mercredi 9 juin 2010

Moins de diplomates, plus de psys ?

Tandis que la Turquie poursuit sa dérive politique (entamée bien avant l'arraisonnement du Mavi Marmara par les forces israéliennes), l'agitation diplomatique anti-israélienne continue au Conseil onusien des Droits de l'Homme à Genève.

Une déléguée syrienne, Rania Al Rifaly, a livré mardi un discours édifiant.

Si on en croit Al Rifaly, qui a pu s'exprimer sans la moindre interruption ni remarque du président du conseil (source National Post, 9 juin 2010 - je ne cite que quelques passages):
  • L'État d'Israël endoctrine les enfants afin de leur enseigner la haine des Arabes dès le plus jeune âge
  • Les gamins israéliens apprennent tôt l'utilisation des armes (1)
  • Al Rifaly sait -de source sûre- que des enfants Israéliens ont été entendus en train de chanter joyeusement sur le chemin de l'école: "Avec mes dents je déchirerai ta chair, avec ma bouche je sucerai ton sang" (2)
Je remarque deux choses.
Tout d'abord la déléguée syrienne reproche à Israël des choses qui sont, en réalité, le fait de ses pires ennemis. Le Hamas, par exemple, organise de drôles de "camps de vacances" pour les gamins ainsi que des émissions de télévision pour la jeunesse vantant les joies du "martyre". Le lynchage de Ramallah en 2002 (où deux Israéliens désarmés ont été dépecés par la foule) permet de comprendre qu'il n'est pas nécessaire de chercher chez les Israéliens l'origine de tels fantasmes de sauvagerie.
Il faut ensuite se rappeler qu'il existe toute une littérature (ainsi que des films) sur les Juifs buveurs de sang (version plus moderne: le Juif voleur d'organes). La prétendue chanson dont parle Al Rifaly n'est qu'une énième version de ce thème.

Ce délire (tenu à la tribune du Conseil des droits humains de l'ONU!) m'incite à penser que nous n'avons pas besoin d'énormément de diplomates pour sortir le Proche-Orient du cycle de la violence. Il y en a déjà beaucoup, voire même trop. Ce qui fait défaut, ce sont des psychiatres pour accompagner les quelques diplomates nécessaires au processus.

Anecdote: tandis que Al Rifaly révélait avec candeur son "côté obscur" sans se faire interrompre, le représentant canadien était rappelé à l'ordre parce qu'il avait osé utiliser le mot "régime" pour parler de l'Iran ou de la Corée du Nord. Le président du conseil lui a déclaré que les membres du Conseil devaient s'abstenir d'utiliser un tel langage pour désigner des pays membres de l'ONU...

L'ONU devrait faire attention. Elle vieillit encore plus mal qu'Helen Thomas.

Voir aussi: American Jewish Committee.


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NOTES

(1) "Hatred is widespread, taught to even small children, who are taught to use weapons, and who are taught to sign missiles that will be fired at Arabs."

(2) "Let me quote a song that a group of children sing merrily as they go to school: With my teeth I will rip your flesh, with my mouth I will suck your blood."

mardi 8 juin 2010

Deux bonnes nouvelles au Canada

Les bonnes nouvelles ne sont pas si fréquentes, alors ne les ratons pas. Pour la journée d'hier j'en ai relevé deux.

Quelques centaines de personnes se sont rassemblées hier lundi à Montréal, sur l'heure du dîner (c'est-à-dire vers midi).

Une réunion calme de citoyens pro-israéliens, fatigués des campagnes anti-"sionistes" à répétition, campagnes qui n'ont décidément rien à voir avec une quelconque critique des politiques israéliennes. Diabolisation et négation ne sont pas une critique.

Irwin Cotler, ancien ministre et député (libéral) de Mont-Royal, était présent.

Plus anecdotique, mais intéressant car l'événement démontre très clairement l'intolérance absolue des anti-"sionistes", incapables d'accepter autre chose qu'une reddition totale à leurs exigences. À Toronto, les Queers Against Israeli Apartheid (les Homos contre l'Apartheid Israélien... apartheid israélien, est-ce que ce n'est pas un pléonasme en 2010?) piquent une grosse colère. Les organisateurs de la Gay Pride de Toronto ont en effet décidé que cette année les termes "Israeli Apartheid" ne seront pas mentionnés durant la fiesta qui doit durer dix jours. Motif: cela divise les gens et ça pourrit l'ambiance. Extraits: "Let us be clear, criticism of Israeli government policy is legitimate. However, the atmosphere created by the use of the words "Israeli Apartheid" in the last three years of the Pride Festival are not (...) QuAIA is not being banned from this year's festival. We are restricting the use of words and phrases that can promote a poisonous atmosphere and detract from the goal of celebrating diversity within our community (...) The Israeli-Palestinian conflict evokes passionate disagreement. However, it should not damage the good work of Pride Toronto and it should not divide Canadian communities."

C'est une décision très mesurée, mais les 23 activistes Queers anti-"sionistes" frustrés n'ont pas appréciés ce qu'ils décrivent comme une "censure" et ont claqué la porte. Le site Internet de ces gays pas drôles est aussi radical que les sites anti-"sionistes" classiques (comme quoi un activiste gay peut être aussi borné et intolérant que le premier hétéro venu). On y trouve des liens vers Electronic Intifada, Counterpunch, ou les œuvres d'Ilan Pappé. Le groupe est bien sûr en faveur de la campagne BDSM (boycott total de l'État fascisto-impérialo-colonialo-raciste israélien) et propose un arrêt du tourisme gay en Israël. Ils ne semblent pas avoir d'avis particulier sur le tourisme gay dans des paradis homos comme l'Égypte, le Yémen etc (la page d'accueil du site n'en pipe mot, en tout cas.)

Détail: leur bannière clame "We stand with Queers in Palestine". Sachant que nombre de gays palestiniens fuient en Israël lorsqu'ils sont démasqués, c'est grotesque. Là encore ces gays pas marrants insistent sur leur soutien des queers "en Palestine". Pour les queers en Arabie saoudite, en Chine et autres riantes contrées, allez voir chez les Grecs...

dimanche 6 juin 2010

Un provocateur sioniste perturbe une manif pour la Paix

La vidéo ci-dessous a été tournée durant une manifestation "humanitaire" (Los Angeles, selon le clip) (www.juif.org).



Une surprise: le petit nombre "d'humanistes" présents.

Un provocateur sioniste s'est invité à la petite sauterie. Il est très jeune. La meute de "pacifistes" s'intéresse vivement à lui. On lui jette des "Allahu akbar! allahu akbar!", "You kill my people", "murderer! murderer!", etc.

Un cordon de flics (des musclés, à l'américaine) s'interposent entre le jeune contre-manifestant et les "humanitaires". On voit un militant (service d'ordre?) tenter de calmer ses troupes.

Une large banderole affirme:

AFTER THE HOLOCAUST
THE WORST THING THAT HAS HAPPENED
TO THE JEWISH PEOPLE IS THE STATE OF ISRAEL

[Après l'Holocauste, la pire chose qui soit arrivé au peuple juif c'est l'État d'Israël]

Si j'en crois la banderole, il s'agirait d'une citation de Bob Avakian, président du Revolutionary Communist Party (RCP) aux USA.

Bel exemple de "convergence des luttes": aux USA aussi l'extrême-gauche manifeste au son des "allahu akbar".

Une pancarte s'exerce à la rime: "Israeli pirates kill / US pays the bill" [Les pirates israéliens tuent / Les USA paient la facture]

Le caméraman discute avec deux manifestants (dont celle qui hurlait "You kill my people").

Caméraman: "Est-ce qu'un État palestinien aux côtés d'Israël serait satisfaisant pour vous?" [Would a palestinian state alongside Israel satisfy you?]

La femme: "C'est... Non, non, non! Aux côtés des Juifs [qui] peuvent vivre dans un État palestinien. Il ne devrait pas y avoir d'État israélien! (Caméraman: "ok, merci"; la femme continue sur sa lancée) L'État d'Israël n'existe même pas!" [It's... No no no! alongside with the jews can live in a palestinian state. there should not be an israeli state! (...) Israeli state doesn't even exist!]

Un homme intervient: "L'unique raison pour laquelle Israël fait ça, c'est parce qu'ils se sont fait expulser de, euh, les Allemands... quoi qu'il leur soit arrivé... alors ils essayent de reporter leur colère sur quelqu'un d'autre" [The only reason Israel is doing this is because they got kicked out from, er, the Germans, whatever, whatever happens to them. So they're trying to take out the anger to someone else]

samedi 5 juin 2010

Israël : crime contre l'humanitaire

J'étais pro-israélien, je ne le suis plus. Impossible de rester indifférent lorsqu'un convoi humanitaire pacifique est attaqué par des soldats venus pour tuer (dixit Henning Mankell).

Les preuves en images.

Pour se donner du courage, le personnel humanitaire de l'IHH (organisation strictement humanitaire) chante une ode à la Paix. À la fin du clip une infirmière anticipe avec plaisir la perspective d'apporter aux Gazaouis l'aide tant attendue (et refusée par le Hamas lorsque les forces sionistes ont voulu acheminer l'aide depuis Ashdod-Occupée jusqu'à Gaza):



Les 700 médecins et infirmiers de la Flotille "Go back to Auschwitz", fidèles à leur serment d'Hippocrate, transportaient du matériel de première nécessité:

des pelles :

divers outils de construction:

bandages, scalpels et autres instruments chirurgicaux:

les enfants n'étaient pas oubliés avec des sacs de billes:

et des jouets en bois, certains peints à la main:

sans oublier les biberons:


Mes yeux se sont ouverts et désormais je me range du côté de la Paix et de la Justice.

Partout dans le monde, nous dénonçons l'agression anti-humanitaire israélienne. Partout dans le monde, les militants pour un monde pacifique, fraternel et humaniste se regroupent. [Note: ces photos proviennent de sites de presse. Elles ont toutes été prises lors des manifestations qui ont eu lieu après l'arraisonnement de la Flotille "humanitaire". J'apporte cette précision car il est vrai qu'on pourrait les confondre avec les manifs anti-"sionistes" de 2009, 2008, 2006, 2005, 2004, 2001, 2000, 1998, 1996, 1995, 1994, 1991, 1990, 1988, 1982...]

à Islamabad:

aux Pays-Bas:

à Londres (remarquez le drapeau à droite du superbe Ataturk):

à Los Angeles:

à Beyrouth (notez les nombreux fanions d'organisations humanitaires):


Enfin, parce que parfois on est las de pleurer au spectacle de ce monde (re)devenu fou... Latma TV: We con the world.

Shalom le-Israel

lundi 26 avril 2010

D'Aftonbladet à l'autel, amen

Helle Klein (voir ici), la sympathique rédac' chef "politique" du journal Aftonbladet depuis 2001, va quitter ses fonctions le 1er octobre.

La raison: la dame s'intéresse beaucoup à la théologie et a été ordonnée pasteur il y a déjà deux ans. Elle souhaite suivre pleinement cette voie et s'éloigner un peu des projecteurs. Elle continuera sa collaboration avec Aftonbladet, mais en free-lance. Elle prépare également un bouquin.

Il n'est pas nécessaire d'être pasteur pour adhérer aux "révélations" de Boström, mais ça pourrait expliquer la vigueur avec laquelle Klein a défendu ce pamphlet ridicule (ça faisait aussi partie de ses fonctions, bien sûr).

Source: Sveriges television. Voir aussi le blog de Klein.

Félicitations, et bye bye.

jeudi 8 avril 2010

5% = 5x (A Lesson In French Mathematics)

Lu dans la chronique de Michèle Ouimet, Vers The Province of Quebec? No Sir (La Presse du 7 avril).

La chronique est une critique mi-figue mi-raisin du dernier cri d'alarme de l'acteur Pierre Curzi, "spécialiste" ès-langues du Parti Québécois (séparatiste).

Extrait: "L'étude compare ces taux au poids relatif de chaque langue. En 2006, il y avait 2,83 francophones à Montréal pour un anglophone. Le français aurait donc dû exercer un pouvoir d'attraction plus grand que l'anglais. Mais ce n'est pas le cas, au contraire, conclut l'étude. L'anglais séduit et son pouvoir d'attraction est cinq fois plus important que le français (je vous fais grâce des calculs qui aboutissent à ce 5%)"

Confondre un écart de 5% avec une multiplication par 5, ce n'est peut-être pas de l'excellent journalisme, mais ça en dit long sur l'ampleur de l'hystérie en matière de langue (le fantasme d'un retour conquérant de l'anglais est la norme, au Québec).

lundi 5 avril 2010

Les colères d'un Roi-Pâle

L'excellent écrivain québécois Victor-Lévy Beaulieu a commis un nouveau bouquin cette année, un pot-pourri d'articles divers collés ensemble par Trois-Pistoles.

Son titre: La Reine-Nègre, en "hommage" à Michaëlle Jean, gouverneure générale du Canada... et d'origine haïtienne.

Outre les vaticinations habituelles contre la Reine-Nègre, haïe par les ultra-nationalistes québécois, VLB n'oublie pas d'autres bêtes noires habituelles de ce milieu (voir par exemple ceci). En page 297 on trouve ainsi un texte de deux pages, intitulé "Israël, l'Occident et le cochon". Le titre en soi est tout un poème. Le contenu est éclairant, pour ne pas dire illuminé. Extraits:

"... les Juifs, en tant que seul peuple élu de Dieu, ont toujours mis le droit au-dessus de tout et considéré la justice comme une corruption affaiblissante de celui-ci. Il n'y a donc jamais eu de justice en royaume de Judée et il n'y en a pas davantage, deux mille ans plus tard, en pays d'Israël."

"... l'État d'Israël (...) n'agit même pas par amour de lui-même, mais par haine des autres. Passé maître dans l'art de jouer à la victime, cet État-là ne jouit vraiment que lorsqu'il est victimaire."

"L'Ancien Testament est plein de ces batailles préventives contre les supposés ennemis de la Judée: de l'assassinat sélectif à la guerre totale, du génocide à l'extermination absolue, les armes du droit judaïque ne connaissent pas la mesure, elles permettent même l'inceste pour que les mères juives puissent remplacer impunément les soldats qui manquent sur les presque éternels champs-charniers de bataille."

"Que sont donc ces guerres contre la Palestine et le Liban, sinon des guerres d'extermination, sinon des génocides odieux qui devraient, nous Occidentaux, nous couleurer du rouge de la honte de la tête aux pieds parce que ne dire mot, c'est consentir (...)"

VLB affirme ensuite que si un pays musulman s'avisait d'agir comme Israël, il serait vite condamné et envahi par "l'Occident" (1). Il pose alors la question:

"Pourquoi n'en fait-on rien avec cet Israël belliqueux, haineux et totalitaire, pour ne pas dire simplement hitlérien?"

La Reine-Nègre, aux éditions Trois-Pistoles, 2010.


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(1) Plusieurs exemples de l'histoire récente prouve qu'il n'en est évidemment rien. Irakiens et Iraniens ont pu se massacrer allègrement pendant dix ans sans que "l'Occident" ne fasse rien d'autre que leur vendre des armes. Les guerres internes au Soudan, bien plus sanglantes à elles seules que la totalité du conflit israélo-arabe, sont un autre exemple.