pour adresser solennellement à l’assemblée un message officiel émanant du Matzpen, groupuscule antisioniste israélien d’extrême gauche. Il s’agissait d’une première (Éric Rouleau, du Monde, fit même un papier au sujet de ma venue). J’espérais opérer une brèche dans le mur d’incompréhension réciproque… Et, dans mon insondable naïveté, j’imaginais que je serais assailli d’interrogations au sujet des militants israéliens dont j’apportais le salut, qu’on se réjouirait d’entendre que les revendications des Palestiniens avaient recueilli un écho de l’autre côté de la frontière…
Pensez-vous ! Personne - j’insiste: aucun des organisateurs ou des auditeurs ne s’est intéressé au message ou au Matzpen. Ils s’en fichaient royalement, car ils avaient bien mieux à faire. En proie à un état de surexcitation incroyable, l’oreille vissée à leur transistor, ils frémissaient tous à l’écoute de Radio-Le Caire, savourant avec délices l’annonce selon laquelle les vaillantes armées arabes étaient sur le point de jeter l’agresseur sioniste à la mer.
Bref, loin de représenter un interlocuteur, je me trouvais relégué à la seule place réservée aux adversaires juifs d’Israël: celle de l’«idiot utile».
Et «utile», je l’étais en effet. Les invitations pleuvaient sur mon bureau. Tout le monde voulait m’entendre dénoncer Israël l’innommable. À chaque fois, le scénario parisien se répétait. Soutien inconditionnel des auditeurs aux pires aberrations des fedayin (surtout les pires: les outrances extrêmes ne sont-elles pas la preuve d’une foi révolutionnaire inébranlable ?). Haine sans limites pour les Israéliens, quels qu’ils soient.
Peu à peu, il me devint impossible d’ignorer un antisémitisme insidieux et omniprésent, suintant à travers toutes ces déclarations enflammées de soutien et ces dénonciations aveugles. On vomissait d’abord les «sionistes», pour démasquer ensuite l’«emprise des sionistes» sur les médias et aboutir bientôt à mettre en cause la «domination mondiale sioniste». Quand on me citait, c’était toujours en prenant soin de gommer préalablement les (trop rares) passages critiques envers les Palestiniens ou les directions arabes. Car ce n’étaient évidemment pas mes écrits qui les intéressaient, mais uniquement la possibilité de se servir de mon nom pour cautionner leur haine du Juif.
[Extrait de L’Arche n° 579-580, juillet-août 2006. Numéro spécimen sur demande à info@arche-mag.com. Reproduction autorisée sur internet avec les mentions ci-dessus]
lundi 6 juillet 2009
Accrochez-vous aux ailes, les fauchés!
Plus exactement ils réfléchissent -encore et toujours- aux moyens d'entasser un maximum de voyageurs dans leurs machines volantes.
Je me suis quand même pincé deux ou trois fois en lisant la nouvelle : le patron de Ryanair joue avec l'idée de proposer une forte réduction aux voyageurs qui accepteraient... de voyager debout (la compagnie appelle ça être "assis verticalement").
Et attachés sur les ailes, on aurait 95% de rabais ?
Cette géniale idée intéresse aussi beaucoup la Chine. Ce qui démontre une fois de plus que les communistes valent largement les capitalistes lorsqu'il s'agit de trouver les moyens les plus efficaces d'exploiter et rentabiliser la plèbe. D'un autre côté, pourquoi se gêneraient-ils? Eux et leurs proches ne voyagent qu'assis assis voire assis horizontalement, en première classe ou en jet privé.
Dommage que l'A380 soit destiné aux vols longues distances. Le nombre d'assis verticaux qu'on pourrait caser dans un seul de ces monstres laisse rêveur..."La position debout permettrait en effet d'embarquer jusqu'à 40% de passagers supplémentaires et s'accompagnerait d'une réduction des coûts de 20% pour la compagnie, selon les calculs de Spring Airlines [une compagnie chinoise]" (Le Figaro)
La prochaine idée à creuser : comment diminuer les coûts de carburant en faisant pédaler la classe éco. En prime ce serait écolo et bon pour la santé.
dimanche 5 juillet 2009
Heil Vroum-Vroum
Drame national.
Des représentants du peuple (officiellement, c'est ce qu'ils sont) avaient pris l'avion en compagnie d'entrepreneurs angoissés pour rencontrer le grand manitou du vroum-vroum afin de lui
Mais nos élus gardent espoir pour 2010 :
"Retour de la F1 à Montréal ? Montréal s'équipe pour accueillir de nouveau la Formule 1. L'administration Tremblay a autorisé cette semaine l'achat de plateformes, d'écrans géants, de barrières, bref de tout le nécessaire pour tenir une course, au cas où elle parvient à s'entendre avec Bernie Ecclestone pour le retour du Grand Prix du Canada (...) Selon le dernier scénario envisagé, c'est Ecclestone lui-même qui agirait à titre de promoteur de la course. Les gouvernements lui verseraient une aide financière de 75 millions." (La Presse)
"Grand Prix à Montréal: les négociations se poursuivent. Selon ce qu'a appris TVA auprès de l'ancien promoteur de l'événement, Normand Legault, et du maire de Montréal, Gérald Tremblay, il y a toujours des négociations avec le grand argentier de la Formule 1, Bernie Ecclestone" (La Presse Canadienne)
Le bon M. Ecclestone ne se préoccupe toutefois pas que de Formule 1. Il s'intéresse aussi à la politique. Il a ses opinions :
Rassurons-nous, c'était sans doute de l'humour, comme lorsqu'il avait déclaré que les femmes devraient se vêtir en blanc, "à l'instar des autres appareils ménagers". Il est d'ailleurs revenu sur ce trait d'esprit dans son entrevue avec le Times : "Ecclestone said that had been a joke, adding "I would love to have a good lady race driver and preferably black and Jewish too, but they might take maternity leave."" La grande classe."Bernie Ecclestone, the Formula One chief, said on Friday that he preferred totalitarian regimes to democracies and praised Adolf Hitler for his ability to "get things done" in an outspoken interview with London's The Times" (Haaretz) [B. Ecclestone ... a déclaré vendredi lors d'une entrevue avec le Times de Londres qu'il préférait les régimes totalitaires aux démocraties, et a loué Adolf H...er pour sa capacité à "faire aboutir les projets"]
Puisqu'on est tous des amis de l'humour, on devrait prévoir des chemises noires (blanches pour les femmes!) pour les fans et spectateurs si le GP devait revenir à Montréal en 2010. Histoire de prouver à Ecclestone que nous avons bien aimé sa blague et que nous sommes prêts à toutes les bassesses pour accueillir de nouveau son festival de la pollution et du bruit.
Source info : Harry's Place.
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Note : Haaretz ainsi que d'autres organes de presse précisent que les déclarations d'Ecclestone "provoked furious reaction from politicians and Jewish groups" [ont provoqué de furieuses réactions de la part de politiciens et groupes juifs]. Outre le fait que les Juifs se retrouvent un peu seuls, une fois encore, je ne doute pas un instant que des âmes bien intentionnées vont nous expliquer que ces "hommes politiques et groupes juifs" ont perdu leur légendaire sens de l'humour... Ach! So schade.
En français : article du Monde.
Update: Ecclestone présente ses excuses "I'm just sorry I was an idiot. I sincerely, genuinely apologize" et affirme que ses déclarations ont été prises "hors contexte" (Haaretz). Bin voyons...
Le voile et la liberté : compatibles ?
À méditer par les partisans du "droit" des femmes à se soumettre au conformisme religieux le plus strict, y compris ici au Québec.Ce week-end, Assma al-Ghul, une journaliste palestienne, s'est plainte que des policiers du Hamas ont tenté de l'arrêter et de lui confisquer son passeport ainsi son ordinateur parce qu'elle avait ri en public et qu'elle ne portait pas le hijab (...)
Islam Shahvan, porte-parole des forces de sécurité du Hamas (...) a souligné que le mouvement islamiste n'interfère pas dans les habitudes vestimentaires des femmes, tant qu'elles le font dans la sphère privée : " Nous devons préserver nos traditions et notre culture islamique. Si une femme veut s'habiller comme elle le souhaite elle doit se rendre dans des piscines privées et non dans des lieux publics." (Jerusalem Post)
Update
Un article de l'Associated Press donne d'autres détails.
jeudi 2 juillet 2009
Verroteries: la crise permanente par l'exemple
Elle insistait également sur ceci :
Il faut savoir que ces terrains sont loués (à un coût symbolique) à l'État fédéral. Le PQ, fidèle à ses convictions et sa stratégie de communication, agit comme si Ottawa était la capitale d'un État étranger et attise les passions afin de faire avancer ses projets."Le Parti Québécois a déjà pris position en faveur du rapatriement intégral des compétences en culture et communications ainsi que la rétrocession des plaines d’Abraham et des terrains de l’Assemblée nationale" (site du Parti Québécois)
Stephen Harper, premier ministre, a récemment fait savoir que son gouvernement allait corriger cette "anomalie" historique et transférer à la Province la propriété desdits terrains.
Cette décision n'a pas troublé le moins du monde les tenants de la "crise permanente" entre Québec et Ottawa, qui ont immédiatement minimisé ou dénigré la décision de M. Harper. Le PQ entonne le refrain du "ce n'est qu'un début le combat continue" :
Michel David, éditorialiste au Devoir, n'hésite pas à apporter sa contribution à l'opération :"Enfin ! Une aberration de moins... N’est-ce pas la moindre des choses que le Québec soit propriétaire du terrain où est situé son Parlement, que nous louons à Ottawa depuis 1881 ?" (site du Parti Québécois)
On l'aura deviné: quoique fasse Stephen Harper -ou n'importe quel PM fédéral- cela ne sera jamais assez, jamais bien, jamais bon."Présenter un geste qui va autant de soi comme une preuve de la souplesse du fédéralisme canadien est une véritable insulte à l'intelligence. Cela rappelle les verroteries que les marchands de fourrure offraient jadis aux autochtones, en attendant le jour où ils seraient carrément expulsés de leurs territoires de chasse." (Le Devoir, 2 juillet 2009)
La crise permanente jusque dans ce genre de détails administratifs, c'est aussi ça, le séparatisme en action.
mercredi 1 juillet 2009
1er juillet 1867
Souvenirs, souvenirs : la Confédération au 1er juillet 1867:
Bonne Fête, Canada!