lundi 4 juillet 2011

Le PS en 2012, c'est du tout cuit

Le PS trouve régulièrement des manières d'enrager ou décevoir ses sympathisants.

Ces temps-ci M. Benoît Hamon, porte-parole du parti et conseiller régional, annonce sur son compte Twitter: "J'invite à déjeuner mon 60 000ème follower." (Il veut en fait dire "abonné")

C'est le PS, version web 2.0, avec ce petit côté Marie-Antoinette qui fait le charme de l'élite: mon 60.000ème "follower" aura le privilège de manger de la brioche en mon auguste compagnie... les autres auront le droit d'envier l'heureux gagnant.

Avec des idées aussi fichtrement géniales, 2012 c'est dans la poche.

mardi 21 juin 2011

Le rabbin, le chien et le caillou (conte à dormir debout)

L'histoire aurait vraiment démarré avec un article de Maariv, journal israélien. Elle a continué avec Ynetnews (en anglais), Ma'an News (agence palestinienne), pour se diffuser ensuite mondialement (BBC, AFP, Slate, le site du Figaro, le JT de RDI, etc, etc, etc.)

Résumé de "l'info": un rabbin de Jérusalem, irrité par l'intrusion d'un chien dans un beit-din (tribunal rabbinique), chien probablement hanté par l'âme d'un avocat impie, aurait condamné l'animal impur à la lapidation.

Gros succès planétaire. Certains internautes en profitent (une fois de plus) pour se lâcher. Voici quelques commentaires ramassés avec des pincettes sur le site de Ma'an News (qui se proclame elle-même "the main source of independent news from Palestine"): "I was for the Israeli,s.But this made me change my mind and convictions" déclare Santo, prétendument aux USA. Omar (USA...?), affirme que "this is Zionism. This is the nightmare that the Palestinians have endured for years". Otto S. , soi-disant au Danemark, pense quant à lui que l'on devrait faire inhaler au rabbin en question un gaz célèbre depuis les années 1941-1945 (je n'indique pas le nom en entier car je ne voudrais pas mettre dans l'embarras des homonymes, de plus le nom indiqué est probablement faux). Steve (UK) a eu une idée semblable: "Better to leave the dog and give a lethal injection to the surviving lawyers!" (ces commentaires sont encore présents sur le site, vingt-quatre heures après leur publication).

Sur les sites plus sérieux c'est à peine mieux (les webmestres font probablement mieux le ménage). Sur Ynetnews certains internautes traumatisés déclarent: "And we gave these people nukes??", "WTF!!!", "Asinine stupid religion!!!!" et autres amabilités [note: ynetnews a depuis supprimé l'article].

Les "flotillistas" ont sauté sur la nouvelle, clamant que décidément Israël n'est pas ce bastion de la civilisation qu'il prétend être!

PETA, assoc de défense des droits des animaux, pète aussi les plombs: "Brace yourself: Ultra-Orthodox Rabbinical authorities in Jerusalem have sentenced a dog to be stoned to death (...)". Le lien n'est toutefois plus valide le lundi 20 juin au soir, mais on peut encore voir un aperçu de la page sur Google.

Face à ce copié-collé international, quelques blogs et internautes ont tenté de faire entendre la voix de la raison.

C'est qu'en effet la scandaleuse nouvelle de la condamnation à mort du malheureux chien... était fausse. Un chien se serait bien glissé dans les locaux d'un beit-din à Jérusalem, pour la plus grande joie des jeunes qui étaient présents, et puis... c'est tout. Pas de condamnation à mort, pas de fanatiques armés de cailloux poursuivant le cleb dans les rues du quartier. La fourrière, prévenue de la présence d'un chien errant, a récupéré l'animal et puis voilà.

Site après site, heure après heure, la publication initiale donne lieu à un effacement pur et simple (Ynetnews a piteusement supprimé son article et les deux cents commentaires qui l'accompagnaient), parfois à l'ajout d'un update, parfois encore à un article supplémentaire contredisant le premier (cas de la BBC). Mais parfois il ne se passe rien et "l'information" est maintenue telle quelle; dommage, car j'aurais bien aimer voir freedomflotilla.eu conclure que, finalement, Israël est bel et bien un bastion de la civilisation!

Embêtés, les médias internationaux qui ont contribué à répandre ce conte à dormir debout (le premier article de BBC a été "partagé" plus de 43.000 fois lundi soir, trois jours après sa mise en ligne) pointent du doigt la presse israélienne.

Il est exact que Maariv ou Ynetnews n'ont pas bien fait leur boulot. Mais l'AFP ou la BBC non plus, qui se sont contentés de copier-coller bêtement une nouvelle sensationnelle... mais fausse. De la part de Ma'an News, qui depuis quatre ans affirme sur son site que Lee Harvey Oswald a passé 28 ans en prison, je ne m'attends à rien de sérieux. Mais l'AFP? La BBC?

J'espère au moins qu'on trouvera vite un foyer accueillant à ce brave chien. La médiatisation de ce bobard ridicule pourrait ainsi avoir un aspect positif. Ce serait déjà quelque chose.

samedi 18 juin 2011

Flottille 2011, c'est reparti comme en 2010

Avec une grosse différence: les fanatiques turcs ont été rappelé à l'ordre par leur gouvernement, ce qui représente environ 500 activistes en moins cette année (lemonde.fr).

Qu'à cela ne tienne! Des Français, des Canadiens, et plein d'autres "indignés" vont prendre place à bord des dix ou quinze bateaux de la Flottille 2011. On y trouvera une députée européenne verdâtre, une candidate de Québec Solidaire, des communistes, des adeptes de Trotski, et autres marginaux de la politique.

Juré, craché, les centaines de personnes qui embarqueront pour Gaza ne font pas ça pour le Hamas. Leur but est strictement hu-ma-ni-tai-re. Comme le précise BateauGazaFr sur Twitter: "1,5 millions de gazaouis ont également besoin d'aide, nous leur apportons".

En quoi quelques dizaines d'allumés sur un bateau (plusieurs centaines pour l'ensemble de l'expédition) représentent-ils une quelconque aide? Les Arabes palestiniens, aux dernières nouvelles, ne sont pas cannibales. Par ailleurs les dirigeants israéliens répètent à qui veut bien l'entendre que l'aide humanitaire est acceptée, il suffit de débarquer à Ashdod et elle sera acheminée par camions vers la Bande.

Alors pourquoi une autre expédition? Comme l'an dernier, le but n'est visiblement pas d'apporter de "l'aide", mais de faire parler, de pointer un doigt rageur vers Israël, et de se préparer à empocher le jackpot médiatique en cas d'arraisonnement "musclé".

Les Israéliens, de leur côté, sont coincés. Leurs alliés et amis n'ayant pas l'intention et/ou le pouvoir d'empêcher le départ de cette nouvelle caravane flottante, ils n'auront le choix qu'entre Charybde et Scylla: soit ils laissent passer la Flottille "humanitaire", et ils n'ont plus qu'à mettre un terme à l'embargo contre le Hamas. Soit ils empêchent les illuminés de faire route jusqu'à Gaza, et ils ont toutes les chances de perdre la bataille médiatique.

Il est là, le but véritable de ces flottilles "pour la paix": imposer aux Israéliens un choix "perdant/perdant".

Les Gazaouis sont un alibi commode pour masquer l'habituel et unique objectif, le même qu'en 2010: l'État juif.

Pendant ce temps, un peu au nord, sur les côtes syriennes... on dit qu'il se passe des choses... Oui, mais en Syrie il n'y a pas le moindre "sioniste" au pouvoir.

jeudi 16 juin 2011

L'absolu selon Legault

François Legault, nouvel espoir de la politique québécoise (*gros soupir*), a parlé de souveraineté:
À la question: vous engagez-vous à ne jamais tenir de référendum sur la souveraineté? Il avait répondu: «Absolument, bien en tout cas, certainement pas dans un premier mandat». (La Presse canadienne/Cyberpresse, 14 juin)
C'est une très belle formule qui gagnerait à être utilisée plus souvent.

À la question: vous engagez-vous à ne pas boire au volant? M. X a répondu "Absolument, en tout cas certainement pas pendant les premiers kilomètres".

À la question: vous engagez-vous à ne pas battre votre femme? M. Z a répondu "Absolument, en tout cas certainement pas durant les premières années du mariage".

Au moins son slogan est tout trouvé: Legault, c'est clair.

dimanche 27 juin 2010

Rions un peu avec les évangéliques

Les livres les plus intéressants sont souvent exigeants. C'est le cas pour le passionnant Why Evolution is True, de Jerry A. Coyne.

Pour se reposer la tête entre deux chapitres, rien de tel que feuilleter des choses plus légères. Par chance les éditions Ministère Multilingue International viennent de publier un livre de poche intitulé "Nous croyons en Dieu - La foi évangélique pour tous" de Jean-Sébastien Morin.

Les évangéliques gagnent du terrain au Québec, profitant de l'insatisfaction des brebis catholiques. Ce petit bouquin résume les points importants de leur dogme. Il regorge d'humour involontaire.

Le premier chapitre est consacré à LA question: "Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?". Cette question travaille beaucoup les religieux (voir ce précédent billet), non pas parce que ça titille leur intérêt pour l'observation de l'univers mais parce qu'ils voient dans la non-réponse de la science la preuve de l'échec de cette dernière, et par conséquent la preuve que leurs hypothèses théistes sont fondées. La logique, on le voit, n'est vraiment pas leur fort.

La preuve par le jeu de mots

L'auteur a une façon amusante de se prendre les pieds dans les concepts. À propos des lois de la nature, il écrit: "Dans notre expérience humaine, il n'y a des lois que s'il y a un législateur (quelqu'un pour faire des lois)" [il suppose apparemment que ses lecteurs ne connaissent pas tous le sens du mot "législateur"...]
Il insiste un peu plus loin: "Pour qu'il y ait des lois il faut qu'il y ait quelqu'un derrière. Il en est de même en science: les lois physiques doivent avoir été instaurées par une intelligence."

En guise de raisonnement nous avons ici un simple jeu de mots.

C'est bien évidemment en référence aux lois humaines que les philosophes de jadis ont forgé l'expression "lois de la nature". Ce n'est rien d'autre qu'une convention de langage et il faut être bien naïf pour en tirer des déductions sur l'existence d'un législateur céleste...

Haro sur l'évolution

Dans ce même chapitre l'auteur remet en cause les sciences naturelles (bizarre, il vient juste de mentionner les "lois physiques" pour "prouver" l'existence de son législateur suprême!) et plus précisément l'évolution, bête noire des fondamentalistes de tous horizons:
"... l'être humain est la machine la plus complexe au monde. Dans ce sens, il est impossible que l'être humain soit le fruit d'une évolution dûe [sic] au hasard. Au minimum, s'il y avait évolution, il faudrait que quelque chose, une intelligence conceptrice, planifie ou guide cette évolution."
C'est un vieil argument, plus ancien que L'Origine des espèces de Darwin (1859). Il a été formulé par William Paley en 1802 dans un passage devenu très célèbre (cf. Wikipedia et le site de l'UCMP, le Musée de paléontologie de l'université de Californie).

En fait, l'évolution est la réponse scientifique à cette vieille énigme. Les évangéliques -parmi d'autres- ne peuvent accepter le fait évolutif puisque cela contredit leur lecture littérale de la bible. Puisque 150 ans ne leur ont pas permis d'élaborer de nouveaux concepts, ils se contentent de ressortir l'interrogation de Paley...

Sans être spécialiste je sais au moins que:
  • l'évolution n'est pas uniquement fondée sur "le hasard", loin de là. Les mutations génétiques transmissibles aux descendants peuvent, en effet, être le fruit du hasard (une erreur de copie de l'ADN par exemple). Mais le processus de la sélection naturelle n'a rien de hasardeux
  • si "l'intelligence conceptrice" guidait le processus évolutif, elle n'aurait pas d'autre choix qu'agir sur la matière, son influence devrait donc être visible aujourd'hui encore puisque l'évolution ne s'est pas arrêtée il y a deux mille ans. Les êtres vivants continuent de changer, y compris en laboratoire (l'adaptation des micro-organismes aux médicaments, par exemple, donne bien du travail à la recherche médicale). Aucune influence "magique" n'a été détectée à ce jour

La femme, cet animal étrange

Le passage peut-être le plus hilarant se trouve dans le chapitre "La grande séduction". L'auteur aime beaucoup les références cinématographiques - à défaut de pouvoir citer des vulgarisateurs comme Coyne il peut s'inspirer de La grande séduction ou du Seigneur des anneaux sans problème. Dans un passage il nous donne une intéressante vision de la femme:
"En résumé la chute [d'Adam et Ève] a amené beaucoup de malédictions: (...) les difficultés entre l'être humain et la femme"
Garanti 100% authentique.

vendredi 25 juin 2010

Guilad Shalit : quatre ans

Guilad Shalit est retenu en otage au Hamastan depuis quatre ans désormais.

Grâce au blocus maritime, ses geôliers n'ont pas pu l'évacuer vers le Liban (et de là vers la Syrie ou l'Iran, définitivement hors de portée des Israéliens).

Lorsque la pression "amicale" de la communauté internationale s'est fait sentir après l'arraisonnement de la flottille "humanitaire", le gouvernement israélien a tenté de lier l'allègement du blocus terrestre à la possibilité pour la Croix-Rouge de rendre visite à l'otage. Le Hamas a refusé.

Il y a mieux. La famille Shalit avait contacté en mai l'organisation "Free Gaza". Ils leur ont fait la proposition suivante: faites pression sur le Hamas pour qu'il autorise l'envoi de lettres et de colis à Guilad via les organisations ad hoc, et nous soutiendrons votre tentative d'accoster à Gaza. "Free Gaza" a refusé.
If the left-wing activists pressure Hamas to allow international organizations to bring letters and food packages to Gilad Schalit, the kidnapped soldier's family has agreed to support the international expedition's attempt to dock, Army Radio reported Thursday.

Lawyer Nick Kaufman presented the offer to the organization "Free Gaza," one of the organizers of the flotilla headed for Gaza, which promptly refused the offer. [Jerusalem Post, voir aussi Ynetnews]
Un peu plus tard un participant irlandais de la Flottille "humanitaire", meilleur communicateur ou sincèrement plus altruiste que ses collègues, proposait d'apporter lui-même une lettre et de la remettre sur place à Shalit ou -en cas de refus prévisible du Hamas- à l'UNRWA. Quel rapport avec la légitime demande d'accès de la Croix-Rouge? Le droit à des contacts réguliers? Aucun, mais ça permet à Free Gaza d'accuser les Israéliens de désinformation (site de Free Gaza).

Guilad Shalit commence donc sa cinquième année d'emprisonnement, loin des yeux de la Croix-Rouge, privé de tout contact avec l'extérieur.

Il ne peut même pas passer un coup de fil à l'Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE), dont les membres viennent -eux aussi- de demander la levée du blocus de Gaza (Haaretz et le site de l'APCE).

Le Parlement européen avait, le 11 mars dernier, demandé la libération du jeune Israélien (site de soutien à Guilad Shalit). Les parlementaires ont encore pensé à lui lors de la session du 17 juin, qui demandait la levée du blocus (ainsi qu'une enquête "internationale et impartiale" sur Israël). Il est pourtant contradictoire de demander à la fois la levée du blocus et la libération de Shalit. Tout d'abord parce que ce n'est pas ce que le Hamas exige en échange de l'otage, ensuite parce que la libre circulation depuis le port de Gaza permettrait une "évacuation" discrète du jeune homme au Liban ou ailleurs, à jamais hors de portée des siens.

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Petit détail : le cynisme du Hamas ne dérange pas les flotillistas
"En avril dernier, un dessin animé de propagande diffusé sur le site internet des brigades al-Qassam montrait un Noam Shalit vieilli recevant le cercueil de son fils, façon de laisser entendre que le soldat israélien pourrait mourir en captivité si aucun échange de prisonniers n'était conclu." (Courrier International, 24 juin)
Dessin animé qui en dit long sur le cynisme du Hamas, ce qui n'a pas dissuadé les "humanitaires" de maintenir leur projet de Flottille, bien au contraire.

jeudi 24 juin 2010

Qui aime bien châtie énormément

Le blog Philosémitisme s'amuse, à raison, d'un de ces articles dont la section Comment if free du Guardian britannique a le secret: "Why this obsession with Israel and the Palestinians?" par Robert Fowke.

Tout d'abord je remarque une erreur dans le titre de Fowke: ladite obsession ne concerne en rien les Palestiniens. Il est en effet bien connu que les "propalestiniens" parlent essentiellement des Israéliens, et plus particulièrement des Juifs israéliens. Il suffit de regarder les articles de la sous-rubrique "Territoires palestiniens" de Comment if free pour s'en rendre compte. Idem côté francophone avec par exemple le -très mal nommé- site Euro-Palestine (on peut y lire que "l'équipe de foot palestinienne de Bil'in se fait gazer" par les Israéliens; les jeux de mots de ce genre ne sont pas rares).

Pour être plus exact, ces activistes parlent des Arabes palestiniens, oui, mais surtout (pour ne pas dire uniquement) lorsque ça leur permet de "critiquer" les Israéliens...

La prétendue "obsession pour les Palestiniens" est en réalité proche de zéro chez les militants "propalestiniens" (d'où mon insistance à mettre ce terme entre guillemets).

Reste l'obsession envers Israël.

Robert Fowke affirme que cela n'a rien à voir avec de l'antisémitisme. En fait, s'il est obsédé par les Israéliens c'est parce qu'il connaît et aime les juifs:
"J'ai de nombreux amis juifs. Je suis allé à l'école avec des garçons d'origine juive, en conséquence je ne considère pas les Juifs comme des étrangers. Traiter mes amis juifs d'étrangers serait tout aussi absurde pour moi que de traiter mes amis Quaker d'étrangers; ils sont aussi anglais que moi. Selon moi il s'agit d'une catégorie religieuse, rien de plus" (...)

"I have many Jewish friends, I went to school with boys from Jewish backgrounds and consequently I do not think of Jews as being foreign. It would be as absurd for me to call my Jewish friends foreign as it would to call my Quaker friends foreign; they are as English as I am. It is a religious category for me and nothing more" (...)

"Le problème, c'est qu'Israël se présente comme l'État de tous les Juifs, y compris celui de mes amis (bien malgré eux). Et puisque plusieurs de mes amis sont juifs et que par conséquent [Israël] est leur pays, c'est aussi le mien d'une certaine façon" ["dans un sens subliminal" ne me paraît pas avoir beaucoup de... sens]

"The trouble is that Israel promotes itself as the state for all Jews, including – despite themselves – my friends. And because some of my friends are Jews and it is therefore their country, it is in some subliminal sense my country too."

On remarque au passage que, selon cet auteur, être juif c'est uniquement être de religion juive, "rien de plus".

Oh bien sûr, Fowke sait qu'Israël est un pays étranger, mais pas autant que la Thaïlande par exemple. Il s'en fout complètement de ce qui se passe en Thaïlande:
[Israël] est un pays étranger, bien sûr, mais pas d'un point de vue émotionnel, pas comme la Thaïlande ou l'Ouzbékistan. Je n'y réagis pas de la même façon que pour la plupart des autres États étrangers. [Israël] est presque, d'un point de vue émotionnel, un comté anglais enraciné sur les rives de la Méditerranée.

"[Israel] is foreign, of course, but not emotionally, not like Thailand or Uzbekistan, and I do not respond to it as I do to most other foreign states. It is, emotionally, almost an English county planted on the Mediterranean shores."
Le raisonnement n'est pas entièrement clair? C'est sans doute parce qu'il faut être "propalestinien" pour que cela fasse sens. Subliminalement.

Fowke n'est pas le seul à afficher une profonde indifférence dès lors qu'Israël n'est pas concerné. Souvenons-nous des réactions à deux événements quasi simultanés: l'écrasement de la rébellion tamoule au Sri Lanka et le raid israélien contre le Hamastan. Dans le premier cas de l'indifférence, dans l'autre une hystérie générale (voir deux précédents billets, en février et avril 2009, ainsi que De quoi l'antisionisme est-il le nom?).

Ce dont Fowke essaye de nous (se?) convaincre, c'est que les Tibétains, Thaïlandais et autres Ouzbeks sont trop métèques pour l'intéresser. Les Israéliens par contre peuvent passer pour de vrais Anglais à ses yeux. Et si Israël est l'État des Juifs (dixit Israël), c'est donc aussi -in some subliminal sense- celui de tous les petits garçons qui sont allés à l'école avec des Juifs.

Fowke n'est donc pas obsédé par Israël parce qu'il est antisémite mais parce que les Juifs israéliens sont des Anglais comme lui. Ouf.

Je l'avoue, j'ai déjà rencontré des raisonnements plus tordus.