(...) Le mois dernier, en écoutant Michael Ignatieff parler à des étudiants de HEC Montréal de l’importance stratégique des sables bitumineux de l’Alberta dans le rapport de force canado-américain, je me suis demandé quelle était la dernière fois où le chef d’un grand parti fédéral avait parlé du reste du Canada au Québec. Je cherche encore la réponse.
Au Québec, ce sont surtout les souverainistes qui parlent du Canada, et pas nécessairement souvent ni en bien. À l’époque du référendum, Lucien Bouchard faisait ses choux gras de la menace d’un vent de droite en provenance de l’Ontario conservateur. Depuis qu’un premier ministre plus gauchisant que Jean Charest s’est installé à Queen’s Park (1) et que Stephen Harper a pris le pouvoir, l’Alberta a remplacé l’Ontario dans l’imaginaire souverainiste.
Si le mouvement souverainiste fournit de plus en plus les questions et les réponses dans le débat Canada-Québec, c’est parce que les fédéralistes qui se sont évertués à convaincre les Québécois de demeurer canadiens, au moment du référendum, lui laissent toute la place. Depuis 1995, les vainqueurs se comportent comme des perdants. (...)
L'article complet sur le blog de Chantal Hébert.
Pour des exemples de discours anticanadiens voir ici ou là.
Chantal Hébert se cantonne ici au rôle des politiciens. Si on ajoute les artistes et autres "faiseurs d'opinion" (cinéastes, acteurs, chanteurs, auteurs, humoristes...) on aboutit à une situation où le discours procanadien est réduit à peu de choses: quelques éditorialistes, les politiciens des partis fédéralistes, et c'est à peu près tout.
Au Québec, le discours procanadien est essentiellement un silence.
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(1) siège du parlement ontarien; le premier ministre en question est Dalton McGuinty.
vendredi 6 février 2009
jeudi 5 février 2009
Nicolas Sarkozy bientôt devant la CPI?
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, est allé rendre visite aux Parisiens.
Nicolas Sarkozy l'a cordialement reçu à l'Élysée. À cette occasion il a fait savoir sa préférence pour un Canada uni.
Il avait déjà tenu des propos dans ce sens à Québec (lors du sommet de la Francophonie en 2008), propos qui avaient irrité les séparatistes.
Mais le discours de Paris était plus direct, plus percutant. Le président français a parlé de "sectarisme", d'"enfermement sur soi-même", etc.
Ça n'a pas plu. Oh que non. Les séparatistes aiment bien aller s'assurer des bonnes grâces de la France, comme Jacques Parizeau lorsqu'il était allé rendre visite à Jacques Chirac peu de temps avant le référendum de 1995 (la relation d'amour/haine qu'entretiennent les nationalistes québécois avec la France est très intéressante à observer). Ils ont toujours un tendre souvenir de De Gaulle, qui avait clamé "Vive le Québec libre!" depuis le balcon de la mairie à Montréal en 1967.
C'est cette relation faite de dépendance, de besoin de reconnaissance, mais aussi de rancoeur alimentée par un persistant sentiment d'infériorité, qui explique l'importance de l'opinion de Nicolas Sarkozy sur ce que doit être, ou pas, le Québec.
Jusque là, les réactions hostiles au discours de N. Sarkozy étaient tout à fait prévisibles. Mais les chefs séparatistes ont pris une décision qui vient de nous faire passer de la farce politique au psychodrame: ils ont décidé d'envoyer une plainte officielle à la France!
Le clou des rencontres franco-québécoises à Paris s'est toutefois avéré être l'intervention d'un député français, Pierre Lasbordes, qui a voulu frimer devant Jean Charest et son entourage. Il a ainsi lancé à un auditoire abasourdi : "J'espère que vous n'avez pas trop la plotte à terre, comme on le dit au Québec". Il croyait s'inquiéter de l'état de fatigue du premier ministre, mais sa phrase sonne de manière très désagréable à une oreille québécoise ("la plotte", au Québec, désigne ce qu'en France on nomme vulgairement "la chatte"...). Habituellement ce niveau de langage est réservé aux "3e mi-temps" des rencontres internationales, et non pas aux réceptions officielles.
Bref, depuis hier je me suis fait plusieurs fois demander si j'avais "la plotte à terre" par des Québécois hilares...
Franchement, monsieur Lasbordes! Je ne sais pas ce qui me retient de vous envoyer une plainte de quatre pages.
Update
Parmi les millions de réactions, éditos, chroniques radio et télé suscités par le discours de Nicolas Sarkozy, celle-ci, de Gil Courtemanche dans Le Devoir [mes remarques entre crochets]:
Nicolas Sarkozy l'a cordialement reçu à l'Élysée. À cette occasion il a fait savoir sa préférence pour un Canada uni.
Il avait déjà tenu des propos dans ce sens à Québec (lors du sommet de la Francophonie en 2008), propos qui avaient irrité les séparatistes.
Mais le discours de Paris était plus direct, plus percutant. Le président français a parlé de "sectarisme", d'"enfermement sur soi-même", etc.
Ça n'a pas plu. Oh que non. Les séparatistes aiment bien aller s'assurer des bonnes grâces de la France, comme Jacques Parizeau lorsqu'il était allé rendre visite à Jacques Chirac peu de temps avant le référendum de 1995 (la relation d'amour/haine qu'entretiennent les nationalistes québécois avec la France est très intéressante à observer). Ils ont toujours un tendre souvenir de De Gaulle, qui avait clamé "Vive le Québec libre!" depuis le balcon de la mairie à Montréal en 1967.
C'est cette relation faite de dépendance, de besoin de reconnaissance, mais aussi de rancoeur alimentée par un persistant sentiment d'infériorité, qui explique l'importance de l'opinion de Nicolas Sarkozy sur ce que doit être, ou pas, le Québec.
Jusque là, les réactions hostiles au discours de N. Sarkozy étaient tout à fait prévisibles. Mais les chefs séparatistes ont pris une décision qui vient de nous faire passer de la farce politique au psychodrame: ils ont décidé d'envoyer une plainte officielle à la France!
Ils sont en colère et ça se voit: Pauline Marois, chef du Parti Québécois, à gauche - Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois, à droite (Photo: Alain Roberge, La Presse)
Pour la première fois de leur histoire, le Parti québécois et le Bloc québécois ont adressé une plainte officielle à un chef d'État, en l'occurrence le président français Nicolas Sarkozy qui a accusé le mouvement souverainiste de «sectarisme». (La Presse)
Le clou des rencontres franco-québécoises à Paris s'est toutefois avéré être l'intervention d'un député français, Pierre Lasbordes, qui a voulu frimer devant Jean Charest et son entourage. Il a ainsi lancé à un auditoire abasourdi : "J'espère que vous n'avez pas trop la plotte à terre, comme on le dit au Québec". Il croyait s'inquiéter de l'état de fatigue du premier ministre, mais sa phrase sonne de manière très désagréable à une oreille québécoise ("la plotte", au Québec, désigne ce qu'en France on nomme vulgairement "la chatte"...). Habituellement ce niveau de langage est réservé aux "3e mi-temps" des rencontres internationales, et non pas aux réceptions officielles.
Bref, depuis hier je me suis fait plusieurs fois demander si j'avais "la plotte à terre" par des Québécois hilares...
Franchement, monsieur Lasbordes! Je ne sais pas ce qui me retient de vous envoyer une plainte de quatre pages.
Update
Parmi les millions de réactions, éditos, chroniques radio et télé suscités par le discours de Nicolas Sarkozy, celle-ci, de Gil Courtemanche dans Le Devoir [mes remarques entre crochets]:
Ouragan médiatique. Sarkozy parle de sectarisme à propos des indépendantistes. Il ne respecte pas la règle de la non-indifférence. Bon, Sarkozy ne connaît pas le Québec, ni le mouvement souverainiste. C'est vrai. [Est-ce que De Gaulle connaissait mieux le Québec? J'en doute fort! Cette accusation est purement formelle: dès que quelqu'un -y compris un Québécois de naissance- s'oppose au séparatisme, il se fait volontiers accuser de ne pas connaître le Québec, le Québec authentique] Mais comme on dirait en France, les Québécois moyens s'en «branlent». Les médias locaux en font des manchettes depuis une semaine. Bêtise. [Pourquoi donc y ajouter la vôtre, de manchette?] On se fout de Sarkozy. [Ah bon? Vu la quantité et l'intensité des réactions je crois qu'on peut affirmer le contraire] La position du président de la France n'influencera jamais notre choix. Plus fondamentalement, cela relève de notre volonté médiatique d'être reconnus comme si nous ne nous suffisions pas à nous-mêmes et que nous avions besoin de la reconnaissance des autres pour exister. [C'est précisément ce que révèle, une fois de plus, cette affaire. C'est pourquoi Marois et Duceppe font référence à De Gaulle dans leur lettre de plainte, c'est pourquoi Parizeau était allé chercher le soutien de Chirac en 1995, etc.] Nous savons qu'Isabelle Boulay est une fantastique interprète, que Céline Dion est célèbre mondialement. Avons-nous besoin d'être informés du jugement des autres pour continuer à les aimer? Si oui, il y a un problème.Je confirme. Il y a un problème.
Sujets :
France,
politique québécoise,
rions un peu,
séparatisme
Réactions disproportionnées et très orientées
Ces derniers jours on peut lire ce genre de choses dans les journaux:
"Sri Lanka: 300 personnes fuient un hôpital bombardé. Plus de 300 patients et personnels de santé de l'hôpital de Puthukkudiyiruppu, dans le Nord-Est du Sri Lanka, ont été forcés de fuir après le bombardement «répété» de l'hôpital, a déploré mercredi le Comité international de la Croix-Rouge (...) Le CICR n'a pas précisé quels étaient les auteurs des bombardements"
"Le Sri Lanka rejette toute négociation avec les Tigres tamouls. Le gouvernement du Sri Lanka a rejeté jeudi toute négociation avec les Tigres tamouls sur les conditions de leur reddition (...) Au terme de 37 années de conflit, l'armée est lancée dans son offensive finale dans le nord-est de l'île contre les Tigres tamouls retranchés sur une bande de terre de 200 km2. Là bas, survivent environ 200.000 habitants. Des centaines ont déjà été tuées depuis le 1er janvier"
"L'ONU et plusieurs ONG alertés par les violents combats. Près de 25 ans et 70 000 morts plus tard, la guerre civile du Sri Lanka semble être entrée cette semaine dans la dernière ligne droite"
"Le Sri Lanka exclut un cessez-le-feu malgré les pressions. Le Sri Lanka exclut un cessez-le-feu dans son conflit avec les rebelles tamouls, malgré les inquiétudes internationales concernant le sort d'environ 250 000 civils pris au piège des combats, a déclaré vendredi le ministre des droits de l'Homme, Mahinda Samarasinghe"
Voyons maintenant quelles sont les réactions officielles du CUPE-Ontario, dont la page d'accueil montre combien ils se soucient des conflits armés même lointains: on peut y voir un joli dessin qu'on suppose pacifiste sous-titré "CUPE Ontario's response to Gaza Crisis" ainsi que le "CUPE BC Statement on the Gaza Crisis" (BC = British Columbia, une autre province canadienne).
Voilà ce que le CUPE-Ontario a à dire sur le conflit sri lankais:
Search results for: sri lanka
No results found
Search results for: tamils
No results found. Did you mean: timely?
Quant à la CSN, centrale syndicale québécoise, elle parle du Sri Lanka dans quelques documents de travail. On trouvera des articles datant de 2001 ou 2002 voire 2005, mais rien comparé aux réactions virulentes et immédiates observées en débembre et janvier à propos d'un autre conflit...
Quant à Québec Solidaire: sri lanka - Votre recherche n'a donné aucun résultat
Conclusion: certaines "résistances" sont mieux soutenues que d'autres: celles du Hezbollah à l'été 2006, celle du Hamas en 2008-2009.
Devinette: que/qui trouve-t-on dans le conflit au Liban en 2006, et dans les combats à Gaza en 2008-2009, que l'on ne trouve pas au Sri Lanka?
"Sri Lanka: 300 personnes fuient un hôpital bombardé. Plus de 300 patients et personnels de santé de l'hôpital de Puthukkudiyiruppu, dans le Nord-Est du Sri Lanka, ont été forcés de fuir après le bombardement «répété» de l'hôpital, a déploré mercredi le Comité international de la Croix-Rouge (...) Le CICR n'a pas précisé quels étaient les auteurs des bombardements"
"Le Sri Lanka rejette toute négociation avec les Tigres tamouls. Le gouvernement du Sri Lanka a rejeté jeudi toute négociation avec les Tigres tamouls sur les conditions de leur reddition (...) Au terme de 37 années de conflit, l'armée est lancée dans son offensive finale dans le nord-est de l'île contre les Tigres tamouls retranchés sur une bande de terre de 200 km2. Là bas, survivent environ 200.000 habitants. Des centaines ont déjà été tuées depuis le 1er janvier"
"L'ONU et plusieurs ONG alertés par les violents combats. Près de 25 ans et 70 000 morts plus tard, la guerre civile du Sri Lanka semble être entrée cette semaine dans la dernière ligne droite"
"Le Sri Lanka exclut un cessez-le-feu malgré les pressions. Le Sri Lanka exclut un cessez-le-feu dans son conflit avec les rebelles tamouls, malgré les inquiétudes internationales concernant le sort d'environ 250 000 civils pris au piège des combats, a déclaré vendredi le ministre des droits de l'Homme, Mahinda Samarasinghe"
Voyons maintenant quelles sont les réactions officielles du CUPE-Ontario, dont la page d'accueil montre combien ils se soucient des conflits armés même lointains: on peut y voir un joli dessin qu'on suppose pacifiste sous-titré "CUPE Ontario's response to Gaza Crisis" ainsi que le "CUPE BC Statement on the Gaza Crisis" (BC = British Columbia, une autre province canadienne).
Voilà ce que le CUPE-Ontario a à dire sur le conflit sri lankais:
Search results for: sri lanka
No results found
Search results for: tamils
No results found. Did you mean: timely?
Quant à la CSN, centrale syndicale québécoise, elle parle du Sri Lanka dans quelques documents de travail. On trouvera des articles datant de 2001 ou 2002 voire 2005, mais rien comparé aux réactions virulentes et immédiates observées en débembre et janvier à propos d'un autre conflit...
Quant à Québec Solidaire: sri lanka - Votre recherche n'a donné aucun résultat
Conclusion: certaines "résistances" sont mieux soutenues que d'autres: celles du Hezbollah à l'été 2006, celle du Hamas en 2008-2009.
Devinette: que/qui trouve-t-on dans le conflit au Liban en 2006, et dans les combats à Gaza en 2008-2009, que l'on ne trouve pas au Sri Lanka?
mardi 3 février 2009
Les habits neufs de la judéophobie
Un trait marquant de la judéophobie moderne est de s'abriter derrière l'alibi de l'antisionisme. C'est une stratégie judicieuse puisque ça permet à un discours raciste de se faire passer pour une critique politique. Elle sera utilisée tant et aussi longtemps que les mouvements de soutien aux Palestiniens continueront d'accepter la compagnie (et les cotisations...) des judéophobes.
Alors qu'il est encore politiquement incorrect -dans les pays que je qualifierais rapidement "d'occidentaux"- d'entonner le vieil air de la calomnie antijuive, les vannes sont ouvertes dès lors que la cible est "le sioniste". Les discours injurieux, diffamatoires, haineux, qui se déchaînent contre le vil sioniste ont toutefois une caractéristique révélatrice: ils ont un contenu identique au discours antisémite classique, ne s'en écartant que d'un mot; on parlera ainsi de complot sioniste, lobby sioniste, contrôle sioniste des médias, gouvernement sioniste mondial, etc.
Je mentionnais récemment le cas d'une sous-ministre sud-africaine, qui s'était un peu laissée aller contre "l'argent juif".
De retour d'un déplacement à l'étranger, la dame a rectifié le tir. Son argumentation est simple: ceux qui l'imaginaient antisémite sous prétexte qu'elle fustigeait l'influence néfaste de l'argent "juif" ont mal compris ou sont mal intentionnés. En fait c'est tout bête, elle a mélangé "pression sioniste" et "influence juive", deux concepts qu'il est visiblement facile de confondre:
Je bats publiquement ma coulpe et offre mes plus plates excuses à la victime de ce qui est, à l'évidence, une odieuse campagne du lobby mondialjuif sioniste .
Pardon, madame.
Alors qu'il est encore politiquement incorrect -dans les pays que je qualifierais rapidement "d'occidentaux"- d'entonner le vieil air de la calomnie antijuive, les vannes sont ouvertes dès lors que la cible est "le sioniste". Les discours injurieux, diffamatoires, haineux, qui se déchaînent contre le vil sioniste ont toutefois une caractéristique révélatrice: ils ont un contenu identique au discours antisémite classique, ne s'en écartant que d'un mot; on parlera ainsi de complot sioniste, lobby sioniste, contrôle sioniste des médias, gouvernement sioniste mondial, etc.
Je mentionnais récemment le cas d'une sous-ministre sud-africaine, qui s'était un peu laissée aller contre "l'argent juif".
De retour d'un déplacement à l'étranger, la dame a rectifié le tir. Son argumentation est simple: ceux qui l'imaginaient antisémite sous prétexte qu'elle fustigeait l'influence néfaste de l'argent "juif" ont mal compris ou sont mal intentionnés. En fait c'est tout bête, elle a mélangé "pression sioniste" et "influence juive", deux concepts qu'il est visiblement facile de confondre:
"At a singular point in my talk, and entirely unrelated to any South African community, I conflated Zionist pressure with Jewish influence. I regret the inference made by some that I am anti-Jewish" (voir le très bon article que Harry's Place consacre au sujet)C'est vrai quoi, franchement, il faut avoir l'esprit mal placé pour prétendre qu'une déclaration du genre "l'argent juif contrôle la plupart des pays occidentaux" est un cliché antisémite. C'était pas antisémite, c'était un lapsus.
Je bats publiquement ma coulpe et offre mes plus plates excuses à la victime de ce qui est, à l'évidence, une odieuse campagne du lobby mondial
Pardon, madame.
dimanche 1 février 2009
Tous les manifestants ne sont pas égaux
Londres: manifestants pro-tibétains interpellés.
Un drapeau tibétain et une pancarte Free Tibet ont été observés dans une manifestation pro-tibétaine.
Plusieurs des 200 émeutiers enragés ont été arrêtés immédiatement.
Les représentants londoniens du Hamas et du Hezbollah ont fait connaître leur satisfaction: "Ces terroristes tibétains antichinois nous font un tort considérable, les gens ne font plus la différence entre ces extrêmistes et nous. Écoutez leurs slogans dans les manifestations, on entend distinctement om mani pedme hung, ce qui veut dire en tibétain Décapitons les ennemis du Bouddha vivant! C'est intolérable, nous espérons ne plus jamais voir ça à Londres".
Un drapeau tibétain et une pancarte Free Tibet ont été observés dans une manifestation pro-tibétaine.
Plusieurs des 200 émeutiers enragés ont été arrêtés immédiatement.
Les représentants londoniens du Hamas et du Hezbollah ont fait connaître leur satisfaction: "Ces terroristes tibétains antichinois nous font un tort considérable, les gens ne font plus la différence entre ces extrêmistes et nous. Écoutez leurs slogans dans les manifestations, on entend distinctement om mani pedme hung, ce qui veut dire en tibétain Décapitons les ennemis du Bouddha vivant! C'est intolérable, nous espérons ne plus jamais voir ça à Londres".
Nous ne sommes pas antisémites, mais...
Les temps changent, pas toujours pour le mieux.
En punition de la guerre d'indépendance israélienne de 1947-1949, des centaines de milliers de Juifs ont quitté les pays arabes dans les années cinquante, poussés par le vandalisme, les émeutes, les menaces, les assassinats, les faux procès et les vraies exécutions.
Aujourd'hui, plus nettement encore qu'à l'été 2006 (seconde guerre du Liban), l'attaque israélienne contre le Hamas dans la bande de Gaza sert d'alibi à un retour du discours antisémite, y compris en Europe, au Canada, etc.
S'il est une chose que l'Histoire nous a pourtant enseignée, c'est que la judéophobie n'est jamais anodine lorsqu'elle touche les sphères du pouvoir. Il est bien évidemment illusoire d'espérer une disparition du sentiment antijuif, aussi bien en Europe qu'au Canada, mais il est impératif d'établir un cordon sanitaire afin que nos institutions publiques, nos syndicats, nos médias, nos gouvernements, restent hors de portée des judéophobes (et autres racistes et/ou homophobes...) qui voudraient mettre leurs fonctions au service de leurs dégoûts personnels.
Au Canada, ces dernières semaines, quelques syndicats se sont fait remarquer, que ce soit à cause d'une discrimination visant spécifiquement les Israéliens (voir le cas du CUPE-Ontario) ou bien par leur indifférence lorsque des antisémites se sont joints aux manifestations "propalestiniennes". La CSN est allée jusqu'à réagir... contre ceux qui avaient dénoncé les slogans antijuifs ou les drapeaux du Hezbollah (voir ici).
Dans d'autres pays la situation est beaucoup plus inquiétante.
Au Vénézuéla par exemple. Le président Hugo Chavez s'était déjà rapproché d'humanistes aussi remarquables que le président iranien, qui voit d'un bon oeil le négationnisme et l'éradication d'Israël. Il était encore possible de se bercer d'illusions en se disant que, parfois, des impératifs politiques impliquent la fréquentation de personnages peu recommandables.
À l'occasion des raids israéliens à Gaza toutefois, Chavez a commencé par qualifier L'État israélien de "génocidaire" et d'"assassin" (La Presse, 5 janvier).
Il a ensuite expulsé le personnel de l'ambassade israélienne (l'ambassadeur en tête), mais a aussi lancé un appel aux Juifs, vénézuéliens notamment, afin que ceux-ci prennent position contre Israël. La Bolivie, qui suit un parcours similaire à celui du Vénézuéla, a également rompu ses relations diplomatiques avec Israël, pour le même faux motif (Haaretz).
On apprend aujourd'hui que la plus vieille synagogue de Caracas vient d'être vandalisée par un groupe d'hommes armés (Haaretz rapporte la réaction de l'ADL, voir aussi Ynetnews). Doit-on s'en étonner?
Haaretz rapporte la réaction du ministre vénézuélien des affaires étrangères: "Venezuelan Foreign Minister Nicolas Maduro condemned the attack and promised it would be investigated, while reiterating his government's opposition to what he called Israel's criminal government. We respect the Jewish people, but we ask respect for the people of Palestine and their right to life" (N. Maduro a condamné cette attaque et a promis qu'il y aurait une enquête, tout en rappelant l'opposition de son gouvernement à ce qu'il appelle le gouvernement criminel israélien. "Nous respectons le peuple juif, mais nous demandons le respect et le droit à la vie pour le peuple de Palestine", a ajouté le ministre).
Nous respectons le peuple juif, mais...
La CSN "ne soutenait pas" les slogans antisémites de la manif du 10 janvier à Montréal, mais a vertement critiqué ceux qui avaient osé en parler.
Le premier ministre turc, Tayyip Erdogan, a déclaré que l'antisémitisme était un crime contre l'humanité, mais "un immense drapeau palestinien flotte toujours dans la rue de la synagogue Neve Shalom, une des cibles des attentats d'al-Qaida qui avaient fait 63 morts en 2003" (Le Figaro).
Le Figaro rapporte également un aspect révélateur du discours du leader turc:
En Afrique du Sud, pays qu'on aurait pu croire dégoûté du racisme, une ministre a déclaré lors d'un rallye "propalestinien" le 14 janvier: "The control of America, just like the control of most Western countries, is in the hands of Jewish money and if Jewish money controls their country then you cannot expect anything else" (L'Amérique, tout comme la plupart des pays occidentaux, est contrôlée par l'argent juif, et si l'argent juif contrôle leurs pays vous ne pouvez vous attendre à rien d'autre) (Haaretz, Z-Word) [la suite ici]
Ce ne sont ici que quelques exemples, de portée et de gravité très inégales, des "dérives" observées ces dernières semaines.
Il faut bien réaliser ceci: lorsqu'un dirigeant (député, chef de parti, de gouvernement, de syndicat, etc.) exige "des Juifs" qu'ils se comportent de telle ou telle manière, qu'ils tiennent tel ou tel discours ou qu'ils ferment leur gu... sur tel ou tel sujet, il contribue à rendre respectable et socialement acceptable la discrimination antijuive.
On ne peut pas empêcher une personne de détester les Juifs, mais on peut interdire à un judéophobe d'utiliser ses fonctions pour répandre son "message". Sur le plan international, il serait bon d'établir un cordon sanitaire autour des leaders étrangers qui soufflent sur les braises de la vieille haine antijuive pour "occuper" leurs populations. Pendant que la populace bouffe du juif, voyez-vous, elle ne fait pas autre chose...
Les citoyens français ou canadiens ne sont pas responsables des choix politiques d'un pays d'Amérique du Sud ou des déclarations d'une politicienne sud-africaine, par contre ils peuvent agir localement.
Update
1) tiens au fait, en parlant d'agir localement, je n'ai toujours reçu aucune réponse de la CSN... ils doivent être tellement occupés à défendre mes droits de travailleur qu'ils n'ont plus le temps de lire leur courrier...
2) depuis des années c'est au nom de la "critique d'Israël" et du "soutien aux Palestiniens" que se répand l'antisémitisme; on s'en rend bien compte dans l'exemple de la politicienne sud-africaine. Voici un autre cas dans un commerce de vélos en Islande, qui affiche en vitrine "Les Juifs ne sont pas bienvenus" (pas la peine de parler islandais couramment pour comprendre le sens de Judar - ekki velkomnir), sous le motif de "protest against the Israeli operation in Gaza": voir le blog Philosemitism.
En punition de la guerre d'indépendance israélienne de 1947-1949, des centaines de milliers de Juifs ont quitté les pays arabes dans les années cinquante, poussés par le vandalisme, les émeutes, les menaces, les assassinats, les faux procès et les vraies exécutions.
Aujourd'hui, plus nettement encore qu'à l'été 2006 (seconde guerre du Liban), l'attaque israélienne contre le Hamas dans la bande de Gaza sert d'alibi à un retour du discours antisémite, y compris en Europe, au Canada, etc.
S'il est une chose que l'Histoire nous a pourtant enseignée, c'est que la judéophobie n'est jamais anodine lorsqu'elle touche les sphères du pouvoir. Il est bien évidemment illusoire d'espérer une disparition du sentiment antijuif, aussi bien en Europe qu'au Canada, mais il est impératif d'établir un cordon sanitaire afin que nos institutions publiques, nos syndicats, nos médias, nos gouvernements, restent hors de portée des judéophobes (et autres racistes et/ou homophobes...) qui voudraient mettre leurs fonctions au service de leurs dégoûts personnels.
Au Canada, ces dernières semaines, quelques syndicats se sont fait remarquer, que ce soit à cause d'une discrimination visant spécifiquement les Israéliens (voir le cas du CUPE-Ontario) ou bien par leur indifférence lorsque des antisémites se sont joints aux manifestations "propalestiniennes". La CSN est allée jusqu'à réagir... contre ceux qui avaient dénoncé les slogans antijuifs ou les drapeaux du Hezbollah (voir ici).
Dans d'autres pays la situation est beaucoup plus inquiétante.
Au Vénézuéla par exemple. Le président Hugo Chavez s'était déjà rapproché d'humanistes aussi remarquables que le président iranien, qui voit d'un bon oeil le négationnisme et l'éradication d'Israël. Il était encore possible de se bercer d'illusions en se disant que, parfois, des impératifs politiques impliquent la fréquentation de personnages peu recommandables.
À l'occasion des raids israéliens à Gaza toutefois, Chavez a commencé par qualifier L'État israélien de "génocidaire" et d'"assassin" (La Presse, 5 janvier).
Il a ensuite expulsé le personnel de l'ambassade israélienne (l'ambassadeur en tête), mais a aussi lancé un appel aux Juifs, vénézuéliens notamment, afin que ceux-ci prennent position contre Israël. La Bolivie, qui suit un parcours similaire à celui du Vénézuéla, a également rompu ses relations diplomatiques avec Israël, pour le même faux motif (Haaretz).
On apprend aujourd'hui que la plus vieille synagogue de Caracas vient d'être vandalisée par un groupe d'hommes armés (Haaretz rapporte la réaction de l'ADL, voir aussi Ynetnews). Doit-on s'en étonner?
Haaretz rapporte la réaction du ministre vénézuélien des affaires étrangères: "Venezuelan Foreign Minister Nicolas Maduro condemned the attack and promised it would be investigated, while reiterating his government's opposition to what he called Israel's criminal government. We respect the Jewish people, but we ask respect for the people of Palestine and their right to life" (N. Maduro a condamné cette attaque et a promis qu'il y aurait une enquête, tout en rappelant l'opposition de son gouvernement à ce qu'il appelle le gouvernement criminel israélien. "Nous respectons le peuple juif, mais nous demandons le respect et le droit à la vie pour le peuple de Palestine", a ajouté le ministre).
Nous respectons le peuple juif, mais...
La CSN "ne soutenait pas" les slogans antisémites de la manif du 10 janvier à Montréal, mais a vertement critiqué ceux qui avaient osé en parler.
Le premier ministre turc, Tayyip Erdogan, a déclaré que l'antisémitisme était un crime contre l'humanité, mais "un immense drapeau palestinien flotte toujours dans la rue de la synagogue Neve Shalom, une des cibles des attentats d'al-Qaida qui avaient fait 63 morts en 2003" (Le Figaro).
Le Figaro rapporte également un aspect révélateur du discours du leader turc:
... parmi les diatribes anti-israéliennes quasi quotidiennes de M. Erdogan pendant le conflit, une remarque sur l'accueil des Juifs qui ont fui l'Inquisition au XVe siècle ne passe pas. «Nous sommes les descendants des Ottomans qui vous ont sauvés des Espagnols il y a cinq cents ans», a-t-il lancé.
«Est-ce que je suis toujours considérée comme une invitée sur ces terres où je suis née et où j'ai grandi, où je remplis mes devoirs en tant que citoyenne, a réagi Leyla Navaro, psychologue, dans une tribune publiée dans le quotidien Radikal. Ajoutant : «On me tient responsable de la guerre au Moyen-Orient parce qu'il est écrit “judaïsme” dans la case religion de ma carte d'identité.»
En Afrique du Sud, pays qu'on aurait pu croire dégoûté du racisme, une ministre a déclaré lors d'un rallye "propalestinien" le 14 janvier: "The control of America, just like the control of most Western countries, is in the hands of Jewish money and if Jewish money controls their country then you cannot expect anything else" (L'Amérique, tout comme la plupart des pays occidentaux, est contrôlée par l'argent juif, et si l'argent juif contrôle leurs pays vous ne pouvez vous attendre à rien d'autre) (Haaretz, Z-Word) [la suite ici]
Ce ne sont ici que quelques exemples, de portée et de gravité très inégales, des "dérives" observées ces dernières semaines.
Il faut bien réaliser ceci: lorsqu'un dirigeant (député, chef de parti, de gouvernement, de syndicat, etc.) exige "des Juifs" qu'ils se comportent de telle ou telle manière, qu'ils tiennent tel ou tel discours ou qu'ils ferment leur gu... sur tel ou tel sujet, il contribue à rendre respectable et socialement acceptable la discrimination antijuive.
On ne peut pas empêcher une personne de détester les Juifs, mais on peut interdire à un judéophobe d'utiliser ses fonctions pour répandre son "message". Sur le plan international, il serait bon d'établir un cordon sanitaire autour des leaders étrangers qui soufflent sur les braises de la vieille haine antijuive pour "occuper" leurs populations. Pendant que la populace bouffe du juif, voyez-vous, elle ne fait pas autre chose...
Les citoyens français ou canadiens ne sont pas responsables des choix politiques d'un pays d'Amérique du Sud ou des déclarations d'une politicienne sud-africaine, par contre ils peuvent agir localement.
Update
1) tiens au fait, en parlant d'agir localement, je n'ai toujours reçu aucune réponse de la CSN... ils doivent être tellement occupés à défendre mes droits de travailleur qu'ils n'ont plus le temps de lire leur courrier...
2) depuis des années c'est au nom de la "critique d'Israël" et du "soutien aux Palestiniens" que se répand l'antisémitisme; on s'en rend bien compte dans l'exemple de la politicienne sud-africaine. Voici un autre cas dans un commerce de vélos en Islande, qui affiche en vitrine "Les Juifs ne sont pas bienvenus" (pas la peine de parler islandais couramment pour comprendre le sens de Judar - ekki velkomnir), sous le motif de "protest against the Israeli operation in Gaza": voir le blog Philosemitism.
C'est au tour du Bloc
Sans surprise aucune, c'est au tour du chef du Bloc "Québécois" de lancer des anathèmes contre Michael Ignatieff (La Presse)
C'est à se demander comment le Bloc -ou le NPD- ont pu se compromettre dans une coalition avec un parti aussi méprisable, vil, traitre, et ennemi du Québec que le Parti Libéral du Canada!
Plutôt qu'être viré pour collaboration avec l'ennemi, Gilles Duceppe a été ovationné par ses troupes et a récolté un beau 95% de vote de confiance de la part des militants réunis à Saint-Hyacinthe ce week-end.
A lire: l'édito d'André Pratte, qui a une claire vision de la stratégie des partis séparatistes:
C'est à se demander comment le Bloc -ou le NPD- ont pu se compromettre dans une coalition avec un parti aussi méprisable, vil, traitre, et ennemi du Québec que le Parti Libéral du Canada!
Plutôt qu'être viré pour collaboration avec l'ennemi, Gilles Duceppe a été ovationné par ses troupes et a récolté un beau 95% de vote de confiance de la part des militants réunis à Saint-Hyacinthe ce week-end.
A lire: l'édito d'André Pratte, qui a une claire vision de la stratégie des partis séparatistes:
Le Bloc déplore que la répartition des sommes proposées avantage l'Ontario et l'Alberta. Il dénonce aussi les changements apportés à la péréquation. Or, l'accord de la coalition ne contenait aucun engagement sur ces sujets. Le gouvernement libéral-NPD aurait donc pu adopter exactement les mêmes mesures que M. Flaherty et le Bloc aurait été tenu par l'entente de les laisser passer.
En réalité, l'attitude du Bloc québécois ne trouve pas sa source dans le contenu du budget. Le parti de Gilles Duceppe continue tout simplement sa guérilla pour miner la légitimité du gouvernement et des partis fédéraux. Dès qu'une mesure peut être présentée comme néfaste au Québec, aussi ténue soit la démonstration, les bloquistes s'en emparent pour mousser leur vision négative du pays.
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